(environ 15 minutes de lecture)
Je m’appelle Adèle Brémontier. J’ai eu 100 ans le 2 janvier 2100 (depuis la loi mondiale de simplification et d’harmonisation des noms et des prénoms du 22 juin 2069, mise à jour le 21 septembre 2083, il est possible et même recommandé de faire coïncider prénom et nom : on m’appelle donc souvent Brem Brémontier. Mais pour ce texte plus littéraire, j’ai décidé de conserver mon prénom de naissance).
Je suis née le 2 janvier 2000 en France, du temps où celle-ci était encore un État indépendant (ou qui croyait l’être). J’ai donc connu tout le XXIe siècle, et ce hasard du calendrier n’est pas pour rien dans cette réflexion que je vous propose sur les 100 années qui viennent de s’écouler.
Le XXIe siècle s’est achevé il y a 6 mois, puisque je rédige cet avant-propos en juillet 2100. Tout le texte ou presque de ces 4 quarts de siècle était rédigé avant 2100, puisque j’ai commencé mon travail en 2096. Mais j’ai tenu à attendre la fin effective du XXIe siècle et à prendre encore 6 mois pour avoir une vision d’ensemble des 100 dernières années et parachever mon œuvre. Bien sûr, je me suis du coup fait doubler par des petits malins qui ont publié avant moi, mais tant pis. J’ai confiance en la qualité de mon travail et espère qu’il attirera les humanos qui le souhaitent. Je n’ai jamais aimé les rétrospectives annuelles diffusées avant le 31 décembre, ou les bilans d’une action tirés avant que l’on ait pu en mesurer les effets.
La première raison de mon historique récit est l’envie de le réaliser, pour moi, pour le plaisir intellectuel. Je préfèrerais qu’il intéresse quelques autres personnes, c’est certain. Mais enfin il faudra du temps pour que les populations retrouvent une capacité d’attention pour les œuvres longues, vu la destruction de l’intelligence et de la concentration tout au long des 50 premières années du XXIe siècle, comme on le sait.
La deuxième raison de cette histoire est l’envie d’apporter, à celles et ceux qui en auront les capacités et la volonté, une contribution à la compréhension du monde. Je souhaite mettre à disposition une synthèse à la fois honnête et accessible. Pourquoi cette synthèse ? Pour éviter des souffrances, bien sûr. Pour que le XXIIe siècle soit un peu moins destructeur d’humanité que le XXIe. Au 1er janvier 2100, nous sommes 6,6 milliards d’habitants sur le sol et les océans de la planète terre, auxquels on doit ajouter les 140 millions de nomades interplanétaires. La diminution est nette depuis le pic effrayant à 10,1 milliards de 2049, et ce n’est pas un mal. Moins d’individus, c’est moins de guerres et moins de meurtres, car le partage des ressources est plus facile. Il n’empêche : le post-humain reste fortement marqué par la violence et l’animalité. Il importe donc de le guider. Une vue d’ensemble et néanmoins détaillée sur son passé peut l’aider à prendre conscience de certains mécanismes comportementaux, pour évoluer dans un sens plus paisible, plus responsable.
Car l’histoire permet de comprendre les enchainements, de distinguer les causes et les effets, de voir ce qui aurait pu être évité ainsi que ce qui aurait pu advenir, et au final de découvrir ce qui a changé ou ce qui n’a pas changé pendant le laps de temps observé. On a souvent l’impression que l’histoire fige, qu’elle est une question de dates et d’événements marquants. Et elle a longtemps été enseignée ainsi. Or, l’histoire est au contraire un mouvement perpétuel, une évolution. Elle nous montre aussi la largeur du champ des possibles. Je veux dire par là que, quand on observe une période, par exemple une décennie, avec quelques autres décennies de recul, on s’aperçoit que plusieurs directions auraient pu être prises. Or, une seule est advenue.
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Les forces réveillées de la nature
Le pourquoi des choses est fascinant. Soyons réalistes, modestes, et en même temps dédouanons l’homme de tous les maux. C’est souvent la nature qui commande, qui entraîne, qui oblige : en –75 000 (avant Jésus Christ) l’éruption du volcan indonésien Toba entraina un hiver de 10 ans, un refroidissement de 1000 ans et réduisit la population mondiale à quelques milliers de personnes en Afrique orientale ; en 536, l’éruption d’un autre volcan indonésien, le Krakatoa, en raison du nuage qu’elle créa entre le soleil et la terre, des problèmes physiques et économiques conséquents, anéantit un huitième de la population mondiale, qui passa de 400 à 350 millions d’unités. C’était finalement peu de choses par rapport aux années 1346-1352 de la grande peste noire, qui elle fit périr environ un tiers de l’humanité, 200 millions d’individus sur 600. Là, les caprices de la nature ont profondément modifié les sociétés humaines.
