Internet pour les vieux

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Devant son ordinateur, il pleurait. C’était trop dur, il n’y arrivait pas. Des mois qu’il s’accrochait, pourtant. S’il n’y avait eu qu’une ou deux difficultés, il aurait fini par les surmonter. Mais il y en avait trop. Beaucoup trop.

Parfois il ne savait même pas comment ouvrir ou fermer une « fenêtre ». Où cliquer ? Il essayait, ça ne marchait pas. On lui avait dit qu’il fallait souvent « double cliquer ». Mais même quand il appuyait deux fois de suite, ça ne marchait pas.

D’autres fois, il ne savait pas ce qu’il fallait faire, pas où il devait pointer la souris, qu’il ne dirigeait pas comme il voulait. Ses doigts gourds ne suivaient pas. On lui avait dit qu’il suffisait d’aller sur internet et de taper ce qu’on voulait. « Mon œil ! ».

Le troisième problème était que, sur nombre de sites, il voyait très mal ce qui était écrit. Les caractères étaient incroyablement petits. Ils faisaient exprès, ou quoi ? La DMLA n’arrangeait rien, un vrai cancer des yeux, ce truc. Le plus handicapant était sans doute qu’il ne comprenait pas les instructions. Le vocabulaire et la syntaxe lui étaient inaccessibles. Identifiant, login, password, renseigner, adresse IP, activer, barre d’outils, barre de menu, cookie, FAQ, icône, initialiser, périphérique, URL, pop-up… Il n’y comprenait rien.

  Il avait essayé pourtant, au début des années 2000, quand internet était entré dans les familles. Il était alors à la retraite depuis deux ans, veuf depuis un an. Il avait acheté tout seul son ordinateur et l’avait fait installer, « configurer » lui avait dit le type. Comme il avait été fier devant ses enfants quand il leur avait montré ça !

– Papa, t’as acheté un PC ?!

Eh oui, il avait acheté un « PC ». Lui. Le Pauvre Con, il avait acheté un PC. 

Sa joie n’avait pas duré longtemps. Son but était alors de pouvoir répondre aux mails que les amis et la famille commençaient à envoyer ; c’était apparemment un nouveau moyen de communication, qui remplaçait la lettre et le téléphone. Il fallait en tenir compte. Sa femme n’était plus à côté de lui pour l’aider ; de toute façon, elle, c’était le téléphone. Il devait donc se débrouiller seul. Après tout, ce serait peut-être un moyen de se singulariser.

Sauf que… Même répondre à un mail n’était pas facile. Parfois ça marchait, parfois non. Souvent non. Pourquoi ? Il n’en avait aucune idée. Rien que taper le message était une épreuve. Déjà, il fallait placer le curseur. Logiquement, il répondait après le message envoyé, il ne comprenait donc pas pourquoi le curseur se mettait tout seul avant. Taper deux lignes sans fautes lui prenait une demi-heure, alors qu’il n’était pas mauvais en grammaire et en orthographe, bon sang de bois ! Pour revenir en arrière sans tout effacer, alors là, ce n’était pas possible. Quand il regardait ses messages, il les trouvait bizarres : il manquait des espaces entre les mots, ou il y en avait trop. Des majuscules se baladaient ici ou là, sans qu’on sache pourquoi, et les accents étaient rarement bien placés. Jamais bien placés. Quant aux pièces jointes que ses correspondants annonçaient, il avait laissé tomber. Soit elles ne s’ouvraient pas, soit il ne les trouvait pas. 

Par sécurité – il arrivait à cette machine du diable d’effacer sans prévenir tout ce que vous veniez de taper – il imprimait tous les messages sur papier. Il s’aperçut que ça coûtait cher, les cartouches d’encre, et qu’il fallait les changer souvent. Et pour les remettre, les cartouches, ce n’était pas de la tarte. Il devait  appeler le gars qui était venu lui installer le tout la première fois. Le type ne se déplaçait pas pour rien, mais enfin il était efficace. 

Ses enfants, quand ils venaient, demandaient à leur père s’il avait besoin d’aide, s’il voulait qu’ils leur montrent « des trucs ». Il déclinait. Il ne voulait pas se ridiculiser devant eux, il finirait bien par se débrouiller.

