Les seins de Marcia Melado

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Marcia était la secrétaire particulière, j’étais le directeur de cabinet. Je venais d’être recruté, elle bossait là depuis un an. C’était une fille de la ville, elle avait participé à la campagne, et le nouveau maire l’avait gardée à son service après l’élection. Elle avait 22 ans, moi 25.

Son bureau jouxtait le mien, la porte restait ouverte en permanence et nous passions souvent de l’un à l’autre. Quand elle voulait me faire relire quelque chose, elle contournait ma table pour venir de mon côté, plaçait les papiers devant moi et se penchait pour que nous regardions ensemble. Alors, je sentais les deux gros seins de Marcia posés sur le dossier de mon fauteuil se coller contre mes épaules. 

La première fois, je crus que c’était une maladresse ; la seconde et la troisième, je me dis qu’elle ne se rendait pas compte. Mais à partir de la quatrième fois, je compris que c’était volontaire. Car elle appuyait, parfois bougeait. Qu’on imagine la situation : j’étais assis, elle debout derrière moi, son corps penché, ses cheveux encadrant mon visage autant que le sien, et elle avait les mains libres. Et les frottements de la jupe et des bas finissaient de me perturber. Elle se trouvait donc en position dominante, elle pouvait faire de moi ce qu’elle voulait. D’autant que son parfum étourdissant me montait à la tête. 

Un jour où elle n’arrêtait pas de gigoter – comme si elle voulait me masser avec sa poitrine, ou se masser avec mes épaules –, je finis par lui dire :

– Marcia…

– Quoi ?

– Vos seins.

– Quoi, mes seins ? Ils ne vous plaisent pas ? 

– La question n’est pas là.

– Si, elle est là, la question. Ils vous plaisent, et moi ça me plait de les placer comme ça.

– Mais enfin, c’est ridicule !

– Non. Vous êtes jeune marié et vous allez avoir votre premier enfant. Vous ne voulez pas tromper votre femme ?

– Non.

– Alors on fait ça. Ça nous fait plaisir à tous les deux, ça mange pas de pain, et on s’en souviendra quand on sera vieux.

Elle m’a scié. Son envie de partager un petit plaisir, son assurance quant à l’effet de ses seins, sa manière de présenter la chose, sa volonté de créer un souvenir. 40 ans ont passé, je suis vieux et je m’en souviens. Je me souviens des seins que Marcia Melado plaquait contre mon dos pour joindre l’utile à l’agréable, tandis que nous préparions les discours, les lettres et l’agenda de notre maire à tous les deux.

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