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Lundi 6 mai
Aujourdui jai reçu une lettre qui ma pas fait plaisir. Cest pour les figurines. Ça va pas marché. Je suis très déssue. Je compren pas pourquoi. Je recopi la lettre : « Madame, Après réception de votre colis contenant les 5 pièces que vous avez réalisées à l’essai, nous sommes au regret de vous informer que nous ne pourrons pas donner suite à notre collaboration, vos assemblages ne répondant pas suffisamment aux exigences de qualité attendues par nos clients. Nous vous remercions d’avoir effectué cet essai et vous prions d’agréer, Madame, l’expression de nos salutations distinguées ».
J’été en colère, jai froissé la lettre et je l’ai jeté par terre. Mais après, je suis vite été la ramassé, pour pas que Julie la trouve, cest elle qui avait fait ces figurines et elles les avait bien fait, cest injuste pour elle. Une fois déja elle m’avait demandé si on avait reçu des nouvelles a monter. Si elle me demande encore je lui diré que on a rien reçu, que peutêtre ils ont plus besoin de quelqu’un pour les aider.
Mardi 7 mai
Déprimée. Je suis même pas capable de coler des bouts de plastic ou quoi ? Cest dégeulasse. Ça m’auré fait du bien au portmonaie. Coment je vais faire cet été, quand y’aura pas la paye de l’école ? Il va esploser le découvert, et M. Sauvade il va esploser avec, contre moi.
Jai envoyé un texto a Florian. Il a pas répondu.
Cette apres-midi, je suis retournée a la CAF, pour raporter les papiers qui m’avé doné pour les vacances. On en a reparlé avec les filles, elles veule pas. Mais jai di que j’alais canmême les inscrire, que je leur redemanderai en juin, que j’insisterai mais que je les obligeré pas.
– Ça va te couter cher, a sorti Julie, pas fole la guêpe.
Jai répondu ça que m’avé di la femme de la CAF :
– Rien du tout. Pour Morgane, le centre aléré cest gratuit quand on a pas bocou de sous. Et toi la colo a l’océan, cest 200 € pour 15 jours. Si tu seré la, ce seré pas plus cher, avec la nouriture, le linge, l’eau et tout.
– Ça m’étonnerait.
– Si, cest vrai.
Bref, je suis été les inscrire. Je sais pas si jai bien tout rempli les papiers, ya des endrois jai pas compri. Jai pri les factures EDF et les cartes identité des filles, il falait les amener. En fait, il falait faire des fotocopis, mais bon ils peuve les faire, ils ont plein de machines pour sa. Jai du prendre un tiket bien sur, faut pas rêver. Y’avait plein d’Arabes et de Noirs, je me demande coment elles se suporte les femmes, avec leur robe qui touche par terre, qui fait dix centimètres d’épaisseur et qui doit peser une tone. On doit mourir de chaud ladessou ! Et pour aler aux toilettes ?… Enfin bon, chacun sa merde.
Jai atendu q’une demi heure, presque le boneur.
– Bonjour Madame Semos, ma di la femme au guichet ou on mapelé.
On auré di quelle me conaissait, pourtan c’était pas la même que l’autre fois.
– Bonjour. Je vous ramène les papiers pour les vacances de mes filles.
– Faites voir, on va regarder tout ça ensemble.
En fait, ya que elle qui a regardé, de toute façon elle était de l’autre coté du burau, je vois pas coment on auré fait.
– Mais vous n’avez rien rempli ?
– Jai marqué mon nom et mon adresse.
– Oui, mais il n’y a pas que ça !
– Jai pas tout compri.
– Bon, on va les remplir ensemble.
Elle ma posé plin de questions sur l’age et la naissance des filles, ou quelles étaient a lécole, quelle classe, si elles avait u des maladies, si elles avait leur vaxins. Quand je savé pas je lui disé. A la fin, elle ma di que c’était bon. Il faut canmême que je fais un chèque de 100 € avant le 15 juin et le deuxième de 100 € encore avant le 15 août.
– Vous pouvez pas me le faire tout de suite, le premier ? elle a demandé.
– Ah non, jai di, je peu pas, sinon M. Sauvade va m’apeler parce que je suis tro découvert. Je vous le feré passé debut juin, cest mieu.
– Mais on est au début du mois, là ?
– Oui, mais ce mois, c un peu dificile.
– D’accord.
