Adieu

Avatar de Pierre-Yves RoubertPublié par

(environ 1 minute de lecture)

Excuse-moi mon fils, je m’en vais ce matin.

La mort crève de faim et le hasard veut rire,

C’est mon tour c’est mon heure et je n’ai rien à dire,

Si ce n’est que je t’aime quel que soit le destin.

–––

Une chose pourtant attriste mon départ,

Te laisser ici-bas sans le moindre rempart ;

Je ne suis pas content de passer avant toi,

Nous sommes à mi-course et déjà je m’assois. 

–––

Je n’ai jamais compris la logique de l’âge

Ainsi l’on pourrait faire, et puis se détacher.

Il me semble au contraire qu’on ne doit pas lâcher

Et ne jamais partir sans ceux que l’on engage.

–––

C’était une folie de te mettre en ce monde,

Je l’ai su un peu tard, sache me pardonner.

Si au moins j’avais pu, au sortir de la ronde,

Fermer tes yeux d’abord, ne pas t’abandonner.

–––

Mais l’idiotie commande même aux meilleurs des hommes

Je n’étais pas mauvais, un peu incompétent,

Inconscient sûrement, rien que normal en somme :

À peine on sait on meurt, on n’a jamais le temps.

6 commentaires

Répondre à Anonyme Annuler la réponse.