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Jeudi 25 avril
Je suis été au rendévous de la CAF, avec Morgane puisque cest les vacances de Paque. Pendan quon marché, Morgane ma di :
– On na pas u d’eufs de paque.
Mince, pourquoi elle i pense mintenan ? Je m’étais di j’espère elle vont pas s’en apercevoir.
– C’était dimanche davant. Cest passé mintenan.
– Je veu un œuf.
– Tu aura un œuf, mais un vrai, a la coque, pas en chocolat.
– Alor je veux une poule. En chocolat.
– Arête avec ça.
– Cest pas juste.
– La vie est pas juste quand on est pauvre.
C’était plin de monde a la CAF, mais jai vu un monsieur qui travaillé la, jai di que javais rendévous, jai montré mon papier, il ma di suivé moi et jai pas u besoin de faire la qeu. On a canmême atendu dans une petite salle, mais pas tro lontan.
Une dame est venu nous cherché, je la conaissais pas. Elles nous a fait assoir dans son bureau, elle a fait un complimen à Morgane, lui a doné une feuille et un crayon et un dossier pour s’apuyer si elle voulé dessiné. Jai di a Morgane de dire merci, heuresment elle a fait.
– C’est justement au sujet des vacances des enfants, Madame Semos, que j’ai des choses intéressantes à vous proposer.
– Ah…
– Oui, à la suite de votre demande, j’ai regardé votre dossier. Pour les prestations, on est au maximum de ce qu’on peut vous verser : vous bénéficiez des allocations familiales pour vos deux filles, et de l’ASF, l’allocation de soutien familial. Vous savez, on appelle ça quelquefois parent isolé…
– Oui, cest quand on est une femme seule…
– Cest ça. Ou un homme seul avec enfants…
– Ça doi être rare.
– C’est moins fréquent, c’est vrai. Donc vous touchez l’ASF, ce qui est normal, et puis l’allocation de logement familal, l’ALF, qui vous permet de réduire votre loyer. Sur 480 €, on en prend 240 en charge.
– Heuresment…
– Je vous comprends. Donc, au niveau allocations, on est au maximum. Par contre, je peux vous proposer une prise en charge d’une partie des vacances de vos enfants.
– Une prisencharge ? Excusémoi…
– Cest-à-dire que la CAF peut financer certaines activités de loisirs, cet été.
– Ah… Et cest quoi ?
– Alors, ça dépend de l’âge. Vous avez deux filles, je crois. Quel âge ont-elles ?
– Julie va avoir 13 ans, le 15 mai, et Morgane va avoir 9 ans, le 6 juillet.
– Bon, eh bien pour la grande, on peut lui prendre en charge 75 % d’un camp de 15 jours, au bord de l’océan.
– L’océan… La mer ? Au bord de la mer ?
– Oui, nous avons un partenariat avec la ville, qui gère un centre là-bas. C’est come une grande maison, avec un parc. Les enfants dorment dans des dortoirs, sous la tente parfois, et ils font des tas d’activités : natation, voile, surf, pêche, etc.
– Mais… 75 %, ça fait combien ?
– Ça dépend du coût, mais en gros ces séjours coûtent entre 800 et 1000 € par enfant. Ça veut dire qu’il vous reste 200 € à payer pour deux semaines. C’est pas plus cher que si elle était chez vous à la maison.
– 200 euros ?…
– Oui, tout compris, transport, assurance, le lit, le couvert et toutes les activités. Réfléchissez-y quelques jours, parlez-en avec elle.
– Et ce serait quand ?
– On a trois séjours : 15 – 31 juillet, 1er août 15 août, 16 août 31 août.
– Faut que je choisi entre ces trois ?
– Oui. Sans tarder si possible, car ça se remplit très vite.
– Dacor.
– Et pour la plus jeune, qui a l’air de bien aimer dessiner, hein Morgane ?… Nous pouvons prendre en charge, financer si vous voulez, un mois de centre de loisirs.
– Le centre de loisirs, cest ça qui font a la plaine des jeux, dans la maison en bois ?
– C’est ça. Les enfants sont accueillis chaque jour de 8 h 30 à 17 h 30. Les mercredis, pendant les vacances scolaires et pendant les grandes vacances. On leur propose des activités variées, de plein air, de travaux manuels. L’été, ils font pas mal de sorties, au lac, en forêt, ils vont quelquefois camper.
– Oula… Jai peur sa lui fasse peur. Elle est timide, elle a pas l’habitude…
– Ne vous inquiétez pas, c’est vous qui déciderez. Vous pourrez essayer quelques jours et puis vous verrez si elle se plaît. Mais je ne me fais pas de soucis. Il y a de bons animateurs, qui savent mettre en confiance les enfants. C’est long deux mois sans école pour des enfants, et c’est encore plus long s’ils restent seuls et qu’ils s’ennuient.
