(environ deux minutes de lecture)
Le néon circulaire du nouveau multiplex
Les enseignes du bar et de la discothèque
Le laser mystérieux qui transperce le noir
Les ombres des camions qui défoncent la route.
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Le rouge des voitures qui montent la colline
Les lampadaires orange tels des témoins muets
La lune blanche et ronde éclairant les nuages
L’avion Paris-Houston clignotant dans le ciel.
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Des rues abandonnées, des lueurs incertaines
Quelques maisons éparses, des bâtiments serrés
L’hôtel un peu plus bas, solitaire et blafard
Devant les bois opaques où l’on ne va jamais.
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Des lampes qui s’éteignent dans un immeuble en face
Des écrans bleus et gris agités et stupides
La silhouette qui va d’une pièce à une autre
Un chat indifférent qui voit sans regarder.
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Une sirène au loin, stridente et menaçante
Un feu de cigarette, une âme qui se chauffe
L’acier qui étincelle, une clé une lame
Une flaque incolore qui brille dans la nuit.
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Des assassins qui tracent au volant de leur arme
Le cycliste qui roule, imprudent sans ses phares
Des cheveux, une jupe, une peau d’ambre et d’or
Et les reflets sur l’eau de toutes ces lumières.
Voilà comment le poète nous perd et nous gagne : où sommes-nous ? On ne sait pas, avec comme maigre indice le Paris-Houston, et encore. Mais on gagne à se laisser emporter dans une atmosphère urbaine, faite de solitude et de rêverie.
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