Le polar de l’été : Du style des assassins (une enquête du commissaire Chautard) – Chapitre 1

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Voici donc, chères lectrices et lecteurs, pour la 4e année sur ce blog, un polar pour l’été, en 8, 9 ou 10 épisodes (il y a 12 chapitres, et je n’ai pas encore tout à fait tranché sur les regroupements). C’est un polar avec ce bon commissaire Chautard, qui vit le jour en 2007 et qui fut un peu mon double, à moins que ce ne fût l’inverse, pendant 5 ans, le temps de lui faire mener 5 enquêtes, dans sa bonne ville de Brive-la-Gaillarde, ville vue comme un concentré de France, et enquêtes vues comme une manière de décrypter les comportements humains contemporains, un objectif qui revient souvent dans ma littérature, vous le savez.

Ce Style des assassins (vous comprendrez le pourquoi du titre dans les derniers chapitres) est paru en version papier en octobre 2011 aux éditions Écritures, sous le pseudonyme de Pier Bert, que j’utilisais pour mes polars. Le tirage a été de 1000 exemplaires, qui ont tous été vendus en 18 mois. On peut en trouver encore quelques unités isolées sur les grands sites de type FNAC, Amazon, Decitre, etc. Et bizarrement, comme la plupart de mes romans, on les trouve maintenant en e-book. Ils ont été numérisés sans jamais qu’on m’en demande l’autorisation. C’est assez surprenant, mais peu importe, cela permet de continuer à les faire lire, tant mieux. 

Prêt.e.s pour ce polar ? Extrait du chapitre 1 : « … Mais Sylvette et Josiane ne profitèrent pas longtemps de la fête. Car elles eurent la mauvaise idée de remonter la galerie la plus proche des caisses, pour aller voir une nouvelle franchise de prêt-à-porter dont elles avaient entendu parler. Elles se trouvèrent ainsi au mauvais endroit au mauvais moment. Quand l’explosion retentit, lorsqu’une boule de feu apparut et qu’une sorte de tourbillon sembla aspirer le centre du couloir 1 de la galerie, lorsque tout ce qui était de verre à proximité se brisa et se projeta dans le fracas et les hurlements, Sylvette et Josiane, Wahiba, Zhinia et Douria Lorgha, Pierre et Françoise Fabry, Killian, Tristan et Geoffroy, furent les dix personnes tuées sur le coup ». 

C’est parti.

Chapitre 1 – Bonus malus

Depuis que la France avait, pour son malheur, inventé le mot RTT, la fréquentation des hypermarchés avait augmenté le vendredi après-midi. Dès 14 heures, des milliers de bagnoles convergeaient vers les parkings des grandes surfaces, qui accueillaient et recrachaient sans discontinuer des hommes, des femmes, des enfants et des ados, plus désœuvrés qu’affamés. La consommation était devenue occupation, loisir, drogue. Certes, il fallait quelques moyens pour s’y adonner ; mais, début 2011, les bataillons de la classe moyenne étaient riches. Quand par hasard ils n’avaient plus d’argent, ils achetaient à crédit. Au pire, ils repéraient ce qu’ils consommeraient quand la prochaine allocation tomberait sur leur compte bancaire.

Brive-la-Gaillarde, 50 000 habitants intra-muros, 80 000 avec l’agglomération, était affublée d’un ensemble commercial couvert en centre-ville, d’une vingtaine de supermarchés et de trois hypermarchés avec galerie marchande en périphérie. Ici et là, traînaient jeunes et moins jeunes, riches et moins riches, à toute heure du jour, et de la nuit s’ils l’avaient pu. Oh, l’horizon de ces consommateurs… Carrelages et vitrines, surbrillance et surabondance, étiquettes et mannequins, produits et produits, renouvelés à l’infini dans un ballet rythmé par la baguette de la publicité.

Le vendredi 13 mai 2011, le centre commercial Bonus, à l’ouest de la ville, près des sorties d’autoroutes et des zones d’activités, était en effervescence. Car il inaugurait sa nouvelle configuration : un espace agrandi de 500 mètres carrés, des allées élargies de 50 cm, une automatisation de toutes les caisses auprès desquelles se tiendraient « des assistantes » (une pour trois caisses dans un premier temps, une pour cinq ensuite). Mais surtout, et c’est cela qui faisait événement, une remise à plat des rayons, c’est-à-dire une présentation des produits non plus verticale, adossée à un fond, mais horizontale, sur d’immenses tables à plusieurs niveaux, ouvertes de tous côtés. Les produits semblaient ainsi encore plus accessibles aux clients, qui pouvaient se servir à volonté dans cette succession de pyramides en tous genres.

« Un concept révolutionnaire », disait-on à la direction de la communication du groupe Bonus, deuxième distributeur mondial, après le géant américain Walmart, qui, lisait-on dans la presse, allait être amené à se positionner par rapport à ce concept. On englobait tout dans un « concept », ça aussi c’était un signe des temps. On irait bientôt pisser selon un concept, se brosser les dents selon un autre.