Je mai demandé si elle me critiqué la, mais je crois pas. Morgane dessiné, je croyé quelle comprenait pas qu’on parlé d’elle et puis elle a di :
– J’iré aux loisirs que si Marjorie est avec moi.
Même la dame de la CAF a été surprise.
– C’est ton amie, Marjorie ?
– Cest ma copine.
– C’est une bonne idée de demander à Marjorie de venir avec toi, si vos mamans sont d’accord. Et même si elle peut pas venir, tu te feras plein d’autres copines, tu verras.
– Je veux Marjorie.
– On lui demandera, jai di.
La dame ma doné des papiers a remplir, pour Julie et pour Morgane. Come je faisé une drole de tête en voyant toute ces lignes, elle ma espliqué des choses, et elle a même rempli des endrois a ma place. Je préfère. Mais elle ma bien di tan que jai pas renvoyé signé – ou reposé dans la boite de la CAF dans une envelope – je peu encore dire non. Cest vrai que cest intéressant, mais j’hésite, elles sont jamai parti, et puis eske cest bien fréquenté ces centres, je me méfi.
Vendredi 26 avril
Je comence en avoir mare de tous ces paprasses. La vocate ma téléphoné pour savoir si j’avais apelé la sistante sociale pour la procédure pour la pension du père de Morgane. Mince j’avais oublié. Toute fasson je suis sur sa marchera pas. Faut pas réver, les hommes il peuve faire ce qui veule. Je suis pas la seule, jen conais d’autres, ya pas bocou de femmes qui ressoive une pension. Ça devré être obligatoire, a partir du momen ou on les a pas pri en trêtre. Lui, je lé pas pri en trêtre, cest sur. Il avé déja une fille pourtan, et il vivé encore avec la mère, mais il voulé un enfant avec moi. Ou pluto, je mai rendu conte après mais c’était tro tar, il voulé un garçon. Si Morgane auré été un garçon, sa auré changé les choses je pense. Il se seré intéressé et il nous auré aidé. Mais quand il a su que c’était une fille, il sest éloinié. Je lui ai pas di pourtan quand je lai apri, a l’écografie. Mais justement come je voulé pas le dire alor il a deviné. Et puis après la naissance bien sur… Il était pas la quand jai acouché. Il ma di : « Je peux pas, tu comprens, ma femme, ma fille, elles l’apprendraient… ». Oui, oui, je compren. Après je lai presque plus revu. Au débu je l’apelé un peu, il venait de tansantan, il a acheté quelques tenues, un oché, et puis plus rien. Heuresment j’habitais a Grédon a cette époque, un vilage. Julie alait a la maternelle pas loin, j’avais la sistante sociale – c’était pas Anne-Marie au débu, je me souviens plus du nom –, et puis la voisine, Tounette, une vieille dame adorable, keske j’aimeré bien la revoir ! Bref, je travaillé pas, j’avais le rmi, je m’en sortais, je payais presque pas de loyer et je faisé atention a ce que j’acheté. Pour la nouriture, la Tounette me doné plin de choses. Je crois quelle ma doné de la soupe pandan trois ans. « Pour vos petites quelle disait, et pous vous aussi. Vous êtes pas bien costaud, té ! ». Elle me gardait Julie aussi, quand j’avais besoin. Je voyé pas bocou Vivi a l’époque, on été faché.
Je sé pas pourcoi je repense a tout ça, cest pas bon, il faut avancé, pas se tourné en arière.
Samedi 27 avril
Le distributeur ma mangé ma carte ! Sa devé arivé. J’avais consulté le conte et jai vu que la paye était pas tombée. M. Sauvade ma di qui falait regardé la dernière ligne, qui s’apel le solde. Ce matin c’était – 337 €. Cest bête que y’avait le petit trait avant le 337… Normalmen, jai pas droi a plus de 200 euros découvert. Mais il me resté que 4 euros, j’avais plus que 5 cigarettes et pas assez a mangé pour le ouiken. Je mé di tanpi, je pren 20 euros, jai déja dépassé la limite, ma carte a pas été mangé, peutêtre je peu encore. Et ben non. Gloups, elle est pas ressortie. Jai apuyé sur tous les boutons, Morgane voulé des esplications bien sur, et je sé pas pourcoi je mai mis a rigolé come une malade. C’était nerveu je pense. Jai continué a taper sur les boutons, jusqua que je me souviens des caméras au-dessu et qui falait que jarête de faire la con. Bien sur, ce Crédi agricol est fermé le samedi, donc je pouré pas la récupérer avant lundi.