Même au cours de notre XXIe siècle, la nature a encore montré sa toute puissance :
– à travers les grandes épidémies. Celle du covid-19 bouleversa l’économie mondiale et tua 7 millions de personnes, le double si l’on compte le nombre de familles privées des moyens de subsistance du jour au lendemain et la sous-nutrition qui en a découlé. La pandémie dite des moustiques en anéantit 50 fois plus, soit 350 millions de morts piqués entre 2029 et 2035. Celle dite de la bactérie Z en tua elle 480 millions entre 2058 et 2062 ;
– ensuite, avec les tornades, cyclones et ouragans, qui prirent une autre dimension quand les vents se mirent à dépasser à peu près chaque année les 250 km/h et souvent les 300 km/h ici ou là. On sait que, à cause d’eux seulement, les États-Unis perdirent le quart de leur population entre 2040 et 2060 (le tremblement de terre « Big one » qui anéantit la Californie en mars 2053 a lui des origines plus lointaines, la bien connue faille de San Andreas) ;
– les problèmes liés à l’eau sont ceux qui furent les plus dévastateurs, avec ce terrible paradoxe que l’eau est à la fois très insuffisante par endroits et surabondante par ailleurs. La sécheresse a rendu la moitié de l’Afrique inhabitable, ce qui entraina des fuites logiques de population vers l’Europe, des guerres aux frontières et des combats intra-européens, aboutissant à la création quasi obligée de la Fédération Eurafricaine en vigueur aujourd’hui. L’augmentation du niveau des mers et les tsunamis ont eux décimé une bonne partie de l’Asie du Sud-Est, et rendu inhabitables la plupart des littoraux de cette région, entrainant d’innombrables conflits. La « grande marche vers le Nord » des années 2038–2044 est en bonne partie liée à l’eau. On sait aujourd’hui créer de l’eau et réguler l’eau, mais ce n’était pas le cas il y a encore deux décennies.
Ce sont donc souvent les éléments constitutifs de notre univers qui, lorsqu’ils se déchaînent, contraignent les habitants de la planète à bouger pour tenter de survivre.
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« L’homme est un loup pour l’homme »
Mais bien souvent, hélas, les hommes se font du mal tout seuls. Cette aptitude est peut-être même une spécificité d’Homo Sapiens : les autres espèces, même la nouvelle espèce humaine Homo Solae, ne sont pas caractérisées par cette tendance à l’autodestruction. À la fameuse question « Sont-ce les évènements qui font les hommes ou les hommes qui font les événements ? », je réponds que les hommes sont prépondérants. Plus précisément : les mots des hommes, du moins les mots des hommes qui parviennent à se faire entendre.
En effet, l’histoire, du XXIe mais aussi des siècles précédents, montre que ce sont les mots employés par certains qui ont petit à petit influencé les masses et donc poussé les auteurs des mots à traduire ces mots en actes, quand bien même ils, les hommes, n’avaient pas particulièrement envie d’en arriver là. Qu’on pense à la révolution française et au bonapartisme (4 millions de morts), aux Première et Deuxième Guerres mondiales (65 millions de morts), aux horreurs russes du triptyque Lénine-Staline-Poutine (95 millions de morts), à la guerre des sectes (évangélistes contre islamistes) de la décennie 2040 (120 millions de morts), et à tant d’autres cataclysmes : ce sont les outrances verbales des leaders les plus avides de pouvoir qui ont galvanisé des peuples crédules et irresponsables, les incitant à demander l’application effective de mesures radicales qui ne pouvaient que conduire à un déchainement de violence.
On peut ainsi distinguer les événements qui découlent de la nature, plus forte et préalable à l’homme (pour mémoire la terre existe depuis environ 4,5 milliards d’années, l’homme depuis à peu près 300 000), de ceux qui découlent de l’action humaine, Hitler, Poutine et leurs petites mains par exemple ; n’oublions pas « les petites mains », c’est-à-dire la lâcheté quand ce n’est pas la complicité des peuples, qui sans sourciller défendent l’indéfendable et commettent l’effroyable.