Je sais pas si elle était bien contente, mais tanpi. Toute façon, la colo de Julie cest que au débu du mois d’out. Alor hein, ya le tan.
Mercredi 8 mai
Y’avait congé aujourdui, parce que cest la fin de la guerre. La deuxième guerre, cest Julie qui ma espliqué. Ça s’apel la rmistice. Les Alemans, ça je savé, mais je savé pas qui zété venus deux fois. Enfin venus, on leur a pas demandé, hein, si jai bien compri. Bref persone travaillé.
Quand on travaille pas, on pense, et cest pas bon. Ça fait que du mal. Jai pensé a Florian, il m’énerve a pas doner de nouvelles. Jai failli lui renvoyé un texto et puis je mai retenu, je me di qu’il est sauvage, que avec la prison il a peutêtre plus l’habitude de parler aux gens. Canmême, cest pénible. Il débarque come ça, sans prévenir, il vient se faire dorloter un soir, et je crois que jai été pluto gentille, très gentille même, et puis hop après il disparaît encore, come si rien s’était passé. Cest bien un homme. Mais keskil zont qui tourne pas ron chez eux ? Hein ? Cest quoi leur problème ? Ils peuvent pas être normal, come tout le monde ? Ils font du mal de partir revenir come ça.
Florian ma fait pensé a Blanzey, obligé. Ce qui ma fait le plus de peine cest que jai pas trouvé un seul moment dans ma tete ou on était tous les deux come le frère et la seur, apar la nuit de la tanpête. Je me souviens de bocou de choses, mais Florian il est toujour come si s’ocupait pas de moi, presque come si me voyait pas. Moi je sais pas pourcoi je me voi – je sais que je peu pas me voir, on peu pas se voir cest sur – mais je me voi canmême en train de le regardé souven, avec mes grands yeux et mes petites couettes, ma robe de petite fille ra la toufe, enfin j’avais surmen pas de toufe a l’époque, et mes colants de paysane et mes chaussures pouries. Je le regardé parce que j’étais fière de lui, toujour il faisait des choses qui m’étoné, avec ses bras, avec son couteau, avec son vélo. Il me faisait un peu peur aussi, il était for, il était dur, on diré qu’il était jamai conten. Avec Sylvain notre frère adoptif, ils était souven ensemble, ils se metté des peignés teribles. Heuresment ils avait tous les deux peur du père, ça les calmé un peu, sinon ils aurait pu se massacrer, ses imbéciles. Parfois ils était copins, souven même.
Quand on alait au bour, ils faisé les malins tous les deux, même que quelquefois ils m’oublié derrière eux, alor je me metté a pleurer. Alor quelquefois, quand j’étais toute petite, je sais pas 5 ou 6 ans, Florian me prené avec un seul bra, par les cuisses, et il me basculait sur son épaule, come un sac. J’avais la tête en ba, je criai come une fole mais j’aimais bien ça je croi. Oui tien, ça cest un momen ou on était tous les deux, quand il me prené come un sac sur son épaule. Peutêtre il le faisait avant Blanzey aussi, je sais pas moi je me rapelle de rien, on est arivé a Blanzey j’avais 5 ans, lui 9. Lui il a surment des souvenirs davan, je sais quil aimé pas, c’était une ferme près de Limoge, je sais pas le nom du patlin. Il y avait d’autres enfants, tous des orfelins come nous. Je sais juste que Florian disé qu’il avait froi le soir et que quelquefois il se pissait sur les pieds pour se les réchaufer un peu. Une vrai misère, heuresment que je me souvien pas. Cest chouette quand on oublie les mauvaises choses. Cest con qu’on puisse pas choisir : ça je me souvien pas, ça je me souvien, keske ça seré bien, on soufriré moin.
Ce qui est encore plus con cest quand on invente quelque chose qui fait mal et qui a peutêtre même pas existé. Par exemple mon cauchemar : notre mère, la vrai, qui nous abandone sur le trotoir et qui pare avec l’homme dans la camionette blanche. Et Florian qui cour en criant après la camionette… Ou cest que jai été cherché ça ? Pourquoi je peu raconter tous les détails alor que j’étais qu’un bébé ? Cest incroyable non ?
Bou, cest pas bon le passé, de penser… Faut que j’oublie tout ça, que je me remette a avancer. Je suis la Victoria daujourdui, pas celle dhier. Faut pas que je m’ocupe davan. Cest mintenan qui conte.