Le magasin de Brive était le troisième réorganisé de la sorte, après ceux de Quimper et de Mulhouse. Le groupe Bonus avait choisi des villes dites « moyennes » pour tester le concept auprès des consommateurs. Les sous-préfectures du Finistère et du Haut-Rhin donnaient des résultats encourageants, mais on attendait Brive et sept autres hypermarchés répartis en différents points du territoire national pour généraliser « la présentation horizontale ».

Pour préparer l’inauguration corrézienne, une déferlante publicitaire avait été organisée : affichage urbain sur des panneaux de 4 m X 3 m, encarts d’une page dans tous les supports papier, impression et distribution de 80 000 « flyers » (plus aucun « communicant » ne parlait de « prospectus »), soit un par habitant de la zone de chalandise, bébés compris ! Le tout était relayé par une campagne sur les radios nationales, les plateformes internet et les réseaux sociaux (la grande distribution restait interdite de présence à la télévision, en raison du lobby des magnats de la presse papier).

Les flyers distribués à Brive annonçaient, outre le concept révolutionnaire de présentation horizontale, une baisse des prix sur 50 produits de première nécessité, la constitution de 100 chariots d’une valeur de 100 €, qui seraient offerts à 100 mères de famille entre 14 heures et 22 heures les 13 et 14 mai, un concert gratuit du groupe Oulalah sur une avancée de toit construite pour l’occasion, à 19 h 30 le 13 et 17 h 30 le 14, un verre de « kir sans alcool » ou de coca offert à chaque sortie de caisse pendant les deux jours. On prévoyait tellement de monde à cette « inauguration » que la piste de l’ancien aérodrome tout proche avait été louée par Bonus pour le week-end. On avait découpé le grillage afin qu’elle fût accessible depuis la nationale 89, et piétonnisé le passage souterrain qui partait avant le rond-point et rejoignait le magasin en passant sous la route.

Dès le vendredi en milieu d’après-midi, la foule fut considérable, ainsi que l’engorgement des véhicules. Roland Rigal, le député-maire de Brive, avait annoncé que la police municipale prendrait en charge tout le secteur. L’inspecteur Plante, de la police nationale, avait, selon les ordres de son patron, le commissaire Chautard, laissé passer cette prétention de l’élu local. Moyennant quoi, dès 15 heures, André Prot, maire-adjoint chargé du transport et de la circulation, appelait le policier qu’il connaissait bien :

– Germain, ça déconne…
– J’attendais ton appel…
– Oui, c’était évident qu’on aurait besoin de vous. Mais tu sais comment est le maire… 

– Je sais.

La « nationale » prit donc les choses en mains, en intégrant les hommes de la « municipale » dans le dispositif, suivant là encore les consignes du commissaire Chautard, qui ne voulait pas humilier.

Trois équipes de six hommes furent constituées. La première se répartit les tâches sur le parking habituel du magasin, d’une contenance de 680 places, sur lequel on ne laissa entrer que les véhicules avec enfants ou personnes âgées. Malgré ces critères, l’espace satura vite, et assurer la rotation en son sein ne fut pas chose aisée. Il fut décidé que la sortie ne s’effectuerait que « par-derrière », c’est-à-dire par le parc d’entreprises de Brive-Ouest et la route de Chasteaux. 

La seconde équipe policière fut affectée au parking dit de l’aérodrome, d’une contenance illimitée. Elle avait pour tâche d’organiser le stationnement, puis le déplacement à pied jusqu’au magasin, via le souterrain, qui avait dû être regoudronné afin que les chariots pussent y rouler sans difficulté. De même, il avait fallu allonger la piste, pourtant désaffectée, d’une dizaine de mètres, afin que les consommateurs pussent accéder à leur coffre sans passer par l’herbe dans laquelle les caddies se seraient enfoncés. 

La troisième équipe avait en charge « le rond-point Bonus » (appelé ainsi parce que la marque avait dû financer l’équipement quand elle s’était installée, en 1990). C’était le point névralgique. À cet endroit, un agent bloquait l’accès au parking habituel lorsque c’était nécessaire. Deux autres dirigeaient les véhicules vers le parking de l’aérodrome. Un autre encore détournait par l’avenue du Teinchurier et Saint-Pantaléon tous ceux qui voulaient sortir de Brive par l’Ouest sans s’arrêter sur les zones commerciales. Bien vite, on s’aperçut qu’il fallait empêcher l’accès de ceux qui voulaient entrer dans la ville. Une déviation fut donc installée au carrefour suivant, « le rond-point Décathlon » ; les deux agents affectés furent ceux qui subirent le plus de… reproches.

