(2 minutes de lecture)
Il est des lieux utiles où il fait bon s’asseoir
Quand on se trouve en ville le matin ou le soir
Ils sont parfois austères mais on y peut du moins
Respirer solitaire sans les autres humains.
–––
Précieux havres de calme je vous offre ma flamme
Vous remportez la palme et méritez ce slam
Oubliés par les guides, peu visibles impavides
Vous n’êtes pas splendides, mais vous comblez un vide.
–––
C’est une église fraiche ouverte au tout-venant
Qui se transforme en crèche pour le moindre manant
Ici on peut prier, pleurer se recueillir
En tout cas s’arrêter, voir et laisser venir.
–––
C’est un banc écaillé sous un arbre chétif
Qui soulage nos pieds nos membres hyperactifs
On se demande un peu qui a posé son cul
Sur ce vieux bois râpeux qui sent fort le vécu.
–––
Ce n’est qu’un petit mur où l’on grimpe en binôme
Quand notre cœur est mûr pour un moment de baume
Là où nos jambes pendent on oublie les terriens
Et l’on se sent déprendre on vire à l’aérien.
–––
C’est un bout d’herbe rase moelleux comme une éponge
Un tapis vert de base sur lequel on s’allonge
On peut pique-niquer le visage au soleil
En soi communiquer, puis trouver le sommeil.
–––
C’est un arrêt de bus pendant les heures creuses
Où, faute de gibus, sous la pluie floconneuse
On s’abrite un instant et on trouve ça drôle
On rit sous ce portant qui tente un nouveau rôle.
–––
C’est un grand escalier devant un monument
Où l’on vient se poser pour un précieux moment
Les gens montent et descendent et ne nous gênent pas
La liberté est grande de n’être ou n’être pas.
–––
C’est à peine si j’ose évoquer ce séant
Qui m’offrit une pause un jour où j’étais sans
Mais tu sauvas ma vie simple bout de trottoir
Lors d’un jour sans envie où j’errais dans le noir.
–––
Remerciés soyez-vous ô sièges de fortune
Que ferions-nous sans vous, surfaces opportunes ?
Il en est de la sorte dans toutes les cités
Les coins qui nous importent sont sans publicité.
Putain c’est beau ça ! Non mais franchement qui d’autre serait capable d’écrire de si beaux vers ?!!
J’aimeJ’aime