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C’était une coiffeuse des années deux mille dix
Elle était aguicheuse, causait des préjudices ;
On la trouvait vulgaire, de mauvaises manières
On ne la disait guère que dans les garçonnières.
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Moi pourtant je l’aimais pour sa joie insouciante
Dont elle accoutumait ses fidèles clientes.
Autant que leurs cheveux, elle gonflait leur âme
Les poussait aux aveux, elles étaient entre femmes.
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Elle riait trop fort, s’habillait un peu court
Ne faisait pas d’efforts contre les bruits qui courent.
D’une enfance foireuse elle choisit de rire
Il fallait être heureuse, c’était vivre ou mourir.
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Elle joua le jeu, devint épouse et mère,
Comprit bien les enjeux d’un poste intérimaire.
Puis dès qu’elle estima son devoir accompli
Elle se ranima et sortit de son lit.
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Pour quelques apollons, elle avait encore l’âge,
Jeans, robes et talons, coiffure et maquillage,
Elle savait les hommes et leurs goûts intangibles
Elle croquait les pommes amante incorrigible.
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J’admirais son courage, sa vie, sa liberté
Qu’importe les outrages et les méchancetés,
Ce qu’on insinuait sur ses heurs et malheurs,
Elle continuait à chercher le bonheur.
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C’était une Muriel comme il y en a d’autres
Des Sandrine ou Christelle que l’on aimerait nôtres.
Je l’ai perdue de vue quand j’ai quitté la ville
Mais n’avais pas prévu mon affection servile.
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Se couche-t-elle encore quand il y a du désir ?
A-t-elle encor le corps pour un peu de plaisir ?
Je suis sûr qu’elle donne plus qu’elle ne reçoit,
La païenne madone ne pense pas qu’à soi.
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