Une quatrième équipe, non identifiable car composée de policiers en civil, sillonnait la galerie marchande et les abords des trois entrées de l’hyper. L’objectif était de repérer les comportements qui, vu l’affluence, pouvaient générer de la panique ou de la perturbation : jeunes en bandes agressifs ou moqueurs, monômes ou binômes éméchés ou énervés, voleurs solitaires plus ou moins professionnels, mendiants et racoleurs. Des agents de sécurité, bien visibles eux dans les uniformes qui les boudinaient, avaient peu ou prou la même mission.

À l’intérieur du grand magasin, un animateur s’époumonait dans un micro. « Habitants de Brive et de sa région, le grand jour est arrivé ! Désormais, c’est une nouvelle manière de faire les courses qui vous est proposée. Votre magasin Bonus a bouleversé toute sa structure et son organisation pour vous offrir ce formidable espace : une consultation et une saisie facilitées des produits que vous avez choisis, une circulation plus fluide, un élargissement des gammes avec des prix toujours plus bas et une qualité toujours plus haute. Dans ce Bonus nouvelle formule, faire ses courses va devenir une fête. Et comme vous pouvez le constater, la fête a commencé ! Vous êtes déjà très nombreux à nous avoir rejoints, mais nous avons prévu large. Il y en aura pour tout le monde ! Oui, un verre sera offert à chaque personne qui passera en caisse. Et vous serez peut-être l’un des heureux gagnants d’un chariot rempli de 100 € en alimentation, généreusement donnés par la direction du magasin. Douze ont déjà été attribués, 38 vous attendent encore d’ici ce soir, pour l’instant gardés au frais dans les chambres froides de votre hypermarché. Et la même chose demain ! ».

Une musique dite d’ambiance prenait le relais quand le bonimenteur s’arrêtait. Trop forte, elle obligeait les adultes à crier pour se faire entendre, et les enfants excités comme des puces hurlaient de plus belle. La mascotte Bonus, un dinosaure en plastique bleu, circulait dans les allées, offrant bonbons et bons d’achat. À l’entrée de la partie magasin du complexe, un podium avait été dressé. Un groupe de pom-pom girls se préparait à monter dessus. Comme le président du Club Athlétique Briviste avait refusé la présence de ses joueurs, qui avaient été sollicités, on avait revêtu les demoiselles du maillot noir et blanc, un peu grand, ce qui était voulu ; car on les avait dispensées de jupe. Entre le haut des bottes à lacets et le bas du maillot en coton, les cuisses satinées de bas étaient des friandises qui suppliciaient les yeux.

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Parmi tous les insectes attirés par la lumière en ce vendredi après-midi, Killian, Tristan et Geoffroy, 14, 15 et 15 ans, traînaient dans la galerie depuis 16 heures. Ils étaient venus là dès la sortie du collège, en scoot, parce qu’ils s’étaient dit qu’il y aurait là du fun, de la tune et de la meuf (ils n’avaient pas prévu les keufs au rond-point, mais ceux-ci avaient trop à faire pour s’intéresser ce jour aux décibels de leurs bécanes). Sans idée sur le contenu de leur emploi du temps, ils arpentaient la galerie en vans et en baggys, serrant quelques mains et donnant quelques bises, reluquant jusqu’à s’abîmer l’œil les fringues et les objets high-tech sous les spots des boutiques. Ils épuisèrent vite leurs quelques euros devant un soda à la brasserie, et vidèrent en partie leurs paquets de cigarettes lors de plusieurs pauses à l’extérieur, sous l’auvent de l’entrée centrale.

Françoise et Pierre Fabry, âgés de 56 et 57 ans, étaient des retraités français. Elle avait été secrétaire de mairie dans différentes communes de Corrèze : comme elle avait eu trois enfants et comptait quinze années de service, elle avait décidé de prendre sa retraite en même temps que son mari. Lui avait fait toute sa carrière à la S.N.C.F. Il s’était donc retrouvé libre et doté d’une allocation à taux plein de 2350 euros dès 55 ans. Bien que longtemps encartés au Parti communiste, ils avaient décidé de ne pas bouder les plaisirs que leur offrait la société de consommation. Après tout, ils ne faisaient que profiter d’un droit et d’une réalité. C’est pourquoi ils s’étaient laissé tenter par les publicités de Bonus.

– Ce sera l’occasion de découvrir. Puisque d’habitude on va chez Leclerc.

Et puis Françoise était passionnée de décoration et d’aménagement intérieur. La « présentation horizontale » l’intriguait, elle voulait voir ça de plus près.

Ils avaient failli regretter leur initiative quand, à 16 h 20, ils avaient été pris dans un embouteillage au carrefour d’Estavel, soit un bon kilomètre avant le parking de l’aérodrome. Ils avaient pu bifurquer, redescendre le long de la voie ferrée, passer sous le pont du chemin de fer à la Croix Saint-Jacques et remonter par l’avenue Jean-Jacques Rousseau. Ils avaient tenté d’accéder à l’hypermarché par la route de Chasteaux et le parc d’entreprises, mais la police leur avait barré le passage.

