Yeux dans les yeux (Le roman Cahuzac, 1)

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Librement inspiré de l’affaire Cahuzac et des livres de Jean-Luc Barré (Dissimulations, La véritable affaire Cahuzac, Fayard 2016), Fabrice Arfi (L’affaire Cahuzac en bloc et en détail, Don Quichotte 2013), Charlotte Chaffanjon (Jérôme Cahuzac les yeux dans les yeux, Plon 2013).

– « Les yeux dans les yeux, est-ce que vous avez-vous eu un compte en Suisse, ou pas ?

– Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en Suisse, Jean-Jacques Bourdin, et la…

– À aucun moment ?

– Et la réponse…

– À aucun moment ?

– À aucun moment. Et la réponse apportée aux autorités françaises par la Suisse permettra, je l’espère, et très vite, le plus vite serait le mieux, d’en finir avec ces saletés ».

Il était à deux doigts de tomber dans les pommes. Il ne rougissait pas, il savait contrôler ça depuis le temps, mais il sentait au contraire qu’il manquait de sang. Il devait être blanc comme un linge. Le journaliste n’en avait pas fini. Le chat tenait son oiseau, il n’allait pas le laisser échapper. 

– « Jérôme Cahuzac, ne peut-on pas ouvrir un compte en Suisse sous un prête-nom ? »

L’enfoiré…

– « L’administration française est dirigée par des gens très compétents. Je vois bien le sens de votre question. Les questions posées par l’administration à la Suisse sont posées par des gens qui connaissent leur métier, et donc, bien que n’ayant pas vu le document de demande d’entraide, bien que n’ayant pas vu la réponse, je n’ai aucun doute quant à la nature des questions posées. Et les questions posées ont été : Monsieur Cahuzac possède-t-il ou a-t-il possédé directement ou indirectement un compte en Suisse ? Et donc ces arguties de prête-nom, que vous ne prenez pas à votre compte, mais que certains, parce qu’ils n’ont que le fiel à déverser, reprennent à leur compte, sont des arguties et je les récuse.

– Ces gens-là, ces accusateurs – ces gens-là sans être péjoratif, ces accusateurs – 

– On pourrait l’être…

– Je n’ai pas de jugement à porter, vous, vous pouvez en porter, mais pas moi…

– On pourrait l’être, oui.

– Ces accusateurs, pourquoi vous accusent-il, Jérôme Cahuzac ?

– Il faudrait le leur demander. Car ce sont eux qui ont démarré cette campagne abominable, il y a maintenant un peu plus de deux mois.

– Vous avez pensé à démissionner ?

– À aucun moment ».

Tiens, prends ça.

– « À aucun moment ? À quitter le gouvernement ?

– À aucun moment. Pourquoi démissionner quand on se sait innocent ? Pourquoi faire ce cadeau à ceux qui vous accusent de la manière la plus honteuse ? Pourquoi céder à ceux qui vous convoquent au banc de l’infamie ?

– N’y avait-il pas…

– Je n’ai pas cédé et je ne céderai pas.

– N’y avait-il pas d’autres moyens pour que nous connaissions, nous, grand public, la vérité…

– J’ai fait ce que j’ai pu…

– … Jérôme Cahuzac ?

– J’ai fait ce que j’ai pu. Par le biais de mes avocats, j’ai interrogé la banque, je l’ai interrogée à deux reprises, à trois reprises…

– Mais nous ne connaitrons jamais la réponse !

– Mais…

– Vous me dites la réponse elle est…

– Qui ?

– La… la… »

Tu bafouilles, mec.

– « Qui ?

– La seule réponse, c’est que je suis encore ministre, voilà ce que vous me dites, ce matin.

– Jean-Jacques Bourdin, comment me reprocher à moi le fait qu’une banque, quelle qu’elle soit d’ailleurs, refuse de répondre à un particulier dans ces circonstances présentes ? Et c’est parce que je ne suis pas parvenu, par mes propres moyens de citoyen, à obtenir cette réponse que je remercie Pierre Moscovici (Ministre de l’Économie) d’avoir déclenché cette procédure d’entraide administrative, car désormais cette réponse les autorités françaises la connaissent, Jean-Jacques Bourdin. Et cette réponse, moi aussi je la connais, parce que je sais quelle est la vérité.

– Vous en avez assez ? Je vous sens… exaspéré ? »

Un peu, que tu m’exaspères. Mais il ne te reste plus que quelques secondes, mec, et tu m’as pas eu.

– « Non, exaspéré n’est pas le terme, parce que j’ai appris à…

– Je vous sens…

– … vivre avec ce soupçon…

– … marqué !