Une question se pose. Est-ce toujours le pire qui arrive ? En observant les faits, il ne me semble pas. On connait pourtant la fameuse « loi de Murphy », du nom de l’ingénieur américain qui avait davantage voulu faire un peu d’humour après l’échec d’une expérience que délivrer une vérité : « Tout ce qui est susceptible d’aller mal ira mal ». La formulation exacte n’étant pas connue, on en trouve aussi cette définition : « « S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie ». Est-ce vrai à l’échelle de l’histoire ?
Il est probable que pour les juifs européens du XXe siècle, c’est bien le pire qui advint pendant les années 1933–1945 : 6 millions d’entre eux furent exterminés, sur 9. Pour un Ukrainien du XXIe siècle, le pire s’appelait Poutine et c’est lui qui se déploya entre 2022 et 2025 : 180 000 tués, 200 000 enfants enlevés, 500 000 blessés graves, 12 millions de personnes déplacées, un quart du pays détruit. Pour les Pakistanais, le pire surgit en 2050 quand le chef de secte Ali Hussan Diware s’empara du pouvoir – alors que d’autres options étaient possibles – et déclencha l’atroce guerre civile qui allait décimer la population : 40 millions de morts, soit 17 % des habitants du pays. Etc.
Ce sont là des évaluations globales, des nombres collectifs, qui ne tiennent pas compte de la position de la personne victime de ces calamités. Je veux dire par là que le pire pour un individu n’est pas toujours le pire pour son voisin, et réciproquement. On peut avoir passé une bonne journée le jour d’une immense catastrophe…
On pourrait croire en lisant les paragraphes qui précédent que l’histoire est l’histoire des drames et des cataclysmes. Ce sont des marqueurs bien sûr, mais l’essentiel n’est pas là. L’histoire, c’est avant tout des inventions, des créations, des accords, qui entrainent des améliorations, des progrès, des changements. La meilleure preuve en est cette lumineuse division de l’histoire proposée par l’économiste américain Jeffrey D. Sachs (The Ages of Globalization, Columbia University Press, 2020), prouvant au passage que l’humanité a toujours été mondialisée. Jeffrey D. Sachs distinguait 7 âges :
– l’âge paléolithique de –70 000 à –10 000 : migrations par petits groupes, avec outils et savoirs ;
– l’âge néolithique : –10 000 à –3000 : débuts de l’agriculture et de l’élevage ;
– l’âge équestre : –3000 à –1000 : la domestication du cheval raccourcit les distances et facilite le travail ;
– l’âge classique : de –1000 à 1500 : émergence et compétition des empires ;
– l’âge océanique : de 1500 à 1800 : traversée des océans, brassage des populations sur tous les continents ;
– l’âge industriel : de 1800 à 2000 : accélération spectaculaire des découvertes scientifiques et des progrès technologiques ;
– l’âge numérique : de 2000 à … : ère des données.
Ainsi, l’histoire est la vie plus que la mort. Et c’est bien ce à quoi je souhaite réfléchir : comment la vie a-t-elle évolué au cours du XXIe siècle ? Comment les gens ont-ils vécu ? Pourquoi ont-ils choisi tel mode de vie plutôt que tel autre ?
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Comment raconter ?
J’ai hésité sur les modalités d’écriture. Depuis qu’intelligences humaine et artificielle sont fusionnées, la tendance naturelle de notre cerveau biologique à la paresse a augmenté. Et nombre d’individus vivent désormais la totalité de leur existence en s’en remettant aux puces et capteurs dont ils sont bardés. J’aurais pu, ainsi, donner des consignes précises de fond et de forme à mon IIC (intelligence individuelle combinée) pour obtenir une synthèse à la fois originale et présentable. Mais je n’aurais alors fait qu’ajouter un produit formaté aux stocks existants, sans intérêt pour la progression de l’humanité. J’ai donc pris le risque d’une réflexion humaine, non pas pour être originale à tout prix, mais parce qu’il me semble que nous avons besoin de regards personnels sur une période pour comprendre ce qui est advenu et appréhender ce qui va se passer.
C’est un risque parce que, en sortant des sentiers de la pensée balisés par nos artefacts technologiques, je vais détourner ou dérouter de potentiels lectauditeurs, qui ne sont déjà pas si nombreux. Rien n’est plus difficile, on le sait, que de capter l’attention des humanos, qui reçoivent des milliers de stimulations chaque jour et qui vont eux-mêmes en solliciter autant, en fonction de leurs aspirations, de leur culture, de leurs intérêts… Dans ce gigantesque maelström, est-ce qu’une synthèse de leur histoire collective sur le dernier siècle peut les captiver ?