– Qu’est-ce qu’on est venus foutre là ? s’agaça Pierre.

– Et si on laissait la voiture ici ? suggéra Françoise alors qu’ils rebroussaient chemin pour rejoindre la nationale 89. Après tout, on ne vient pas faire de grosses courses. On peut bien porter quelques sacs.

C’est ainsi qu’ils stationnèrent devant l’école de Bouquet et partirent bras dessus bras dessous vers l’enseigne géante, satisfaits d’eux-mêmes et du tour qu’ils pensaient jouer à l’organisation.

Mme Lorgha et ses deux filles de 7 et 9 ans étaient arrivées vers 17 h 30, après un passage chez Mac Donald, un rituel pour elles le vendredi à la sortie de l’école et du travail. Malgré l’inauguration du Bonus nouvelle formule, Mme Lorgha n’avait pas changé ses habitudes, au contraire. Elle espérait bien gagner un des chariots à 100 €. « Ça m’arrangerait bien en ce moment », se dit-elle. Le dieu de la consommation dut l’entendre, puisque lorsqu’elle franchit le portillon qui délimitait l’entrée du magasin, une cloche retentit. Le directeur du magasin en personne s’avança vers elle, poussant un caddie rempli à ras bord.

– Madame, voulez-vous échanger votre chariot contre le mien ?

– J’ai gagné ?

– Je crois bien que oui, Madame. Votre magasin Bonus est heureux de vous offrir ce chariot d’une valeur de 100 €.

– Oh, c’est pas possible !

Mme Lorgha en larmes dut répondre aux questions de l’animateur et entendre sa voix amplifiée dans tout l’hypermarché. Hors micro, on lui demanda ensuite si elle voulait tout de même faire quelques achats, en complément du chariot gagné, qu’on lui garderait au frais le temps qu’il faudrait. Elle dit oui bien sûr, et c’est ainsi que Mme Lorgha et ses deux filles, après avoir inspecté rapidement le contenu du gros lot, allèrent remplir un autre chariot, avec la plupart des produits qu’elles prenaient d’habitude.

Sylvette et Josiane entrèrent dans la galerie marchande à 18 h 15. La première avait fermé son salon de coiffure dès 17 h 30 et était passée prendre la seconde, qui ne travaillait pas depuis qu’elle avait cessé son activité de toiletteuse pour chiens six mois plus tôt.

– Je passe dans ta salle de bains me refaire une beauté, avait dit la première à la seconde.

– Prends une douche si tu veux.
– Tu permets ?
– Bien sûr. Mais dépêche-toi.
Elles étaient donc sexy et parfumées en arrivant. Comme quand elles allaient en boîte.
– C’est la fête ! Il y aura des cadeaux, de la musique, de bonnes choses à boire !
– Et peut-être même de jolis garçons…
– Waouh !…
Mais Sylvette et Josiane ne profitèrent pas longtemps de la fête. Car elles eurent la mauvaise idée de remonter la galerie la plus proche des caisses, pour aller voir une nouvelle franchise de prêt-à-porter dont elles avaient entendu parler. Elles se trouvèrent ainsi au mauvais endroit au mauvais moment. Quand l’explosion retentit, lorsqu’une boule de feu apparut et qu’une sorte de tourbillon sembla aspirer le centre du couloir 1 de la galerie, lorsque tout ce qui était de verre à proximité se brisa et se projeta dans le fracas et les hurlements, Sylvette et Josiane, Wahiba, Zhinia et Douria Lorgha, Pierre et Françoise Fabry, Killian, Tristan et Geoffroy, furent les dix personnes tuées sur le coup.

Dix morts, et au moins soixante blessés. Deux cents si l’on comptait les coupures dues aux éclats de verre. Heureusement, l’électricité, elle, ne fut pas coupée, et le feu put être maîtrisé à l’aide d’extincteurs et de tuyaux d’eau. Mais le bruit fulgurant de l’explosion d’abord, les hurlements de peur et de douleur ensuite, entraînèrent des cris et des mouvements de terreur. La panique se transmit à la vitesse de la lumière et, en quelques secondes, tous les clients du magasin abandonnèrent leurs caddies pour se ruer vers la sortie. Les caisses, tout automatisées qu’elles fussent, formaient un dangereux goulot d’étranglement, et l’on vit là combien l’homme était proche de l’animal. On se poussa à coups d’ongles et de poings pour dégager les passages ou pour monter sur les tapis roulants. Bientôt la cohue fut telle dans les allées de la galerie marchande que ceux qui avaient déjà payé et tentaient de courir tout en sauvant leurs achats furent bousculés de toutes parts et incapables de conserver leurs chariots. Il y eut des chutes, de clients et de caddies, de nouvelles blessures, de nouveaux hurlements.