Jeudi 9 mai
Le gymnase était dégoutan. Plin de traces, de papiers, de bouteilles plastic, de chaussettes encore, de miettes, de terre, de cheveux, de crachas séchés (les garçons mintenan ils crache tout le tan, et ces cones de filles qui les regarde et qui dise rien). Et ça pué encore. Ça a du être cho hier, les entrainments ! Beark. Enfin jai pas chomé, j’avais a peine fini que déja ya une école qui arivé, le sol été encore un peu mouillé tanpi pour eux.
A l’école, aujourdui c’était le bazar. On sait pas pourquoi ya des jours ou ya rien qui va come il faut. Les enfants sont infernal, on se demande coment il sont éduqués. Je dis pas que Morgane et Julie sont parfaites, mais ça m’étonrait quelles face autan de bazar.
Les profs aussi, je trouve elles sont pas honêtes. Elles, a 11 heures et demie, elles sen vont, elles rentre vite chez elle, on a l’impression quelles se débarasse des enfants, quelles sen fiche si vont mettre le bazar ou pas, que sa les gene pas qui se défoule bien pandan la cantine pour quaprès ils soye bien calme. Cest pas très corecte je trouve, ya les récrations pour ça, la cantine ca doit pas être n’importe quoi.
Avan, Chantal desfois elle poussait une geulante, ça calmé tout le monde, mais mintenan elle peut plus. Un jour je lui avé demandé si elle pouvé pas geuler un cou, mais elle ma di quelle s’était fait monter les bretelles par la directrice, parce que des parents s’était plin, alor que mintenan elle disé plus rien.
– Qu’est-ce tu veux, si c’est les parents eux-mêmes qui veulent que leurs marmots soient mal élevés, alors là on n’y peut plus rien !
Cest domage, les parents devré pas avoir le droit de se mêler de ce quon fait a l’école. Ou il nous font confiance ou il nous font pas confiance. Ils ont qua aler dans une autre école si sont pas contens. Cest canmême pas come si on les batait, les enfants ? Juste on leur di de se calmer et on les puni quand ils exagere. Et la punition, pas méchante, juste aler manger seul sur une table, on les prive pas de manger, et évidament on les tape pas. Une bone gifle yen a ça leur feré pas de mal, mais alor la on est viré tout de suite. Si savé combien jen ai pris des calotes moi, ils se posé pas de question les parents a l’époque… Eh bien non, même une petite gifle de rien du tout, on a plus le droit.
Alor les enfants crie, ils se bate, ils jette la nouriture, ils mange n’importe coment. Non mais on rêve ? Et nous on doit suporter ça ? Pat, elle est agacée, elle a atrapé Kilian par son bras et elle la secoué, ça lui a fait tout drole au marmo, et ça a un peu calmé la table. Elle a bien fait je lai soutenu, je lui ai di. Cest pour leur bien en plus. Si on leur apren pas la politesse, ou on va ?
Vendredi 10 mai
Chez Delaunay, le Frank ma embêté, ça faisait lontan. Il a même pas atendu que je soye au dépo cet imbécile. J’étais en train de finir le coin des comercio come ils disent, la ou se trouve les buraux de Patrik et Sandrine, mais ils était plus la. Y’avait juste le patron et Jaqueline au fon. Alor le Frank est arivé. Il a pas fait de bruit, il s’était mis dans l’entrée du burau, j’avais laissé la porte ouverte. Come je passé l’aspirateur, je lai pas entendu. Et lui il me regardait, les fesses en l’air parce que bien sûr j’étais penché.
Quand je mai redressé et que je lai aperçu, jai u peur. Jai poussé un cri, mais avec l’aspi ça a pas fait de bruit. Jai apuyé sur le bouton arêt.
– Kes tu fous la ? jai di. Ta rien de mieu a faire ?
– Oh la, pourquoi tu m’agresse ?
– Di donc, qui cest qui agresse l’autre ? Cest toi qui m’espione come un voleur !
– Je vené juste te dire bonjour.
– Depuis quand tu viens me dire bonjour mintenan ?
– Quand jai le tan. Je t’aime bien moi, au ca ou tu ten seré pas aperçu.
Keske que je pouvé répondre a ça ? Je voulé pas être méchante avec lui, mais je voulais pas non plus qui m’espione, surtou quand je le savé pas.
– Bon ben bonjour, mintenan laisse moi travaillé.