– Je ne pense pas que l’on puisse être après une telle épreuve comme on l’était avant. Mais c’est une question personnelle qui au fond ne regarde que moi. Et l’essentiel demeure. L’essentiel, c’est que depuis le début de ces accusations, à aucun moment, à aucun moment Jean-Jacques Bourdin, on ne m’a empêché de faire mon travail. Ce travail que j’avais à faire, je l’ai toujours fait tous les jours, en dépit des accusations portées contre moi, en dépit du contexte dans lequel j’ai dû travailler, en dépit des épreuves personnelles que j’ai peut-être pu traverser à cette occasion. À aucun moment, on ne m’a empêché de faire mon travail. Et on ne m’empêchera pas de faire mon travail ». 

Ça y est, c’était fini. Il n’avait pas flanché. Il ne s’était pas contredit, et il n’était pas resté sec après une question du fouille-merde. Il avait été incapable d’un vrai sourire – qui le pourrait en de telles circonstances ? –, mais il ne s’était pas effondré en larmes, ce qu’il avait failli faire à l’assemblée devant les députés. Il était si triste, si fatigué. 

Il avait bien fait de retourner à la télé, dans cette matinale très écoutée, avec cet interviewer vedette. Stéphane avait raison, son cabinet le laissait prendre trop de coups sans réagir. Il pariait que le passage sur « les yeux dans les yeux » était déjà en ligne sur Youtube et qu’il serait vu des millions de fois. Gonflé, le Bourdin, de reprendre cette formule de Chirac à Mitterrand lors du débat de la présidentielle de 1988. Mais il ne s’était pas démonté. Et comme Mitterand, il avait menti. Oui…

C’est ça qui le minait : devoir mentir pour une si petite chose. Quelques centaines de milliers d’euros placés en Suisse quand il avait été débordé par tout ce cash qui arrivait lors des débuts de la clinique. Jamais il n’aurait imaginé de tels bénéfices. Était-ce un mal de gagner de l’argent de temps en temps ? Quel professionnel libéral n’avait jamais dissimulé une partie de ses gains ? Existait-il un artisan ou un commerçant qui n’ait jamais fait de black ? Y avait-il un seul chef d’entreprise qui n’ait pas cherché à défiscaliser, d’une manière ou d’une autre ? 

Mais parce qu’on était dans une période absurde où il était indispensable de jouer les parangons de vertus si l’on voulait avoir droit de cité en politique et dans les médias, il fallait montrer patte blanche et se justifier sur tout. Ça devenait insupportable, à force. On ne voulait que des médiocres aux responsabilités, c’est ça ? Des insipides ? Psychorigides ? On ne préparait pas une omelette sans casser des œufs, bon sang ! Si l’on empêchait ceux qui avaient un peu de couilles d’accéder aux postes que méritait leur talent, alors il ne faudrait pas se plaindre. Quel drôle de pays, qui dégommait tous ceux qui réussissaient quelque chose…

Si les gens étaient moins cons, aussi ! Plus honnêtes, moins hypocrites. « Que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre », enjoignait le Christ à ceux qui voulaient lapider la femme adultère. Les pêcheurs étaient toujours aussi nombreux, mais il n’y avait pas de Christ, et il avait peur de se faire lapider. C’est ce que l’on constatait désormais : le gens condamnaient d’autant plus fort celui qui se faisait prendre qu’ils étaient eux-même coupables de nombreuses entourloupes. En achevant celui qui était à terre, on donnait des gages de rectitude morale, on détournait les regards de sa propre personne. Et ça marchait. C’était si lâche une opinion publique.

Il s’était engouffré dans sa voiture dès la fin de l’interview. Il avait simplement bu trois verres d’eau d’affilée dans la loge, et il se serait bien vidé une carafe sur la tête. Il avait si chaud  en surface, si froid à l’intérieur. Il dormait très mal. Il aurait tout donné pour trois nuits de sommeil sans idées noires et sans emmerdements. Pour l’heure, il devait retourner au Ministère. Le chauffeur était imperturbable. La conseillère communication à côté de lui l’avait félicité, rassuré, mais cela ne signifiait pas grand-chose. Il la croyait loyale, mais qu’est-ce qu’elle y connaissait à sa vie, à la vie ?… Elle n’avait même pas 35 ans.

En d’autres temps, il aurait fait arrêter la voiture et il aurait invité la jeune femme à boire un café dans une brasserie. Certains l’auraient reconnu, d’autres non, et l’atmosphère aurait été à la fois légère et respectueuse autour de lui, parce que la vie était belle et encore pleine de promesses. Désormais, c’était impossible. De bons gardiens du temple l’insultaient en public :

– Voleur !

– Rends-nous l’argent !

– Elle est belle, la France !

– Pourri !