Bon donc 4 euros en poche samedi à 10 heures, presque plus de cigarettes et plus rien a manger a par pour midi. Première solution que jai vu : Julie. La petite avait plus rien je sais, mais la grande souven elle économise. Je lui ai espliqué en rentran que ma carte s’était fait avalé et si elle pouvait me dépané jusqua lundi.
– Oh non ! Jai que 10 €… Et je voulé acheté un gilet à la friperie cette aprem…
– Ça peu atendre lundi.
– Mais il va être parti, sûr ! C’est le nouveau magasin dans la rue de la République… On y va avec Frédérique.
– Écoute, lundi je te ren 12 €.
– Et toi tu vas t’acheter des cigarettes aujourd’hui…
– Cest vrai. Mais a manger surtou. Je sais que cest pas bien de fumé. Mais si je fume pas, je tien pas.
– Qu’est-ce que t’en sais ? Cest dans ta tête, ça…
– Peutêtre, mais cest important, la tête…
– Le ventre cest encore plus important. Les poumons aussi…
– Mais !… Dis donc…
Elle ma sié ! Je me demandé ou elle avait apri a parler come ça. Depuis quelque tan elle me répon, jai remarqué. La, elle faisé for, je trouve. Et puis très calme, cest peutêtre ce qui ma le plus surpi, je pense mintenan. Bon, enfin elle ma tendu le billet. Jai pris le billet et elle est tout de suite retournée dans sa chambre. Alor je lai suivie, je mai aproché d’elle, je lui ai fait un gros bisou et je lui ai di :
– Merci ma fille. On va sen sortir tu verra. J’espère les figurines vont ariver. Avec toi qui les fais si bien, je suis sur que ça va marcher.
Elle a rien di, elle sortait des afaires de son sac d’école, et je mai di mince, elle va se mettre a travailler en plus ? Mais coment sa se fait quelle est si sérieuse d’un cou ? Elle avait grandi et javais pas vu ou quoi ? Je suis sortie parce que bien sur jai senti les larmes qui arrivé dans mes yeux, moi je change pas.
Bon mais 10 euros, ça sufisait pas. 10 euros, moins 8 euros de cigarettes plus les 5 qui me reste ça fait 7 euros. Cest pas sufisan pour aler a Lidel et acheter ce qui faut pour le ouiken. Il me restait Vivi, mais je voulé pas. Elle alait encore me faire des remarques sur les cigarettes ou même des reproches sur ma vie. Alor jai pensé a Adrien. Il aimait bien venir me voir seul quelquefois, il pouvait me parler de sa mère, ça resté entre nous, on avait nos secrets. Moins mintenan, mais je sais que je pouvé l’apelé et qui viendré. Le problème cest que c’était urgent.
Je lui ai écrit un texto : « Bonjour Adri, cest Tatie. Je mai fait mangé ma carte bleue. Tu peu me prêter 20 € ? Je te les ren la semaine prochaine. Si tu peu passé avant 4 heures ça m’arange, faut que jaille a Lidel avant ce soir. Et si ça peu rester entre nous, ça m’arange aussi. GBisous, Vic ».
A midi, il m’avé pas répondu. Peutêtre il avait pas 20 €. On a mangé 2 tranches de jambon (jen ai pas pris mais les filles ont voulu me doné un bou chacune du leur), jai fait des pates avec, et puis un yaourt, des mandarines presque pouries. Et du pin de mie.
Après le déjeuner, toujour pas de nouvelles de mon neveu. Je comencé a calculer quoi acheté a mangé avec 7 euros jusqua lundi. Julie est partie retrouvé Frédérique. Morgane a fait un caprice parce quelle voulait alé voir sa copine a elle, Marjorie, mais c’était pas prévu et je voulé pas demandé a la mère, de toute fasson je pouvé pas l’apeler j’avais plus qu’une minute de téléphone. Elle a fait des dessins sur la table, avec son cadeau de Noel, quelle avait pas bocou utilisé finalment.
A 2 heures et demi, cou de sonette. Morgane a foncé sur le balcon.
– Cest Adrien ! elle a crié.
– Dis lui qui monte, cest ouvert.
2 minutes après il était la, avec un beau blouson noir, un peu craqué come j’aime. Il ma fait la bise mais il disait rien, alor jai demandé :
– Tas u mon message ?
– Non, il a fait, quel message ? Je passais juste faire un petit coucou parce que je vais chez un copain dans la rue à côté.
– Ta pas u mon message ? Mince alor…
Y’avait Morgane et je voulais pas quelle entende, après elle alait répéter ça un jour, sur, et ça pouvait faire des histoires.
– Bon, tu veu boire un café ? jai di.
– Allez, vite fait, il a répondu.
– Viens a la cusine ça sera plus pratique. Morgane, continue tes dessins, faut que je parle avec Adri.
– Moi aussi, je veu parler avec Adri.