Près du point d’impact, le spectacle était insoutenable. Des flaques et des gouttes de sang souillaient le sol et les abords de ce qui restait des boutiques sur une vingtaine de mètres carrés. Des corps ouverts étaient à terre et il était bien difficile de distinguer les vivants et les morts. Autour de ce premier cercle, des hommes, des femmes et des enfants étaient assis, ou appuyés, ou renversés, gémissant ou hurlant, se tenant tel ou tel membre, tel ou tel organe. Des visages étaient défigurés, et ceux qui les connaissaient peinaient à les identifier. La stupeur était telle que personne ne pénétra dans ce périmètre de la mort pendant plus d’une minute. Ceux qui étaient moins tentés de fuir parce qu’ils travaillaient là – employé.e.s des boutiques, vigiles, chefs de rayons, assistantes de caisses, membres de la direction – fixaient sidérés les images d’apocalypse devant eux.

C’est Le Rouque, un des policiers en civil, qui appela les pompiers – « catastrophe majeure, on a besoin d’au moins une vingtaine d’ambulances. Prévenez l’hôpital, Limoges aussi » – puis son supérieur, l’inspecteur Plante. « Ça a chié grave. Une explosion. Un carnage, genre métro de Paris ou de Londres à la grande époque ». À la suite de quoi il se pencha sur son acolyte, le brigadier Grégoire André, dit La Teigne, dont la jambe droite était à nue et à sang. Le Rouque posa les mains sur son épaule et sur son bras.

– Tiens bon, vieille branche. T’as pris un éclat de j’sais pas quoi dans la guibole. Ça chatouille et ça pisse, mais c’est pas ça qui t’empêchera de m’emmerder lundi…

– Bon Dieu, Rouquin, qu’est-ce qui s’est passé ? Soulève-moi la nuque, que je voie un peu le truc.

– Reste calme. C’est pas beau à voir. Une vraie boucherie.

– Y’a du décès ?

– Oh oui… Et du boulot pour les chir. Putain, j’arrive pas à y croire ! Ici, à Brive.

– C’est Alcacadois ?
– Ça y ressemble.
– Nom de Dieu.

––––––––––
À 18 h 19 ce vendredi 13 mai 2011, le commissaire Chautard recevait le directeur du lycée d’Arsonval et le principal du collège du même nom, chefs d’établissements confrontés à des problèmes persistants de racket, donc à la peur des collégiens et à la fureur des parents. Il était assisté des lieutenants Dominique Dru, La Duduche pour ses collègues, grande bringue au grand cœur, et Guy Flandin, sec et nerveux, inquiet et toujours en recherche d’approbation, qui suivaient d’habitude les affaires scolaires.

Les policiers étaient encore en phase d’écoute quand Annie Farme, agent d’accueil et chef standardiste, débarqua dans le bureau du patron, parce qu’elle savait qu’il ne décrocherait pas si elle lui téléphonait.

– Commissaire ! C’est horrible ! Au Bonus… Un attenta…. Il y a des morts et des blessés.

« Rarement, j’ai vu un visage se décomposer de la sorte, dirait par la suite le proviseur. Nous étions là à parler, le commissaire nous écoutait avec attention. Quand la fliquette est venue lui apprendre la nouvelle, juste quelques mots, son visage s’est allongé comme si sa barbe allait tomber, il est devenu livide, et son dos s’est arrondi comme si quelque chose lui était tombé dessus, qui l’avait cassé. Il a pas l’air, mais je crois que c’est un grand sensible ».

Sensible ou pas, le commissaire ne s’était pas trompé sur l’horreur qui l’attendait. Les quelques mots d’Annie Farme avaient suffi pour lui faire prendre conscience que quelque chose de terrible était arrivé, que des hommes et des femmes avaient été touchés dans leur chair, que leurs proches allaient pleurer, que ce drame allait bouleverser de nombreuses vies ; ainsi que toute sa fin de journée, sans doute tous les jours qui allaient suivre, peut-être bien sa fin de carrière et peut-être même son existence.

En 2011, peu de commissaires étaient confrontés à un attentat. Quand il se retrouvait sur cette scène d’horreur, le choc était si soudain, le chaos était tel, la tâche si démesurée, qu’un homme, aussi bon policier fût-il, avait du mal à prendre les bonnes décisions. Et à établir les priorités. Surtout quand on le pressait de toutes parts.

En arrivant sur les lieux, ou plutôt en essayant, le commissaire vit tout de suite que le premier problème allait être – était déjà – d’empêcher les gens de quitter les parkings dans la précipitation, et d’empêcher ceux qui n’étaient pas encore au courant du problème de venir boucher les axes et les ronds-points. Priorité absolue devait être donnée au passage des secours, qui commençaient à arriver.

L’inspecteur Plante avait déjà pris les choses en mains. Tout en maintenant comme convenu les départs du magasin vers la route de Chasteaux et l’avenue Jean-Jacques Rousseau, il avait organisé le filtrage des voitures afin d’éviter bouchons et accrochages.

– Ménageons un espace pour les hélicoptères. Le S.M.U.R. en a un, et Limoges doit pouvoir nous en envoyer. On va évacuer les blessés les plus graves par les airs.

