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Quoi que vous demandiez, ils ne répondent pas.
Quoi que vous expliquiez, ils ne comprennent pas.
Votre situation ne les concerne pas.
Vous êtes sous pression, ils ne se bougent pas.
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On ne peut s’en passer, ils ont le monopole.
Vous pouvez repasser, vous êtes un Pierre ou Paul.
Ils sont procéduriers, ils ont de la patience.
Votre dernier courrier n’émeut pas leur conscience.
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Vous êtes au désespoir, ils gardent leur statut.
Vous contez votre histoire et d’un clic ils vous tuent.
Vous êtes en galère, ils touchent leur salaire.
Et s’ils n’en ont pas l’air, ce sont des tortionnaires.
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Ils savent déléguer aux sites aux plateformes.
Vous devez naviguer en y mettant les formes.
Si vous vous trompez ou si vous n’avez pas plu,
La page se dissout et vous n’existez plus.
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Ils ne tolèrent pas de cas particulier.
Ne liront même pas ce qui est singulier.
Vous devez à tout prix entrer dans une case
Pour ne pas être pris, recevoir un oukase.
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S’il faut qu’ils vous appellent – ils disent « correspondre » –,
Ils font un mail auquel… vous ne pouvez répondre !
Malheur au citoyen qui tombe sous le coup
D’un désœuvré moyen : il a la corde au cou.
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Les femmes sont nombreuses parmi ces étrangleurs.
Devenues vaniteuses, fières de leur valeur,
Elles assument pour voir, contre les érectiles,
Les abus de pouvoir, même les plus futiles.
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Ainsi passent les jours dans les bureaux français,
À emmerder toujours ceux qui créent qui essaient ;
Voilà en quoi consiste le travail de la clique
Des sombres égoïstes du service public.