Bien d’autres paramètres que le fond comptent, deux notamment : la manière, autrement dit le style, et la visibilité préalable, autrement dit la célébrité de l’auteur.e. Le style, c’est ma personnalité, mon expérience, ma recherche, mon regard. Je n’ai pas cherché à être ici autre chose que ce que je suis. De toute façon, si j’avais voulu être une autre que moi, je n’y serais pas arrivée, cela aurait sonné faux. Il n’empêche que, avec mon style, je vise à l’objectivité. Je tiens à cette notion. Tout n’est pas subjectif. À un moment donné, il y a une vérité, pas trente-six, pas deux. Les faits sont ce qu’ils sont. L’effet n’est pas la cause et la cause n’est pas l’effet. Le reliquat de Sapiens que je suis vise à la rationalité. Je suis une lointaine descendante d’Aristote, de Galilée, de Descartes, de Newton…
Quant à ma célébrité, elle est inexistante : je n’ai jamais été sous le feu des projecteurs et le grand public ne me connaît pas. Pour cette histoire cependant, j’ai pu intéresser un producteur (le métier d’éditeur est désormais englobé dans celui plus large de producteur culturel), pour présenter mon BMP (Book Movie Podcast), dont la sortie intercontinentale est prévue pour le 1er septembre 2100. Je peux espérer un lancement correct pour ce livre multimédia, une présence effective dans les vitrines physiques et numériques, des délais de fabrication-livraison instantanés ou dans l’heure, une couverture média acceptable, du moins en Eurafrique et en Amérique unifiée. Après, comme toujours, cela ne dépend plus de nous. Les yeux lisent ou pas, le livre touche ou pas, le bouche à oreille fonctionne ou pas (on remarquera que, même en ce début de XXIIe siècle, ce sont encore les sens de base de notre primo-humanité qui sont les principaux vecteurs de nos émotions partagées).
J’ai écrit ce texte à l’ancienne. Je veux dire que je l’ai tapé, pas dicté. Parce que j’aime ça, tout simplement. Cela vient sans doute de mon père, lui qui a tellement écrit, beaucoup publié, sans n’avoir jamais réussi à entrer dans le circuit des grandes maisons d’édition et à toucher les médias de masse. J’ai réalisé très tard, trop tard, combien il avait dû souffrir de cette injustice. Toutes ces histoires émouvantes et révélatrices que personne ou presque ne lisait (romans, polars, nouvelles, récits de vie, biographies…)… Comme cela a dû être dur. Ce récit écrit à la main est peut-être un hommage que je lui rends. J’ai d’ailleurs posé mon iMac2100 sur son bureau, que j’ai conservé ; Père a sans doute travaillé pas loin de 100 000 heures là-dessus (40 heures par semaine 50 semaines par an pendant 50 ans).
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Responsabilité d’une centenaire
J’ai abaissé les vitres comme chaque jour, mais il ne fait pas assez chaud à mon goût. Depuis que la température extérieure est modulée par l’Agence météorologique mondiale et que les saisons ont été supprimées, j’ai du mal à trouver mes paramètres idéaux. Certes, mes vêtements fibertronics et la domotique de mon espace personnel me permettent les réglages les plus fins ; il n’empêche, je frissonne souvent. L’averse programmée à 18 heures, pour une durée de 37 minutes à densité moyenne, me fera sans doute du bien ; je me sens souvent mieux après le passage de la pluie. Les hélicoptères mono et bi-places circulent à hauteur réglementaire, mais ils ne font pas de bruit, autre avantage de l’énergie solaire que l’on sait maintenant capter et convertir : infinie, elle est également silencieuse.
Je dois m’y résoudre : je vieillis. Je n’ai pourtant que 100 ans, d’où ce texte je vais y venir, mais l’usure est là. 6 de mes organes de naissance ont disparu, 3 ont été retirés en raison de tumeurs carcinomiques (rein gauche, utérus, vésicule), 3 ont été remplacés en raison de dysfonctionnement congénital (intestin) ou de nouvelles tumeurs malignes (estomac, poumon gauche). Je vis correctement malgré ces ablations et insertions, mais je suis tout de même plus fragile. D’autant que les suppléments que je dois ingérer pour compenser les manques ou supporter les prothèses fatiguent mon métabolisme. Surtout, les muscles et les cartilages, même nettoyés, n’ont plus la force et la souplesse de leurs débuts. N’oublions pas que, pendant mes cinquante premières années, de 2000 à 2050, je n’ai été ni compensée, ni augmentée ; cela n’existait pas.