En fait, j’avais pas arété de travaillé.
– Je voulais te demander…
Ah ! Keskil alé me sortir ?
– Quoi ?…
– Aten, laisse moi parler…
– Acouche.
– Putain, kes tes agressive ?
– Frank, tes lour, la…
– Mais cest pas vrai !… Bon… Écoute… Jai un ami qui fait une fête samedi. Je voulé te proposer de venir. Y’aura de la musique, de bonnes choses à manger et à boire, des gens sympas. Cest son anniversaire, il a 35 ans.
– Mais keske tu veux que j’aye faire laba ? Je le conais pas, moi, ton copin !
– Je sais, mais moi tu me connais, et il a di qu’on pouvait venir avec des amis. Ya pas que moi qui viendra avec des amis. Tu poura rencontrer plein de monde.
– Ça m’intéresse pas.
– Ça t’intéresse pas de passer une bonne soirée ?
– Ça sera pas une bone soirée pour moi. De toute façon, je peu pas, jai mes filles.
– Elles peuvent venir, y’aura d’autres enfants.
– Écoute, cest genti me proposer, mais non. Ça m’intéresse pas.
– Réfléchi ce soir, tu peux me dire demin ça suffit. Tu menvoi un sms.
– Je te diré la même chose.
– Faut pas t’enfermer come ça. Faut que tu sorte de tansantan.
Il ma cié, la !
– Non mais de quoi je me mêle ? Tes culoté, je trouve.
– Quoi, tu crois que ça se voit pas que tes malheureuse ? Faut pas rester seul tu sais. On a tous besoin de voir des gens…
– Arête !
Jai laché le tuyau de l’aspi, posé le chifon et je mai avancé vers la sortie. Je sentai la colère qui monté, je pense que j’étais toute rouge.
– Tu fais chier !
Je suis arivé vers la sortie. Le problème cest qui falait qui se pousse. Je regardais droit devant moi et il a du voir que j’étais pas contente et que je lui fonceré dedan si se poussait pas parce que il sest poussé.
– Pourquoi tu le prens come ça ? Je veu juste…
– Té toi !
Je savé pas ce que je faisé. Je tremblé. Je suis dabor été au dépo, mais après je mai di qu’il alait venir. Je pouvé pas alé au fon parce que y’avait encore le patron et la Jaqueline. Je suis été me réfugier aux toilettes. Cest jamai que ji vais moi, apar pour les faire bien sur. Jai baissé le couvercle et je mai assise. Je voulé pas, mais jai senti les larmes qui vené et qui alé sortir, sa s’était sur. Ça a pas manqué. Boum, la fontaine. Et puis for en plus, mais j’essayais de pas faire de bruit. J’étais pliée en deux, come si j’étais malade. Quel imbécile !
Il a frapé à la porte, il ma apelé, jai pas répondu, il a fini par sen aler. Je suis sorti au bout de 10 minutes quand jai u été un peu calmé. Mais il me falé une cigarette, je pouvé pas atendre. Le patron et la Jaqueline étaient encore dans leurs buraux – je sais pas ce qui fabrique tous les deux – mais tanpi je suis sorti et je men ai alumé une. Ça a pas manqué, la Jaqueline a rapliqué, elle a des yeux de ra cette salope. En fait, elle était habillé, elle avait son grand sac et son imperméabe. Elle rentrait chez elle.
– Eh bien, vous en avez marre, Victoria ?
– Non pas du tout. Juste jai fait une sorte de malèse, je pren l’air 5 minutes.
– Et vous croyez que fumer une cigarette va vous faire du bien ?
– Ça me déten. Je sais cest mal, mais cest la seule chose qui me fait du bien.
– Que vous croyez. C’est dans votre tête. Et dans vos poumons…
Elle avé un tailleur dans les vert clair, un chemisier blan crème, en soie ou quelque chose come ça. Des escarpins, et encore des bas. Elle était pas mal, cette garce. Elle était même un peu tro bien habillé pour une petite entreprise come Delaunay je trouve. Enfin bon.
– Vous inquiétez pas, je feré cinq minutes de plus ce soir.
– Je ne vous reproche rien, Victoria. De toute façon, vous êtes souven la dernière a partir, nous ne pouvons donc pas controler.