Ils ne savaient rien, ne connaissaient rien, mais on leur avait désigné un coupable, et ils se défoulaient. Alors il limitait les apparitions publiques au maximum. Il fallait tenir, encore, le temps que ça se calme. L’idéal serait une catastrophe, spectaculaire, avec beaucoup de morts. Un 11 septembre serait parfait. Ou un autre scandale, plus gros, énorme, qui ferait passer son affaire pour une plaisanterie : oui, le ministre, délégué en plus, même pas de plein exercice, celui qui est chargé de lutter contre la fraude fiscale, il a un compte en Suisse. Et alors ? Au moins, il sait de quoi il parle ! Et, encore une fois, qui n’a pas planqué quelques louis sous les draps ? On en rirait presque, il paraitrait sympathique, un peu comme Bernard Tapie, que les gens continuaient à soutenir, parce qu’au fond il avait fait en grand ce qu’eux faisaient à leur niveau : tricher.

L’époque avait changé. Désormais, on se prenait au sérieux. On se notait les uns les autres. L’accès à internet avait transformé chaque individu en procureur justicier. On coupait des têtes, ça rassurait. Il n’y avait plus de cerveaux disponibles, ni pour la nuance ni pour la défense.

Il remonta dans les étages et les couloirs du Ministère. Bercy, c’était quand même très soviétique, non ? Peut-être n’y avait-il pas moyen de faire autrement, il fallait bien loger quelque part les services et les fonctionnaires. Ce n’était pas la première fois qu’il se demandait ce qu’il foutait là. Ça aussi, ça le minait : s’être mis lui-même sous le feu des ayatollahs. Jamais Médiapart n’aurait lancé sa fatwa deux mois plus tôt s’il n’était pas entré au gouvernement. Et travailler dans un endroit si corseté qu’une administration d’État, ça ne correspondait pas à sa nature. Certes. Mais refusait-on le pouvoir quand il se présentait à vous ? Une responsabilité gouvernementale n’était-elle pas la suite logique de son parcours, remarquable à bien des égards ? Médecin, consultant pour des laboratoires, conseiller politique, fondateur d’une clinique, maire, député, président de commission : ministre n’était pas illogique, même si peu de personnes arrivaient jusque-là. Oui, mais tout le monde n’avait pas sa force de travail et ses capacités.

Dans son aile, à son étage, il sentit les yeux sur lui. Il y avait les sourires en dessous, avec les particularités de chacun, les paroles, amicales ou polies selon les cas. Mais il y avait un point commun dans les regards : l’inquiétude. Il comprit là, lors de son retour au Ministère après être passé sur le grill de BFM-RMC, que malgré ses réponses il n’avait pas convaincu. C’était même pire que ça : peu importait les réponses, c’était les questions qui comptaient. Le fait qu’on vous les pose. Le fait que vous vous soyez mis en situation qu’on vous les pose. Ça suffisait à vous condamner. Vous étiez mort. Même aux yeux de vos collaborateurs.

Comment le verraient-ils, maintenant ? Comment le traiteraient-ils ? Celle-ci, qui s’amenait avec son iPad et son joli minois, il y a six mois, elle était prête à passer sous le bureau comme à s’allonger dessus pour… pour quoi, d’ailleurs ? Pour le pouvoir, sans doute, « aphrodisiaque ultime », comme disait Kissinger, binoclard et bedonnant, que les femmes des années 1970 plaçaient en tête des hommes avec qui elles aimeraient passer une soirée, tout ça parce qu’il était chef de la diplomatie américaine. Là, la belle conseillère avait fermé un bouton de plus à son chemisier, rallongé sa jupe et raccourci ses talons. Sans doute pressentait-elle qu’il n’aurait bientôt plus de pouvoir. À l’heure de l’information instantanée, le sursis ne comptait pas. On était, et l’on était bon à prendre, ou on n’était plus, et l’on était bon à jeter. 

  Il avait envie de hurler. « Faux culs ! » « Lavettes ! » « Collabos ! ». Il ne pouvait pas, ce serait se trahir. Il avait adopté une stratégie, il ne pouvait en changer, puisqu’il avait décidé de jouer non coupable, confiant, droit dans ses bottes. Et puis toute sa vie avait été basée sur les rapports de forces, qu’il s’agissait de faire basculer en sa faveur. Il continuait à penser qu’on ne gagnait rien à se coucher. La modestie, la discrétion, ce n’était pas des armes qui permettaient de vaincre.

Après avoir expédié quelques dossiers et collaborateurs, avant la réunion budgétaire qui commençait à 10 heures, il prit une minute pour aller à la fenêtre. Il regarda la Seine. La Moskova ? Pas étonnant qu’il se sente d’humeur stalinienne : de zélés apparatchiks fouillaient son passé. On attendait son autocritique, qui permettrait la purge, puis sa condamnation. Quel serait son goulag ? Il serait autant social que physique et géographique. 