– Après.
– Tu sais quoi ? a di mon neveu. Si tu me faisais un dessin, pour moi, pandan que je bois mon café, et puis tu me le montres après ? D’accord ?
– Tu veu quoi come dessin ?
– Euh… Une moto. Moi sur une moto, d’accord ?
– Jen ai jamai fait.
– Essaye, je suis sûr que tu vas y arriver.
Ça a marché. La petite est retourné dans le séjour pour dessiner et on est entré à la cuisine pour boire le café. Il s’est assis, je me suis tourné pour atraper les tasses et la cafetière. Quand je mai retourné, keske je vois sur la table : un billet de 20 € !
– Mais !… Tu… T’es con !
– J’y suis pour rien, t’as laissé un billet de 20 € sur la table.
– Arête. Tes adorable, merci merci !
Jai posé les tasses, jai pris le billet que jai mi dans ma poche, et je me suis aproché de lui pour lui faire un bisou.
– Cest rare que je fais un bisou a un homme quand cest pas pour lui dire bonjour.
– Jai de la chance, alors ?
– Oh, cest pas une grande chance.
– Dis pas ça, Tatie. Tes jolie et gentille, et bosseuse. Ça serait une chance pour un homme d’être avec toi. Penses-y.
– Offf…
Au bou de dix minutes, Morgane est venue nous montré son dessin. On a rigolé : y’avait des roues toutes minces, come un vélo, et un gros moteur, come celui d’une voiture. Et un mec avec des jambes immenses et tordues dessu, qui tenait come y pouvait.
– Ben dis donc, ça c’est de la moto ! Je veux la même !
– Cest pour toi, a di Morgane.
– Merci, a di Adri et il lui a fait un gros bisou.
Quand il est parti, on a vite été au tabac et a Lidel, et jai pu acheter ce qui falait. Ouf. Merci Julie, Merci Adri.
Dimanche 28 avril
Dimanche, le pir jour de la semaine.
Lundi 29 avril
Aujourdui c’était la reprise, ouf. A la cantine, jai montré mon CV a Pat, cest elle qui m’avé parlé des estras.
– Super ! Va te présenter chez des traiteurs, tu essaye de discuter avec eux et tu leur laisse.
– Mais jai jamai fait de service pour un repas ou une réception !
– Non, mais tu sers tous les jours 150 gamins ! Ça te fait une bonne expérience.
– Tu crois ?
Elle y croyait, moi pas tro. Bon mais j’iré, elle ma indiqué des noms et rues ou ya des traiteurs, j’iré voir dans la semaine.
Jeudi 2 mai
Il est arivé quelque chose d’incroyable. A 9 heures et demi, cou de sonette. En bas c’était fermé et come ya pas d’interfone je peu pas ouvrir, il a falu que je décende. Dabor je suis été sur le balcon et jai regardé en bas. Jai aperçu quelqu’un, jai crié « Keske cé ? ». Un mec a levé la tête, je voyais pas bien, il a di :
– Cest Florian !
Florian ? Ça se pouvé pas.
– Je conais pas de Florian, jai répondu.
– Ah ben ça fait plaisir ! Ton frère vien te voir et tu dis que tu le coné pas !
Je comprenais pas ce qui se passé, mais mon cœur sait mi a batre très fort.
– Oh, tu m’ouvre Victoria ou je défonce la porte !
Jai u peur, pourtan je crois que jai reconu sa voi. Peutêtre c’était vrai.
– Cest Florian… mon frère ?
– Ben oui, ton frère, banane ! Ouvre et tu me reconnaitra, tu verra.
Jai u encore plus peur. J’entendé mon cœur batre dans mon cœur. Je comprenais pas ce qui m’arivé. Il a soné plin de fois, les filles se sont inquiété.
– Qui c’est ?
– Je crois que cest mon frère.
– Le vrai ? a demandé Morgane.
– Qu’est-ce qu’il veut ? a demandé Julie.
– Je sais pas.
– Il faut lui ouvrir, a di Morgane.
– Je décens, bouger pas d’ici.
Jai mi un gilet et jai décendu. Il sonait encore cet imbécile, il alait me faire remarqué, j’aime pas ça. Jai ouvert la porte en bas.
– Ah ben canmême ! il a di, et il est entré en me poussant pour pouvoir passé.
Je le regardais, il était grand, je tremblais, il souriait come si c’était un ami qui me faisait une blague.
– Tu m’embrasse pas ? il a di. Après tout ce tan ?
Il ma atrapé par les épaules, et il ma embrassé. J’arivé pas a parler. Je le reconaissé, mais j’étais toujours pas sur, je crois. Je comprené pas coment il avait fait pour ariver la. Et pourcoi.
– Mais keske tu fous la ?
– Ben tu vois, je suis venu te voir.