Au fil des mois et des années, il avait commencé à maitriser quelques fonctions de base – la lecture et l’envoi de mails (surtout la lecture), la consultation de la météo et les recherches sur Wikipédia (les recherches, ça ne signifiait pas qu’il trouvait) – quand, vers 2010, était apparu un truc qui s’appelait Facebook. Il n’arrivait pas à savoir ce qu’était Facebook – un journal, un album de photos, un lieu d’échanges de messages ? –, mais on lui demandait s’il avait un compte Facebook, s’il avait vu ça sur Facebook, s’il pouvait partager sur Facebook. Il commençait à en avoir sa claque de Facebook. Non, il n’avait pas Facebook et il emmerdait Facebook. Il avait encore le droit, non ?

Le pire était à venir. Vers 2015, internet était devenu obligatoire pour nombre de formalités. Il fallait aller sur des sites ou des « plateformes », chercher son « espace », créer un compte, indiquer (pardon, renseigner) son identifiant, choisir un mot de passe, se souvenir du mot de passe, remplir (renseigner) des rubriques, valider la saisie,  télécharger (horreur) et envoyer un formulaire, guetter un code qui arrivait lui sur le téléphone, et qu’il fallait ensuite entrer sur l’ordinateur, cliquer, espérer un accusé de réception, très difficile à imprimer…

Résultat, il n’avait plus été capable d’effectuer sa déclaration d’impôts sans sa fille, alors qu’il ne possédait rien, même pas son appartement. Il se demandait comment on avait pu concevoir une chose telle que la « déclaration en ligne », illisible et incompréhensible. Sa fille était patiente, gentille même, mais quelle humiliation de devoir tout dévoiler, pour qu’elle entre sur l’ordinateur les chiffres de sa retraite, de son compte épargne, de ses dons, de ses charges…, notés en tout petit dans des endroits improbables sur les papiers qu’il avait conservés. Bien sûr, il manquait toujours des renseignements, on lui demandait des informations qu’il ne savait pas où récupérer. C’était comme s’il se déshabillait devant elle, et même devant eux, car il était sûr qu’elle en parlait à ses frères. 

De même, il n’était jamais arrivé à déclarer la femme de ménage qui venait 2 h 30 par semaine depuis que ses articulations le faisaient souffrir. Le site du CESU était lisible, on pouvait lui accorder cette qualité, mais passer d’une case à une autre était une épreuve. Quand il se déplaçait, ce qu’il venait de taper s’effaçait. Et il ne pouvait pas taper la ville où il habitait et le code postal correspondant. C’était ou l’un ou l’autre ! Or, il fallait « renseigner » les deux. C’était diabolique, à vous faire perdre la tête.

Et puis il y avait toutes ces « informations » et « newsletters » qu’il recevait alors qu’il n’avait rien demandé. Pourquoi est-ce qu’on le bombardait ? Pour y échapper, et encore, il fallait se désabonner. Mais il ne s’était jamais abonné ! Pourquoi est-ce qu’on tolérait ça ? C’était à la fois du vol et du viol.

Le comble revenait sans doute aux banques et aux assurances. Ces voleurs professionnels avaient trouvé avec internet le moyen de voler davantage. Il fallait payer pour effectuer des opérations en ligne. Et comme il fallait maintenant payer aussi pour obtenir un relevé mensuel – sur papier dans une enveloppe à mon adresse Nom de Dieu, c’est trop demandé ? – on l’avait dans l’os. Frais de gestion, intérêts et commissions, commissions de mouvement, cotisation trimestrielle, abonnement annuel, formule Esprit libre (Esprit libre qu’ils disaient ces fumiers, alors qu’ils vous emprisonnaient et vous volaient !), toutes ces appellations mensongères qui avaient fleuri, c’était un scandale, une honte. En plaçant un écran entre la banque et le client, on avait technicisé la gestion du budget familial, on empêchait l’accès à l’argent, on avait cassé la relation humaine. 