Aujourd’hui, mes puces intracorporelles adaptent mon rythme cardiaque, ma température, ma sécrétion d’hormones essentielles, et signalent tout dysfonctionnement nécessitant une intervention de ma part, ou de la part d’un auxiliaire médical. On se demande comment on pouvait vivre sans. D’une manière générale il est vrai, on vivait de manière très limitée, approximative : la vie était une succession de fautes et de maladresses qui aboutissait rarement à quelque chose d’utile et de productif. Sans parler du bonheur, notion récurrente dans le philosophie humaine, mais dont on ne s’est guère soucié dans les faits avant la fin du XXe siècle, et si mal.
Ce qui me frappe avec le recul, c’est la dissociation qui régnait au début du millénaire : on distinguait travail et loisirs, on distinguait même semaine et week-end, on distinguait santé et maladie, garçons et filles, nationaux et étrangers, intelligence humaine et intelligence artificielle… Nous avons du mal à le concevoir, et pourtant. Nous ne sommes pas encore parvenus à la fin de l’ego – rares sont ceux qui savent se considérer comme partie d’un tout et ne pas se soucier de leur destinée individuelle –, mais au moins savons-nous, en 2100, faire un peu moins cas de nos désirs particuliers contrevenant à l’intérêt général.
Nous légiférons moins, enfin. La responsabilité de l’être a retrouvé droit de cité. Celle ou celui qui commet intentionnellement une faute, qui abîme ou supprime la vie d’un autre être, est puni d’un prix au moins équivalent ; il en aura fallu du temps pour arriver à ce principe simple et juste. Quels progrès depuis ! L’abolition de la peine de mort était une belle idée, son promoteur Robert Badinter était un grand homme, mais elle exigeait une civilisation qui n’est plus, si elle a jamais été.
Voilà en quelques mots ce que je voulais signaler dans cette introduction. Il me reste à annoncer la structure principale de mon plan :
– Première partie 2000 – 2024 : Naissance de la post-humanité ;
– Deuxième partie 2025 – 2049 : Les drames de la surpopulation ;
– Troisième partie 2050 – 2074 : La reconfiguration des organisations terrestres ;
– Quatrième partie 2075 – 2099 : La fusion du réel et du virtuel.
Chacune de ces parties sera divisée en quatre chapitres, eux-mêmes divisés en quatre sous-chapitres. Chaque chapitre ou sous-chapitre pourra être prolongé, selon le choix du lectauditeur, par des plongées en réalité augmentée en fonction des options choisies sur les sélectionneurs de contenus de son casque ou de ses lunettes.
Bonne promenade dans le XXIe et bon XXIIe siècle à tou.te.s.
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Publications du début de Une histoire du XXIe siècle sur www.desvies.art :
– vendredi 13 septembre : Introduction – Mon regard en 2100
– vendredi 20 septembre : Première partie (2000-2024) – Naissance de la post-humanité. Chapitre 1 – La numérisation du monde
– Vendredi 27 septembre : Première partie (2000-2024) – Naissance de la post-humanité. Chapitre 2 – Le corps humain tiraillé par des injonctions contradictoires
– Vendredi 11 octobre : Première partie (2000-2024) – Naissance de la post-humanité. Chapitre 3 – Les attaques contre la démocratie
– Vendredi 25 octobre : Première partie (2000-2024) – Naissance de la post-humanité. Chapitre 4 – Les perturbations de la terre et du ciel
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– Premier trimestre 2025 : Deuxième partie (2025 – 2049) : Les drames de la surpopulation
Quel plaisir de lire ce texte. Un regard sur le futur a méditer. Du grand Pierre yves! Laurette
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C’est fort. Belle capacité d’analyse. La suite promet. On l’attend avec impatience. Merci. MP
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On attend la suite de cette série prometteuse, avec un premier épisode qui attire l’attention de l’humain des années 2020 que je suis et qui est encore un peu capable de se concentrer quelques minutes.
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Très fort ! Ça fout les chochottes ! J’ai un peu peur de la suite !
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