Come si c’était normal de passer voir sa seur sans prévenir après avoir disparu presque 10 ans !
– Allez, laisse-moi monté, je reste une heure pas plus.
Il gigoté, il bougé tout le tan. J’hésité.
– Bon, je te paye un café, mais je peu pas te garder couché. Cest petit chez moi et jai mes deux filles. Et je me lève to le matin.
– T’inquiète. Ta deux filles ? Je croyais qu’une.
– Ben tu retarde.
On est monté, j’étais énervé. C’était pas poli ce qui faisait, pas poli du tout. Et puis les filles elles sont pas grandes, ça va les perturber. Il auré au moin du me prévenir, pour quon est le tan de se préparé.
Quand on est entré, jai di aux filles :
– Cest mon frère, il s’apel Florian. Dite lui bonjour et après alé vous coucher. Morgane tu devré déja être dans ton lit.
Julie était un peu gênée parce quelle était avec son calesson et son grand tishirt qui lui fait chemise de nuit, Morgane avait son pijama de bébé. Florian sest baissé pour leur faire deux bises.
– Alor vous vous appelez coment ?
– Morgane.
– Julie.
– Et toi ?
– Florian.
– Et t’habite ou ?
– Oh… ça dépen.
– Bon, les filles, alez vous lavé les dents et vous couchez. Faut que je parle avec mon frère. Julie pas de téléphone. Je vous réveille demin a 7 heures.
Elles ont pas osé posé des questions, mais je voyais bien que ça les étoné ce mec qui débarquait come ça. Et qui savait même pas dire ou il habitait ! Je les compren, même moi j’étais chanboulé. On est resté dans le couloir tous les deux quelques secondes, je le regardais jen revenais pas.
– Ji crois pas… Mais keske ta fabriqué ? Ta grandi, non ?
Il était plus plus grand que je me souvené. Son visage était assé mince, assé jeune. Il avait des joues creuses, pas très bien rasé, des cheveux très noir en arière, et des yeux noir aussi. Cest drole, moi je suis petite et ronde, lui il est grand et mince. Mais il fait très espagnol aussi.
– Bon, viens boire un café.
Mais avant quon bouge il ma atrapé par le bras et il ma di :
– Ta changé, dis donc…
– Ben keske tu crois ?…
Peutêtre qui auré falu que je me mette dans ses bras a ce moment, surmen même, mais je sais pas faire ça. Et puis mince, cest pas possible avec quelqu’un qui a disparu si lontan, cest come un étranger.
Jai souri, un peu coincée, et puis je l’ai entrainé au salon. Jai baissé le son de la télé.
– Tu regardais un film ?
– Une série. Cest pas grave.
– T’habite là depuis lontan ?
– Depuis 3 ans.
– Avant, t’étais ou ?
– Dans une petite maison, de l’autre coté de la ville, mais ça a duré qu’un an. Avant j’étais a Grédon. Tu conais ?
– Je conais pas, mais tu m’avais di que tu habitais laba, quand on sest vu a Limoge.
– C’était ya combien de tan, Limoge ?
– 6 ou 7 ans, peutêtre. T’étais venue passé une journée.
– Oui… Au moins 7 ans, Morgane était toute petite. Vivi m’avait gardé les filles pour la journée.
– Peutêtre.
– Sur. Tu travaillais dans une casse de voiture.
Je lai fait assoir dans le canapé. Ça a grincé quand il sest assis.
– Le canapé est un peu fatigué, jai di.
– Je vois. Tu travailles ?
– Je fais 20 heures dans une cantine, 3 heures dans un gymnase, et 2 heures de ménage le soir chez Delaunay.
Je m’ai assis dans le fauteuil, aussi pouri que le canapé.
– Et toi, tu travaille toujour dans ta casse ?
– Non.
– Tu travaille ou ?
– Je travaille pas.
La manière qui ma di ça ma paru louche.
– Tes pas retourné en…
Jai pas fini ma question. Il a relevé la tête qui avait un peu baissé et il a essayé de me regarder dans les yeux et il a di :
– Si, ji suis retourné. 4 ans.
– 4 ans !?…
– Oui… Je suis sorti il y a trois semaines.
Mon cœur sest mis a batre come un fou :
– 4 ans ! Mon Dieu Florian, mais keske ta encore fait ?
– Une conerie, je me suis laissé entrainé… Jai pris pour les autres.
– Ta pas tué quelqu’un ?
– Mais non. On trafiquait des bagnoles, on récupérait, on revendait… Rien de bien méchant, mais ça a mal tourné…
– Évidament que ça a mal tourné ! Quand on fait des mauvaises choses ça tourne mal. Toujour !
– Oui, bon. On a pas toujour le choix.
– Ta pas tué un homme, cest vrai ?