Comme il n’arrivait à rien par internet, il allait au guichet pour retirer ou pour virer. On le tolérait encore, même si depuis deux ans, on le priait d’utiliser plutôt « les automates » et « les bornes ». Automates et bornes : il n’y a que lui que ces mots effrayaient ? Les gens ne comprenaient-ils donc pas ce qui se passait ? Il avait dû essayer ces outils totalitaires une fois, deux fois, trois fois. Même la fille qui était censée l’aider n’y arrivait pas. Ah ah ! Il ne savait pas s’il fallait en rire ou en pleurer. Alors il allait au guichet. Il ne voulait pas être mauvaise langue, mais il lui semblait que les délais étaient de plus en plus longs. Sans doute était-ce volontaire. On privilégiait « les automates ». Fumiers !

Il parait que, de toute façon, son agence allait disparaître. Même les banques, qui avaient acheté tous les coins de rue pendant 30 ans et qui rénovaient leurs locaux de fond en comble tous les deux ans, eh bien même elles, elles étaient « en difficultés ». Elles allaient « changer de modèle ». Les banques en ligne leur taillaient des croupières, la « dématérialisation » s’imposait, les consommateurs avaient d’autres exigences, etc. Bien fait ! Voilà ce que c’est de casser ce qui marche bien, de mépriser les gens, de remplacer les sourires par des voix synthétiques.

Un jour cependant, il reçut le mail qui changea tout. « Cher jAEn? Ici COlette Barnieri. Comment allez vous? Comme vous voyez j’ai un prude mal avec internet. Je me dissèque vous qui êtes si habile de vos doit, vous pourviez peut-etre m’aider. Et-ce que vous seriez dacordd pour venir prende le the vendredi 17 heures? Et si internet et l’ordinateur vous embête, on pourra discuter un peu, ca me fera plaisir de vous voir. à vendredi j’espère Colette ».

Bon sang ! On lui demandait de venir donner des conseils en informatique !  Lui !Incroyable. S’il avait pu imaginer ça, un jour… Il se mit à rire, à pleurer aussi. Il relut le message. Alors il réalisa qu’il y avait autre chose. Il y avait… de la tendresse. Elle semblait avoir envie de le voir, d’être gentille avec lui. Ça alors !

Colette était une ancienne amie de sa femme. Il aimait bien son mari, mort quatre ou cinq ans plus tôt. Ils s’étaient moins vus après la mort de sa Josie, mais il avait croisé Colette quelquefois par la suite, d’abord en couple, seule après le décès de son Jacques, chez des amis communs qui les avaient invités en même temps. Ça l’étonnait qu’elle pense à lui, mais pourquoi pas ?

Il relut le message, mot à mot, pour ne pas se tromper sur le sens. Colette avait quelques problèmes de typographie, elle aussi. Ça le mit en confiance. Il fallait répondre. Il réfléchit, chercha. Il commença à taper. Effaça, recommença. Il voulait soigner son message. Pour la première fois, il prit plaisir à chercher les lettres, à appuyer sur les touches, à respecter les espaces, à trouver les accents, les virgules, les points, les majuscules… Il se rappela soudain qu’on pouvait obtenir certains caractères qui n’apparaissaient pas sur le clavier en tenant les touches Alt ou Maj appuyées avec la main gauche pendant qu’on tapait une lettre ou un chiffre à droite. Oh oui, formidable, ça marchait ! Comment avait-il pu oublier ça jusqu’à ce jour ?

Il prit trois quarts d’heure pour rédiger son message de 4 lignes. Quand il l’estima correct sur le fond et sur la forme, il l’envoya. Il avait laissé le curseur se placer au-dessus du texte de Colette, réalisant qu’après tout ce n’était pas plus mal ainsi. Le message le plus récent en premier, oui, ce n’était pas illogique. Bon sang : internet lui paraissait agréable et bien fait. Que se passait-il ?

Il s’en passa davantage le vendredi à 17 heures. Ils se mirent à l’ordinateur et ils rirent en partageant leurs connaissances et leurs difficultés. Que c’était bon de rencontrer quelqu’un qui vous comprenait… En fait, c’est davantage Colette qui le conseilla que l’inverse.

– Vous connaissez Youtube ?

– J’ai entendu parler, répondit-il.

– Vous ne l’utilisez pas ?

Elle lui montra et il fut fasciné.

– Et Spotify ?

– Connais pas.