Des voitures en stationnement furent déplacées à la main par des hommes mobilisés sur place par Franck Matevon, qui chapeautait l’équipe policière sur le parking habituel de Bonus.

À l’intérieur, la seule bonne nouvelle était que le magasin était vide, sauf près des caisses du milieu ; cinq d’entre elles avaient été touchées et tous les clients qui patientaient là au moment de l’explosion étaient blessés. C’est pourtant entre les rayons de « présentation horizontale » que la sécurité aurait été la plus grande. Mais on ne commande pas la nature humaine quand elle panique.

Dans la galerie en revanche, on s’agglutinait pour voir. Parce qu’on était happé par l’horreur, ou parce qu’on cherchait quelqu’un qu’on ne retrouvait pas, et qui donc pouvait figurer parmi les morts et les blessés. Les vigiles et la direction du magasin faisaient ce qu’ils pouvaient pour bloquer le périmètre, mais ils n’y parvenaient pas, et des badauds plus ou moins légitimes marchaient dans les décombres à la recherche d’un corps et d’un visage amis. Certains criaient, d’autres pleuraient, d’autres encore s’évanouissaient. Certains même s’accrochaient aux mutilés. Les pompiers débordés devaient intervenir pour empêcher qu’on bouge des corps dont un mauvais mouvement pouvait être fatal.

– Il nous faut au moins vingt hommes de plus, dit Chautard à Flandin et Dru qui l’accompagnaient. Si on n’a pas assez, appelez la gendarmerie. Brive et Larche. Non, appelez de toute façon.

Préserver la scène de crime pour trouver des indices était impossible en de telles circonstances. Face à une telle hécatombe, seul devait compter le soin aux blessés, puis leur évacuation. Mais comment soigner puis évacuer cinquante, soixante, peut-être quatre-vingts personnes, alors que des milliers de personnes et de voitures bouchaient les accès ?

– D’autres secours arrivent, Commissaire. Et Tulle va venir nous prêter main forte.

Le capitaine Larinat était là en personne, c’était bien le moins. Ce jeune chef des sapeurs était d’une ambition dévorante, il avait tendance à considérer les pompiers comme les sauveurs de l’humanité (l’incroyable cote dont ils bénéficiaient auprès de la population ne pouvait que le conforter dans cette opinion), mais il savait mener ses troupes et garder son sang-froid. En l’occurrence, il montrait un calme étonnant. Le commissaire Chautard, parcouru de tremblements à la vue de certains corps, lui enviait cette force. Un ado perforé par un bout de vitre grand comme un écran de télé, qui avait encore dans la main le portable sur lequel il était peut-être en train de taper un texto, un autre qui semblait dormir la tête posée sur ses chaussures, un troisième, ou plutôt un morceau de troisième à côté, faillirent l’anéantir pour de bon. Il crut qu’il allait se vider et s’écrouler lui aussi.

– Qu’on les recouvre. Tout de suite.

Mais les morts, il ne fallait pas les évacuer. Le major Rebil, chef du service local de la police technique, ainsi que ses adjoints Tessaud et Falbuccio, avaient suivi le commissaire quand Annie Farme avait annoncé l’ampleur de la catastrophe. Ils commençaient à examiner les corps, pas tant pour l’identification, qui ne poserait guère de problème, que pour déterminer les causes des décès. Mais ils étaient seuls et peu outillés.

– Flandin !
Le lieutenant rappliqua, plus angoissé que jamais.
– Commissaire ?
– Appelez Ramond, à Limoges. Qu’il vienne d’urgence avec toute son équipe de scientifiques. On n’est pas outillé pour traiter ça.

– D’accord, d’accord ! Mais Ramond est commissaire… Ce serait peut-être mieux que ce soit vous qui…

– Vous me le passerez.
– Ok.
Chautard avisa un homme, qui prenait des pouls et donnait des conseils.
– Vous êtes médecin ?
– Oui, j’étais là quand…
– Combien de morts d’après vous ?

– Au moins huit. Mais je n’ai pas vu tout le monde.

– Établissez les priorités, pour qu’on prenne en charge les blessés les plus graves.

– Il nous faudrait davantage de groupes mobiles. Des garrots, des seringues, des perfusions, des défibrillateurs…

– Ça arrive.

Le commissaire hésitait dans ses pas, comme s’il était lui-même un rescapé. Une idée lui vint à cet instant, un besoin plutôt, qui s’imposa à lui tant était grand son désarroi.

– Un prêtre. Il faudrait un prêtre. Des prêtres. À la rigueur des psychologues.

La lieutenant Dru qui l’avait rejoint perçut les mots entre les dents de son patron.

– Vous voulez que j’essaye d’en trouver un ?

– Appelez Annie. Dites-lui de contacter le curé d’Estavel, ça doit être son secteur. Qu’il vienne immédiatement. Dites-lui aussi d’appeler de ma part le docteur Bron, avenue de Paris. Il est psychiatre libéral, on a une chance qu’il n’ait pas débauché. Qu’il nous rejoigne.