Keske elle voulait me dire, la ? C’était une acusation, ou quoi ? Elle est fausse, celle-la, incroyable. On est resté deux minutes sur le petit parking, les voitures passé sur l’avenue, il y avait encore de la circulation, les comerçants qui rentré, les gens qui revené des courses, ceux qui alé dans les bars ou les restaurants. Je mai mi a penser, peutêtre a cause de ce que m’avé di cet imbécile de Frank : kesje je feré si javais pas les filles, plus d’argent et que je finissais mon travail a 5 heures ? A ce moment la, jai u come un vertige, il a falu que j’aye m’apuyer contre le mur. La garce la vu tout de suite :
– Ça va pas, Victoria ?
– Cest rien. Ça va passer. Je vais rentrer a l’intérieur.
– Vous êtes sûre ?
– Oui, vous inquiétez pas, merci.
– Bon, j’y vais alors. Bon courage et à demin.
– A demin, bone soirée.
Elle est montée dans sa mini, pas si mini que ça dailleur, très jolie faut avouer, une vraie voiture de femme. Boudiou je mai di, si javais du tan, de l’argent et une voiture… En même tan je mai di cest pas possible d’avoir une autre vie, le plaisir cest pas pour moi, faut pas que je rêve, cest ça qui done un malèse et qui me fait du mal. Cest ça qu’il a fait Frank, peutêtre il a pas fait expres, mais il ma fait croire que je pouvé avoir une autre vie, et cest pas vrai. Je le sais depuis le tan, je le sais, le boneur cest pas pour moi, faut pas rêver, après ça fait tro mal.
Samedi 11 mai
Samedi de merde.
Dimanche 12 mai
Dimanche de merde.
Mercredi 15 mai
Aujourdui c’était les 13 ans de Julie, alor j’avais préparé un gouté a 4 heures, avant de repartir au boulo. Elle voulé pas tro, elle disait ça fait bébé, jai plus l’age mintenan. Je lui ai espliqué que c’était toujour importan de fêter son aniversaire, même si c’était pas come elle voulé. Elle a accepté mais elle a voulu juste la famille et sa copine Frédérique. Finalmen yen avait une autre, Sara, que je conaissais pas. Et puis Morgane avait invité Marjorie pour avoir sa copine come sa seur. Et puis bien sur Vivi et Adri. Dany a pas pu venir, il travaillé sur un chantier.
J’avais mis un texto a Florian, mon frère, pour lui demander si voulé venir. Il ma répondu : « T gentille Vic, sa me fé plaisir, mé j peu pas. Une autre foi. Fé un gbisou a Julie pour moi. Ton frère toubli pas ». Ouais, ça ma pas plu bocou, mais keske jy pouvé ? Ça ma fait repensé a la nuit qu’on avé passé et a ce qu’on avait fait. J’aime pas trop repensé a ça, je lai pas encore digéré je crois, j’arive pas a savoir si ça ma fait du bien ou pas.
Bref, j’avais fait un gateau et acheté des boujies, du coca, des chips et du ju d’orange. Come cadeau, jai doné a Julie un pantalon quelle m’avait montré dans une vitrine une fois, qui lui faisait tro envie. Il était plus en vitrine, mais il était encore dans le magasin. Sa seur lui avait acheté un porte clé avec un koala tro mignon, Marjorie lui a doné un tishirt très joli blanc avec des mini-perles en argent, ses copines sétaient mis a deux elles nous ont di et lui ont ofert un super sac a main qui fait pas tro femme, quelle poura prendre pour l’école mais aussi pour aler faire des courses ou se promener. Adri lui a aporté une plante, sa ma étoné son idée mais il avait l’air conten et Julie aussi. Elle a dit qu’elle alé prendre soin de la plante et s’en ocupé come un bébé. Et puis Vivi lui a doné une enveloppe avec 40 € dedans.
– Tes folle ! je mai exclamé a ma cousine. Cest bocou tro.
– On a pas tous les jours 13 ans. Et puis t’as rien à dire, c’est mon cadeau à Julie, ça te regarde pas.
Bref, elle a été très gatée et je suis été très contente pour elle.
– Tu vois que ça valait le cou, je lui ai di en rentrant du boulo a 8 heures et demie.
– Oui, merci Maman, elle ma répondu.