Elle lui montra et il fut fasciné.

– J’écoute aussi beaucoup de livres audio. Je lis en écoutant. Regardez.

Elle lui montra et il fut fasciné. Un peu inquiet, aussi.

– Comment je vais faire, tout seul, à la maison ?

– Vous essayez, tranquillement, sans vous affoler. En prenant ça comme un jeu, un trésor à découvrir… 

Un trésor à découvrir. L’image lui plut.

– Ce n’est pas facile au début, reprit Colette. C’est si extraordinaire que ça se mérite, c’est normal. Mais si vous êtes bloqué, vous m’appelez. Si je ne peux pas vous aider au téléphone, je viens. C’est aussi simple que cela.

– Mais… votre jambe…

– Une mauvaise jambe est une jambe. Ça lui fera du bien.

Il revint chez Colette le mardi suivant, puis de nouveau le vendredi. Elle vint aussi chez lui, pour lui montrer sur sa machine.

– Votre matériel est ancien. Mais on va s’en sortir.

Chez elle, chez lui, il se sentait progresser à toute vitesse. Au lieu de s’agacer d’un obstacle ou d’une incompréhension, Colette en souriait. Et surtout elle faisait quelque chose qui le laissait comme deux ronds de flan : elle posait la question par écrit. Et Google envoyait la réponse ! Magique.

– On peut même le faire en parlant, mais ce n’est pas encore au point. 

Il faut dire que l’ordinateur de Colette était bien mieux que le sien. Aussi, quand sa fille l’avisa que ses frères et elle envisageaient un cadeau commun pour son anniversaire et lui demanda s’il avait un souhait particulier, il fut un peu gêné, mais il osa :

– Un Mac.

– Pardon ?

Sa fille n’avait pas entendu. Il répéta un peu plus fort.

– Un Mac.

– Un Mac… Tu veux dire un ordinateur Apple ?

Il se sentit rougir.

– Oui. Celui avec le grand écran… si possible. 27 pouces… je crois. Rétina. Avec ça, on voit bien. C’est plus simple. Et plus performant. Et ça dure longtemps…

Sa fille semblait estomaquée.

– Ah ben dis donc…

– Je sais que c’est cher, ajouta-t-il aussitôt… Donc bien sûr, vous n’allez pas tout payer, vous me donnerez ce que vous voulez, ça m’aidera.

Il voulait aussi acheter des enceintes. 

– Regarder un concert sur Youtube ou écouter des chansons sur Spotify, c’est dommage de le faire sans un caisson de basse et deux bons hauts parleurs sur le bureau, avait affirmé Colette en montant le volume devant un concert de Johnny Hallyday qui était là, devant eux, avec une qualité d’image aussi époustouflante que celle du son.

C’était Colette qui lui faisait découvrir l’univers numérique, Colette qui lui avait fait aimer le thé, Colette avec qui ils ne restaient pas une journée sans s’envoyer un mail…

Il avait 77 ans. Il pensait à la chanson de Sardou, La maladie d’amour. Il était dans les clous. Colette en avait 76, il le savait, c’était l’âge de sa femme.

Une fin d’après-midi qu’ils se quittaient, elle affirma :

– Dis donc, Jean. Nos téléphones portables sont trop vieux. Et trop petits. On va s’équiper en iPhone. Je veux pouvoir t’envoyer des sms. Et puis il nous faut WhatsApp, c’est incontournable, maintenant.

– Des sms ? Ouat quoi ?

– On va commencer par les sms. Quand je penserai à quelque chose, ou que je verrai un film à la télé que je voudrai te signaler. Pour l’immédiat, le spontané, le sms est mieux que le mail.

– Tu crois ?

– Oui. Et comme ça on pourra s’envoyer un bisou le soir, pour se souhaiter bonne nuit.