Son téléphone sonna. C’était Stéphane, le spin doctor officieux, néanmoins le meilleur de Paris, à qui il avait fait appel depuis le début de la cabale. Il l’avait déjà eu au téléphone juste après l’émission.

– Il parait que Bourdin lui-même a un doute. C’est-à-dire qu’il aurait tendance à te croire.

– Tu tiens ça d’où ?

– J’ai mes sources.  Tu l’as impressionné. Il t’a vu plus affecté que menteur.

– Encore heureux.

– Le plus étonnant est que, à cette heure, ce qu’on retient de ta prestation, c’est ce que tu as dis avant que Bourdin t’interroge sur ton affaire, à savoir que tu n’étais pas opposé à ce que l’État entre au capital de PSA, via le fonds stratégique d’investissement !

– Non ?

– Je t’assure. C’est surtout ce passage que reprennent les chaines et les réseaux pour l’instant.

Quand il coupa la communication, il était un peu mieux. Mais la réunion budgétaire qui allait commencer arrivait trop tôt. Il avait besoin de retrouver de l’influx, de reprendre de l’énergie. Il appela sa secrétaire particulière :

– Marisa. J’ai une urgence : je dois aller boxer. Évacuer, vous comprenez ?

– Euh… Oui.

– Dites à Bertrand de commencer sans moi à estimer les différentes lignes avec mon collègue des Transports et son équipe. J’arriverai à 11 h 45 pour les conclusions.

– Vous … ? D’accord.

Il prit le sac de sport dans le placard de son bureau. Son agent de sécurité rappliqua comme par enchantement et le chauffeur l’attendait dans une petite cour discrète de son aile de Bercy. Dans la voiture, il appela son coach sportif afin qu’il lui trouve un sparring partner pour 10 h 30. C’est ainsi que, sur le ring d’une salle du XIIIe arrondissement, il donna tous les coups qu’il ne pouvait donner en public, aux bonnes personnes et pour les bonnes raisons. Il prit presque autant de plaisir à en recevoir, c’est-à-dire à se donner des coups à lui-même, car c’est lui qui les méritait en premier. Il était le principal fautif, il avait été faible et bête, deux adjectifs qui lui faisaient horreur et qu’il n’aurait jamais cru pouvoir s’accoler. Et tandis que les jabs, les hooks, les cross et les uppercuts traumatisaient son corps et lui arrachaient la tête, il se satisfaisait de cette punition qui le lavait un peu des saletés qu’on déversait sur lui.

Lorsqu’il arriva à 11 h 40 dans la salle de réunion où ses collaborateurs discutaient avec l’équipe du Ministre des Transports des ajustements budgétaires demandés par ce dernier, les participants se levèrent puis se figèrent en découvrant son visage : il avait un œil au beurre noir, la lèvre supérieure éclatée, un nez bizarre.

Il sourit et ne chercha pas de fausse excuse.

– La boxe est une passion exigeante. Excusez-moi, mais vous savez sans doute que le début de matinée a été difficile, j’avais besoin de cet intermède. 

On le comprit, le félicita, l’encouragea. Il n’était pas dupe sur la durée de cette chaleur si d’aventure son affaire tournait mal, mais cet accueil lui fit du bien. 

Il s’assit à côté de son directeur de cabinet et prit les commandes de la négociation, comme il savait si bien le faire. 

Allons, tout n’était pas perdu. Il fallait continuer. Se battre, toujours se battre. Il pensa à son père, qui, avec son petit groupe de maquisards, s’était battu, pour de vrai, contre une armée bien plus forte que lui. Et au final, ce sont eux qui avaient gagné. Avait-il le courage de son père ? Il avait en tout cas réalisé un parcours dont son père aurait été fier, avait été fier, jusqu’à sa mort. Et maintenant ? Si son père le voyait, serait-il encore fier de son fils ? Il allait tout faire pour atteindre cet objectif. 

5 commentaires

  1. Ce texte tombe à pic ! Merci, intéressant. Je suis en guerre contre les insectes 🦟 volants chaque été…je me suis fait piquer avec une grosse allergie inflammatoire. Ces insectes assoiffés de sang 😡

    Aimé par 1 personne

    1. Merci, Mireille, de ton commentaire et tant mieux si ma fiction sur « la guerre des moustiques » rejoint un problème que tu rencontres dans la réalité. Je suis comme toi de plus en plus agressé par ces tueurs, et nous ne sommes pas les seuls. Les prochaines années risquent d’être piquantes. Sapiens gagnera-t-il ?

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  2. Vous avez raison de rappeler que ce monsieur est aussi un homme. Est-ce qu’une seule faute, qui n’est quand même pas très grave, doit effacer tout ce que nous avons fait de bien ?

    Aimé par 1 personne

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