– Oh, du calme. Je suis pas un criminel.
– J’espère, Florian, j’espère. Sinon tu pare de cette apartement. Je veu pas d’un criminel ici. Même si cest mon frère.
– Jai tué personne. Et soi gentille avec ton frère, s’il te plaît. T’auré pas quelque chose a boire ?
– Jai que café, ou jus d’orange, ou coca.
– Ta pas un petit alcool ?
– Non.
Il resté un peu de Martini, mais je voulé pas le sortir. J’en avais plus bocou, c’était tar, et puis je me méfiais, l’alcol pouvé le rendre violent, c’est un bandi qui était la, mon frère dacor, mais un délincan. Il a pris un café, jen ai pris un avec lui. Il ma taxé une cigarette, quon a été fumé sur le balcon. Il faisait a peine nuit, c’était le printan, les jours ralongé, il y avait une belle lumière, et encore des voitures qui roulé sur le boulvar, jaime bien entendre ce bruit un peu loin mais près en même tan. Enfin ça dépen des soirs.
– Ta jamai pensé a sauter d’ici ? il ma di.
Je mai reculé d’un cou. Come si ça m’avé bruler.
– Tes pas un peu malade ! Pourquoi tu di ça ?
– Ben, je sais pas. La vie est pas drole, si ?…
– Non, la vie est pas drole, cest sur. Cest pas une raison pour se foutre en l’air. Surtou quand on a deux enfants. Ça te rapel rien les gens qui abandonne leurs enfants ?…
La, jai vu une grimace sur sa bouche. Et tout de suite jai revu mon cochmar, quand notre mère nous abandoné devant le palé de justisse. Les marches, la camionette avec l’homme dedan, Florian qui coure après… Cest bizare parce que a ce moment la il a di :
– Le palais de l’injustisse, pluto.
– Oui.
On a tiré sur nos cigarettes, lui il avait les coudes sur le rebor, moi juste une main. On pensé surmen la même chose, on se taisé un moment. Après jai redemandé :
– Tu i pense toi, sauter d’un balcon ?
Il a atendu un peu avant de répondre, et puis :
– Oui, quelquefois.
Cest moi qui a seré son bras.
– Fais pas ça. Tes pas vieux.
– Cest ça le problème : jai 35 ans, donc je suis pas vieu, donc jai encore lontan a vivre.
– Ta plus envie de vivre ?
– Jai plus envie de galérer, de faire des boulos de chiotes, de me conduire mal parce que je traine avec des conars, de pas trouver de femme gentille.
– Ya pas des momens dans ta vie ou ta été heureux ?
– Si, mais bon. Cest telmen rare, telmen cour parapor aux momens ou jai soufert…
– Oui… Je peu pas dire le contraire, je pense la même chose.
On a jeté nos clopes qui sont tombé dans la rue, en bas. Je voulais pas rester la mintenan, il m’avait angoissé avec son histoire de sauter du balcon.
– Viens, on rentre, il comence a faire froid.
Il a accepté et jai fermé la porte fenêtre.
– Assitoi, je vais voir si les filles font pas de bêtises et sont couchées.
– Elles sont jolies, tes petites.
– Jolies, mais pas faciles.
– Je me doute.
Dans la chambre, elles étaient couchées, mais c’était pas encore étin. Morgane parlait avec son ours en peluche et Julie avec son téléphone.
– Julie, keske jai di : pas de téléphone dans le lit.
– Mais quoi ? Ya quelqu’un qui débarque, soidisant c’est ton frère, et hop tu nous envois au lit come ça !
– Kesque tu veu que ji fasse ? Je pouvé pas prévoir.
– Maman, je savé pas que t’avé un frère, a di Morgane. Pourquoi on le voi jamai ?
– On le voit pas bocou, parce que il habite pas ici. Et puis on a été séparé quand on été petits. Je vous avez di que moi jai pas été élevé par mes vrais parents, et Florian non plus.
– Pourcoi ?
– Morgane, arête de dire pourcoi, cest compliqué ça se raconte pas en cinq minutes.
– Il va dormir ici ? a demandé Julie, sans arêté de regardé son téléphone.
– Non, il va rentrer chez lui. Alé, on dore. Julie, done moi ce téléphone.
– Attends…
– Non j’aten pas. Done !
Elle me la pas doné, mais elle la étin et posé sur sa table. Je leur ai fait un bisou a toutes les deux et jai quité la chambre en étainiant les lampes et en fermant la porte.
Florian était dans le salon, il regardé la télé.
– Elles sont couchées ? il ma demandé.
– Oui, cest déja dix heures, il faut quelle dorme.
– Elles sont en quelle classe ?
– Julie en 5e et Morgane en CE2.
– Elles travail bien ?