Il la regarda, stupéfait :

– Un bisou ?…

Désormais, il rythmait ses journées en fonction de l’utilisation de son Mac flambant neuf. Le matin, il lisait quelques articles sur des journaux en ligne. En fin de matinée, après le ménage, les courses, ou les emmerdements médicaux, il regardait une conférence ou un film. Souvent, il déjeunait devant. Ensuite, après sa sieste, il allait marcher, soit seul, soit avec Colette quand elle s’en sentait la force. Quoi qu’il en soit, à 16 h 30 ils se retrouvaient chez elle pour prendre le thé, discuter, et bidouiller devant l’ordinateur. Quand il rentrait, vers 19 heures, il envoyait ou répondait à des mails, qu’il prenait un immense plaisir à concocter. Il avait découvert tellement de choses, il avait tellement d’envies. Et vers 21 heures, ils s’envoyaient un « bisou sms ». Quelquefois, c’était même lui qui commençait. Et elle répondait. Ils se répondaient toujours. Ils étaient là l’un pour l’autre.

Colette avait changé sa vie, parce qu’elle avait changé son regard sur la vie. Grâce à elle, au lieu de voir les défauts d’internet, il en appréciait les immenses potentiels, notamment l’accès illimité à la connaissance. Même les impôts en ligne lui paraissaient une belle performance ! Il réalisa combien il s’était aigri sans femme. Le mail de Colette l’avait sauvé.

– Tu sais, lui dit-il un jour, je voudrais rendre un peu de ce que tu m’as donné.

– Mais tu m’apportes autant que je t’apporte, répondit-elle. 

– Je veux dire, autour de nous. Même à nos âges, même diminués, s’il nous reste quelques dixièmes de vue, un peu d’audition, un peu de mobilité dans les doigts malgré l’arthrose, alors on peut utiliser internet, apprendre, se cultiver, apprécier les beautés du monde. Trop peu de nos congénères en profitent. Tous n’ont pas la chance d’avoir une Colette.

– À quoi tu penses ?

– Pourquoi on créerait pas un association ?! lança-t-il enthousiaste. On l’appellerait Internet pour les vieux.

Elle réfléchit un instant.

– Internet pour les vieux. Ça sonne bien. C’est franc. Et comment on fonctionnerait ?

– C’est toi qui as défini le principe, l’autre jour : dès qu’on a un problème, on appelle et quelqu’un vient, ou on va chez quelqu’un. Quelqu’un comme nous, qui a juste un peu plus d’expériences, ou de facilités. 

– Oui. Bonne idée. Ça serait aussi un bon moyen de lutter contre la solitude et l’inertie. 

– Tout serait gratuit, ça va de soi.

– Ton idée est belle ! s’exclama Colette en lui prenant les mains. Il faut la faire connaitre.

– Par le bouche à oreille. Et peut-être en envoyant quelques mails à nos contacts.

Il rit de sa phrase, de son évolution, de la bêtise qu’il avait surmontée.

– On va quand même créer un compte Facebook, ajouta Colette. 

– Facebook ? Tu crois ?

– Je suis sûre. Internet pour les vieux, ce sera un réseau. Et Facebook, c’est le réseau des réseaux. C’est donc l’outil qu’il nous faut.

Il tombait des nues. Facebook…

– Ne t’inquiète pas, reprit Colette, en serrant de nouveau ses mains. Tu vas voir, c’est formidable, Facebook. 

– C’est toi qui es formidable, répondit-il, ému. Quelle chance de t’avoir rencontrée.

À 77 ans, il avait commencé une nouvelle vie, fort d’une certitude : il mourrait vivant.

3 commentaires

  1. Votre texte en format audio m’offre une immersion que je ne retrouve pas avec un livre ou une vidéo. Il ne requiert qu’un seul de mes sens : mon ouïe. Il m’est donc possible avec une simple paire d’écouteurs d’avoir les mains et la vue libre. Merci.

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  2. Le numerique c’est magique… Sommes-nous trop bêtas ou paresseux pour comprendre ce qui se cache derrière la « magie » du numérique ? Encore plus qu’un animal de compagnie, les smartphones font partie intégrante de notre vie quotidienne. En couple ? Ils sont un véritable fléau pour nos relations, puisqu’on passerait plus de temps à « caresser » son smartphone que son partenaire… Des trésors d’ingéniosité et d’organisation sont déployés pour nous exposer à de la publicité ciblée et personnalisée, pour rendre drôle ce qui ne l’est pas dès lors qu’il s’agit d’emporter notre adhésion et souvent, de nous faire ouvrir notre porte-monnaie.

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