Où il fait bon s’asseoir

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Il est des lieux utiles où il fait bon s’asseoir

Quand on se trouve en ville le matin ou le soir

Ils sont parfois austères mais on y peut du moins

Respirer solitaire sans les autres humains.

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Précieux havres de calme je vous offre ma flamme 

Vous remportez la palme et méritez ce slam

Oubliés par les guides, peu visibles impavides 

Vous n’êtes pas splendides, mais vous comblez un vide.

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C’est une église fraiche ouverte au tout-venant

Qui se transforme en crèche pour le moindre manant

Ici on peut prier, pleurer se recueillir

En tout cas s’arrêter, voir et laisser venir.

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C’est un banc écaillé sous un arbre chétif

Qui soulage nos pieds nos membres hyperactifs

On se demande un peu qui a posé son cul

Sur ce vieux bois râpeux qui sent fort le vécu.

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Ce n’est qu’un petit mur où l’on grimpe en binôme

Quand notre cœur est mûr pour un moment de baume

Là où nos jambes pendent on oublie les terriens 

Et l’on se sent déprendre on vire à l’aérien.

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C’est un bout d’herbe rase moelleux comme une éponge

Un tapis vert de base sur lequel on s’allonge

On peut pique-niquer le visage au soleil

En soi communiquer, puis trouver le sommeil.

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C’est un arrêt de bus pendant les heures creuses

Où, faute de gibus, sous la pluie floconneuse 

On s’abrite un instant et on trouve ça drôle

On rit sous ce portant qui tente un nouveau rôle.

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C’est un grand escalier devant un monument

Où l’on vient se poser pour un précieux moment

Les gens montent et descendent et ne nous gênent pas

La liberté est grande de n’être ou n’être pas.

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C’est à peine si j’ose évoquer ce séant

Qui m’offrit une pause un jour où j’étais sans

Mais tu sauvas ma vie simple bout de trottoir

Lors d’un jour sans envie où j’errais dans le noir.

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Remerciés soyez-vous ô sièges de fortune

Que ferions-nous sans vous, surfaces opportunes ?

Il en est de la sorte dans toutes les cités

Les coins qui nous importent sont sans publicité.

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