Ce sont les familles que le commissaire redoutait. L’hystérie, la colère, la bêtise. On entendait des cris atroces. Les vigiles et les policiers avaient du mal à les contenir. On essayait de les cantonner à l’entrée du magasin, vers l’accueil. C’est-à-dire ni trop loin ni trop près du point d’impact. On leur servait les boissons qui avaient été prévues aux sorties des caisses. On leur montrait les chariots et civières des pompiers et ambulanciers qui arrivaient et repartaient, et on tâchait de leur faire comprendre qu’il était indispensable de laisser travailler les professionnels, qu’il ne fallait pas ajouter au chaos. Mais d’autres membres de familles allaient arriver dès qu’ils auraient appris la nouvelle. Les gendarmes de Brive et de Larche, ainsi que les flics de Tulle, ne seraient pas de trop pour canaliser tout ce monde.

Plus loin dans la galerie, la pharmacie fut transformée en centre de soins pour les petites blessures, avec une annexe au salon de coiffure non loin de là. On versait des litres de larmes en ces lieux, non pas tant de douleur que de peur, et parce qu’on avait vu des choses insupportables.

Chautard, incapable de se servir de son téléphone portable, dont il ne semblait pas avoir compris l’utilité, communiquait, via le talkie que lui tendait Dru, avec les chefs d’équipe qui contrôlaient les accès : Plante, Darmon, Le Rouque. Une nouvelle équipe constituée des dénommés Gégé, Florian, Gibraltar et Mathieu fut chargée de l’entrée de la galerie marchande, et surtout de la sortie. Évacuer, il fallait évacuer : les blessés et les centaines, peut-être les milliers, de personnes qui n’avaient plus rien à faire là. Le parking se vidait petit à petit. Et, grâce à des agents supplémentaires, on avait pu bloquer le flux au rond-point avant l’autoroute d’une part, au rond-point Décathlon d’autre part. Quelques voitures arrivaient quand même par l’avenue du Teinchurier, à qui on faisait exécuter un demi-tour au niveau du Mac-Donald et du garage Renault.

Jacques Poisse et Roland Rigal, autrement dit le sous-préfet et le député-maire, arrivèrent ensemble dans la voiture du premier. Une seconde voiture suivait avec Christian Spocik, directeur de cabinet en mairie, André Prot, adjoint chargé du transport et la circulation, et Georges Vandel adjoint chargé de la sécurité. On laissa entrer les hommes dans la galerie. Le directeur de Bonus dut les emmener sur les lieux. Ce qui frappa les employés des boutiques et de l’hyper, agglutinés autour du périmètre délimité par les vigiles et les policiers, fut le mutisme de ces hommes pourtant habitués à parler sur tout à tout moment. Là, c’était comme s’ils ne trouvaient pas les mots face au sang, aux débris, aux corps que perfusaient et emmenaient les pompiers, aux autres que des blouses blanches semblaient opérer sur place, aux couvertures qui recouvraient on ne savait pas bien quoi. Et encore le plus horrible leur avait-il été épargné, puisqu’une partie des victimes avait été évacuée.

Les officiels se rendirent ensuite à la pharmacie, au salon de coiffure. Ils serrèrent des mains, Roland Rigal embrassa beaucoup, mais les mots semblaient lui manquer.

Chautard était resté près du point d’impact. Maintenant qu’une certaine fluidité était établie entre les secours et les blessés, entre les employés des boutiques et les clients, maintenant qu’il parvenait à distinguer ce qui était utile et ce qui ne l’était pas au sein de l’amalgame qui s’était formé dans la galerie marchande, alors le commissaire essayait d’appréhender la scène de crime.

Il se représenta la galerie comme une sorte de grand B et constata que l’endroit qui avait été touché était l’intersection entre la petite barre centrale du B et les renflements plus longs et verticaux qui longeait les caisses. Le commissaire nota que les caisses avaient été peu touchées, même s’il y avait des blessés à cinq d’entre elles, et que le carnage aurait été plus grand encore si l’explosion s’était produite plus près des tapis et des lasers. Étaient en grande partie détruites les boutiques de part et d’autre de ce point du B, à savoir un coffee shop, un magasin de téléphonie en face, une sandwicherie à côté, la boutique d’articles de sport après le bar. Deux de ces commerces accueillaient un public nombreux. Était-ce un choix des artificiers ? Le carrelage à cet endroit était noirci par les langues de feu qui l’avaient léché. Le faux plafond et les néons au-dessus avaient disparu. En largeur, c’est sur un rayon d’une vingtaine de mètres que les conséquences de la déflagration étaient les plus terribles. Il remarqua des présentoirs, des chaises et des tables renversés, du verre partout, des objets épars et de toutes sortes, de la nourriture écrasée, des liquides indéfinissables, des poteaux tordus, des fils électriques dans des formes invraisemblables, des décors cassés et mélangés, des vêtements abîmés, des sacs abandonnés, des chariots retournés. Et une odeur, atroce, prenante, sur laquelle il valait mieux ne pas s’appesantir.

