(environ 1 minute de lecture)
Bien sûr les souvenirs s’effacent
Ils s’atténuent quoi que l’on fasse.
Pourtant je reverrai toujours
L’appartement où nous vécûmes
Le meilleur de l’amour.
–––
Haut lieu des jours incandescents,
Cadre des moments indécents
C’était, ô trépidante crèche,
Devant les neiges de l’Atlas,
Les nuits de Marrakech.
–––
Tu ris devant ton blue tajine,
Tu luis dans le satin, divine,
Et nous tournons, nous dansons
Le temps ici n’existe plus
Nous buvons la potion.
–––
Nous avons manqué le hammam
Pour mieux demeurer homme et femme,
Vu la Koutoubia d’un peu loin ;
Nous ne pensions pas à sortir
Car nous étions trop bien.
–––
Avons-nous donné ou reçu ?
Du paradis eu l’aperçu ?
Nous avons osé l’impensable
Bâti de nos mains de nos mots
Une tour sur le sable.
–––
C’était avant la fête de l’aïd
Sous les auspices du caïd
Nous n’avions pas d’autre alibi
Pour vivre au 3 du boulevard
Abdelkrim (el) Khettabi.