C’était bien aussi quand on sest assi tous autour de la table pour mangé le gateau. Elle a souflé les boujies on a chanté joyeux aniversaire, en anglais aussi mais moi jai jamai rien compri, et puis on a mangé. Le gateau a u du suxet, j’étais contente. Au chocolat, avec des Mnms dessu. Adri sest mi a raconté des blagues, on a pas pleuré. Même la Sara en a raconté après, elle a pas la langue dans sa poche cellela, et puis elle a pas l’air davoir peur des garçons. Faut voir come elle en parle… Faudra que je fasse atention ce que fait Julie avec elle, quelle la voye pas tro souven si cest possible.
On a rangé après, et Julie et ses copines ont demandé la permission d’aler a la galerie des Passages pour retrouver des amis. J’étais pas bien embalé, mais tout le monde était contre moi, alor jai di dacor cest son aniversaire. Mais retour a 19 heures, pour pas laisser sa seur seule tro lontan. Vivi ma aidé pour la vaisselle et le balai, ça été vite.
Je suis partie chez Delaunay come si jétais pompette, alor qui y’avait pas d’alcol. On se parle plus avec Frank depuis l’autre jour, mais on sest pas fait la geule aujourdui. Peutêtre ca va revenir come avant. Cest vrai qu’il a rien fait de mal, c moi qui a mal réagi. Cest toujour pareil, je suis tro sensible. Je suis scorpion pourtan, aniversaire en novembre, le 12, on ma di une fois que cétait un signe de gens avec du caractère, qui pique. Bizare. J’aimeré bien moi être plus dur, peutêtre ça viendra, je sais pas. Il faudrait que je conais mon acendan, il parait que sa conte.
Jeudi 16 mai
Aujourdui, on travail pas. Ça fait du bien dormir dacor, mais ça casse le ritme. Cest la Cension, il parait, quelque chose de la religion, mais je sais pas quoi. Je crois que ya pas bocou de monde qui sait, dailleur. Quand on leur done un jour de congé, les gens cherche pas a savoir, il prenne sans se poser de question, des fois qu’on leur enlèveré. Sauf que moi ça m’arange pas, parce que je vais être moins payé. Ils ont de la chance ceux qui ont toujour la même paye, tu travail tu travail pas, tes payé. Sa fait rêver. Il faut que j’arive a sa.
Vendredi 17 mai
C le pon. Les pon du mois de mai, persone fout rien au mois de mai. Quand on est payé, ça va. Hier je disé que je voulé une paye pareil chaque mois, et cest vrai je veu toujours sa, mais quelquefois, surtou quand je m’ennuie, je me dis j’aimeré bien avoir un comerce. Je pouré ouvrir tous les jours si je veu. Bien sur, faut un comerce qui marche, que les gens vienne et achète. Mais bon, yen a pas mal qui marche, canmême.
Keske je pouré vendre ? Des figurines peutêtre, non je rigole, enfin je rigole pas du tout, ça me reste en travert ce truc. Non, j’aimeré bien vendre du pain, oui boulangère jai toujour aimé, je crois surtou a cause de la bone odeur dans les boulangries, surtou quand le pain sore du four. Tro bon. Cest pas a Blanzey que jai aimé cet odeur, yavait pas de boulangrie dans ce trou, le pain la mère elle le prenait a la camionette de l’épicier qui passé. Ou quelquefois le dimanche le père alait le prendre a Ténot, la petite ville pas loin. Mais c’était toujour des tourtes énormes, qui senté rien du tout et dur come du bois. Apar dans la soupe, mais j’aimé pas la soupe, j’arivé pas a le manger, ça me cassait les dents.
Un autre métier qui me plairé, cest fleuriste, même si ji conais rien aux fleurs. Mais toutes ces couleurs, ces parfums, sa doit être agréable. Et puis les gens quand ils vienne dans un magasin de fleurs, ils sont contents, ils vont faire un cadeau a quelqu’un, un bouquet cest pour faire plaisir, une plante aussi. Ça me fait penser qui faut que j’aye voir la Tounette, ma vieille voisine de Grédon, adorable. Je lui aporteré des belles fleurs.
Samedi 18 mai
Le ton c bon, le pon c lon. Je suis con.
(à suivre)
Bonjour Pierre ,
j’avoue que j’ai mal aux yeux moi qui fait des fautes mais je reconnais que c’est excellent !!!!🤣 A bientôt
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Merci d’avoir fait l’effort ! À bientôt.
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ça fait longtemps que je l’ai pas dit alors je le dis : énorme !
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Heureux de revoir vos « énorme ». Merci Seb.
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