Le commissaire s’approcha et regarda les chariots. Y’en avait-il un plus noir que les autres, plus tordu que les autres ? La peinture bleue de plusieurs de ces caddies n’était plus qu’un souvenir, mais aucun ne lui parut susceptible d’avoir contenu une bombe. Ceci dit, il n’y connaissait rien en bombes. Qui, d’ailleurs, s’y connaissait en bombes, à part les terroristes et les spécialistes ? Bon sang, une bombe ! Était-ce bien sûr ? N’était-ce pas un court-circuit ? Un problème de gaz ? Un percolateur ?

Il regarda sa montre. Il était 19 h 16. Il ne restait plus que quelques corps à l’horizontale, autour desquels s’affairaient des blouses blanches et des combinaisons noires. Il entendait le ballet des pompiers et des hélicoptères. Il se dirigea vers la sortie. Le soleil ne s’était pas montré ce jour, et le gris dans cette journée qui ne finissait pas était d’une affreuse tristesse. Près d’un abri à chariots, la mascotte Bonus réconfortait les pom-pom girls qui pleuraient. Sur l’avancée de toit à l’extrémité du bâtiment, des techniciens démontaient le matériel pour un concert qui n’aurait jamais lieu. À une centaine de mètres de l’entrée, le commissaire aperçut l’inspecteur Germain Plante, qui semblait coordonner les va-et-vient des hélicoptères et des ambulances. Tout en téléphonant !

Chautard fut ému de voir son second à la manœuvre. C’est lui qui avait eu la plus grosse part ce jour, et il avait réussi l’impensable : éviter l’engorgement, et permettre l’évacuation des blessés. Et des morts. Voyant que le capitaine Plante avait les choses en mains à l’extérieur – on disait toujours inspecteur, mais ce n’était pas un grade, Plante était capitaine – Chautard s’en retourna dans la galerie, admiratif de cet homme qui savait user de son autorité avec autant de tact que d’efficacité.

Il y eut une chose contre laquelle Plante cependant ne put rien : l’arrivée des journalistes, dans une ambulance. À peine sortis du véhicule qu’ils usurpaient, Denis Piloche de La Montagne, Géraldine Sanloup et un caméraman de France 3, Thierry Blanche de France Bleue Limousin, Gilles Vérot de La Vie Corrézienne, se ruèrent vers la galerie marchande. En attendant l’arrivée des chaînes nationales, ils avaient le monopole et ils allaient pouvoir monnayer leur récolte. Gégé et Gibraltar, qui contrôlaient une des deux entrées qu’on avait laissées ouvertes, et savaient l’aversion du boss pour tous ceux qui se nourrissaient des drames, mirent le holà. On appela Duduche, qui alerta le commissaire.

– Je ne veux pas qu’ils entrent. Ils peuvent faire du son et des images avec le parking. Envoyez leur le maire et le sous-préfet, ça les calmera.

Ça fit du bien aux huiles de sortir prendre l’air et d’être valorisés, même si l’étatique Poisse ne se prenait pas au sérieux, tandis que le municipal Rigal sortait de son costume. Pour le coup, l’un et l’autre retrouvèrent l’usage de la parole.

(la semaine prochaine, chapitre 2 : Visite présidentielle (pour ne pas dire sarkozienne))

5 commentaires

  1. Ca doit être quelque chose d’écrire un polar car il faut penser à plein de détails.
    Le tableau de la société de consommation est assez savoureux. On y est encore 24 ans plus tard ?
    La détestation des journalistes m’agaçait un peu en 2011, m’amuse aujourd’hui.

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  2. Je fais partie des 1.000 exemplaires acquis et, dans mon cas, lus. Un très bon cru, et mon polar Chautard préféré au début des années 2.000.

    Des e-books sans autorisation, sans droits d’auteur, est-ce pensable ?

    Je vais donc m’offrir une relecture.

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    1. Heureux, cher Jean-Claude, que tu retrouves avec plaisir Jean-Jacques Chautard ; la réciproque est vraie. Société de consommation et médias ont conservé leurs défauts, et leurs qualités, depuis 14 ans ; et nos vies, et nos livres, ont commencé leur numérisation. Ainsi vont le monde et la littérature…

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  3. Contente de retrouver notre bon commissaire Chautard et la bonne vieille ville de Brive dont je reconnais les lieux dans le narratif.

    Un attentat à Brive! Mon Dieu! Je n’imaginais pas que vous auriez eu l’idée de faire vivre à cette grosse bourgade de tels stigmates civilisationnels!

    Le costume ne va t il pas être un peu grand pour notre cher commissaire philosophe et sa nostalgique ligne de vie?

    Severine

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