– Julie moyen. Pourtan elle a des capacités. Morgane elle s’aplique, mais elle va pas très vite. Il lui faut du tan.
– Elle et encore petite.
– Oui…
– Tu veu avoir un autre enfant ?
– Tes pas fou ? Cest déja assez dificile come ça. Et puis je voi pas bien qui seré le père.
– Ta pas de petit ami ?
– Mais de quoi je me mêle ? jai di en lui tapant sur le bras.
– Je suis ton frère, canmême.
– Ah ben tu parle ! Un frère qui te laisse tomber pandan des années, plusieurs fois…
Il a souri un peu triste et jai un peu regretté ma parole, mais cest vrai canmême.
– Tu sais ou j’étais. Je pouvais pas venir.
– Ta pas toujour été en prison. Et tu pouvais prévenir. Je seré venue te voir, moi.
– Cest pas un endroit pour une femme, tu sais.
– Ça t’auré pas fait plaisir, une visite ?
– Peutêtre, si. Je sais pas.
– Ta jamai pensé a moi ?
En même tan que je disé ça, jai senti que les larmes venait dans mes yeux. Mince alor.
– Si, bien sur.
Il avé pas l’air très convincu, jai trouvé. Mon Dieu je me disé, coment ça se fait quon se voi pas plus ? Coment cest possible de pas avoir de famille, que tout le monde soye tout seul dans son coin ? Quelle garce…
On était sur le canapé, je comencé a avoir someil et jai bayé.
– Va faloir que j’aye me couché, jai di. Je mai levé a 5 heures.
– Tu peux me logé pour la nuit ?
Je mai levé dun cou.
– Ah non, Florian ! Je tai di que je pouvé pas ! Je tai laissé entré, déja cest genti, mais je tai prévenu je pouvé pas te garder dormir.
– Juste une nuit, sil te plait.
– Non. Pourquoi tu rentre pas chez toi ? T’habite toujour Limoge ?
– Oui, mais ya plus de train a cette heure.
– Tes pas venu en voiture ?
– Jai pas encore repri de voiture.
– Va a l’hotel.
– Jai pas l’argent.
– Ah, tu exagère, mince alor ! Je te voi pas pandan 10 ans…
– 7…
– 7 ou 10 cest bocou ! Énorme ! Tu disparais pandan 7 ans, et t’avais déja disparu avant, et tu débarque dans mon apartement ou jai mes deux filles ! Ça se fait pas, Florian, ça se fait pas !
Je me senté en colère. Il me faisait mal, la, ça alé pas.
– Écoute, il ma di, je fais l’efort de revenir, cest pas facile pour moi aussi, tu sais. Ça merde toujour pour moi, on diré que ya rien qui veut marché, je dois avoir la poisse. Je passe une nuit et je repare demin matin en même tan que vous.
– Mais pourcoi tes venu le soir, come ça ?
– Jai été voir un copain en fin de l’aprèmidi, quelqun qui aura peutêtre du boulo pour moi. Et puis je suis resté pour te voir.
– Ta mangé ?
– Oui, avec le copain.
Pfff… Il ménervé, il me faisait douter, come si j’étais coupable.
– Tu fais chier, jai di. Tes pas clair. Faut toujour que tu dise pas les choses franchmen. Ta pas changé pour ça.
Il ma atrapé par les épaules et il ma fixé.
– Alez, petite seur, sois pas méchante. Je me fais tout petit, je vais me mettre sur le canapé. Ou pluto sur le tapis peutêtre, si ta une couverture a me preté.
Jai baissé les yeux, il me regardé tro fort.
– Juste une nuit, Florian ? Juste une nuit ?
– Juste une nuit.
– Jure le.
– Je le jure.
Jai di oui. Il a aussi voulu se doucher, je préféré dun coté. Je suis été dabor dans la salle de bain, je mai lavé et jai mi mon pijama. Après pandan qui se douchait, jai sorti une couverture, et puis une petite couette, enfin un dessu, jai poussé le fauteuil, mi un coussin pour faire l’oreillé. Le tapis auré u besoin d’un cou d’aspi mais bon. Je me demandé si les filles entendé. Jai hésité a aler leur dire pour pas quelles s’afole, et puis jai décidé que je leur espliqueré demin.
Il est sorti en caleçon et chemise, et le reste sous le bras.
– Jai pas de pijama d’homme a te prété.
– Ça va, t’inquiète.
– Regarde, jai instalé come jai pu, tu change si sa te va pas.
– Ça va aler.
– Bon, ben bone nuit.
– Tu me fais pas un bisou ?
Je mai aproché un peu, il a baissé sa joue et je lui ai doné son bisou.
– Ça me fait drole que tu soye la, jai di. Combien ça doit faire de tan quon a pas couché dans la même maison ? 15 ans ?…
– Peutêtre bien.
– Cest con, la vie. Cest complètmen con.
– On peu le dire.
Je lai laissé, jai poussé la porte. Je suis passé par la cuisine, pour comencé a préparer un peu pour le petit dej que ça soye pas tro la course, jai vérifié que la porte était bien fermé, jai mi mon oreille et mes yeux contre la porte des filles, et je suis été me coucher.
Jétais alongée depuis même pas 5 minutes, je m’étais mi en boule, quand jai entendu quelqu’un qui venait dans la chambre. A peine jai u le tan de me retourner que jai vu Florian qui levé la couette et entré dans le lit !
Je mai redressé d’un cou, jai poussé un petit cri et jai di :
– Kes tu fait ? Tes fou ?
– Ta un grand lit, di donc, on va tenir a 2 sans problème !
– Non mais ça va pas ? Tes mon frère je te signale !
Je le poussé avec mes mains, mais il était déjà alongé et il bougé pas d’1 centimètre. Et il avait que son calesson, plus de chemise. Alor il a di :
– Ouais, justement je suis ton frère. Tu te souviens quand tu vené te mettre contre moi la nuit quand il y avé de l’orage ?
La, ça ma arêté. Bien sur que je me souvené. La tanpête, et que je m’été serrée contre lui.
– Cest pas arivé souven, jai di.
– Ça me déplaisait pas, en fait…
– Eh ben di donc, on auré pas cru ! Faut voir coment tu maqeuillé…
– Cest parce que j’étais surpri.
– Tu parle.
Bon enfin le résultat cest quil était dans mon lit et quil avait pas envie de partir.
– Coment tu veu quon arive a dormir ?… On est adulte mintenan. Retourne au salon…
– Di pas de bêtise. Viens…
Il essayé de passer son bras sous ma tête.
– Keske tu fais ?
– Met toi sur mon épaule. Viens contre moi. Ça te fera du bien.
– Di pas nimporte quoi. Arête.
– Quoi, on a pas le droit de se faire un calin, après 7 ans qu’on sest pas vu, quand on est frère et seur ?
Cette phrase ma fait réfléchir et jai pensé que quand il était arivé on s’était pas serré for l’un contre l’autre, come on voi dans les films. Je sais pas si cest pour ça, entouca il a réussi a passé son bras sous ma tête et il ma tiré vers lui, je me suis retrouvé la joue contre sa poitrine et une main sur son épaule de l’autre coté. Je le sentais respiré, je senté sa chaleur aussi. Et sa peau, des poils mais assez dou, et le savon de la douche.
– On est pas bien, la ? il a di. Tu sens bon, en plus.
Jai pas répondu. Je savé pas ce qui m’arivé. Ça alait tro vite. Il débarqué, il s’instalait et hop il était dans mon lit. Je comprené pas ce qui se passait. Mais il alait me surprendre encore plus, quand il a di :
– Tu sais ce qui seré bien, la ?
– Ce qui seré bien cest que tu retourne au salon pour quon dorme.
Il me serré toujour, jétais sur sa poitrine, come un mari et une femme.
– Ça seré domage. Je veu dormir près de ma petite seur que jai pas vu depuis lontan.
– A qui la faute ?
– A notre mère.
– Et a notre père.
– Laisse les ou ils sont ceula.
Après, il a pri ma main droite, cellela qui était sur son épaule et il la mi sur son ventre.
– Kes tu fait ?
– Caresse-moi Victoria, ça me manque la douceur d’une femme, ça me manque bocou. Et toi tes une femme, douce en plus.
Je voulé me dégager, mais il me serré avec son bras autour de mon épaule et il tenait ma main sur son ventre. La, je mai rendu conte quil avait plus de calesson, je sais pas coment il l’avé enlevé. Jai u peur et je lui ai demandé :
– Tu veu pas faire l’amour avec ta seur canmême ?
– Non, je veu quelle me caresse un peu.
– Arête, ça se fait pas.
– Et pourquoi ? Pourquoi tu te serviré pas de tes mains pour me faire du bien ? Cest une des meilleures choses que tu peux faire. Cest nous deux, juste nous deux, come quand on était petit.
Cest bizare, mais quand il a di « juste nous deux » et « quand on était petit », ça ma calmé. Et ça ma doné envie de retrouver quand je vené me blotir contre lui a Blanzey. Je voulé pas, mais jai pas u la force de résister. Alor je lai laissé faire. Il a decendu ma main et jai senti son sexe. Jai u le réflexe de retirer mon bras mais il ma empêché. Il était un peu dur et déja gros, je trouve.
– Caresse moi les coucougnettes, il a di, dousmen.
Il a encore decendu sa main et jai senti ses teskitules. Y’avait des poils mais c’était assé dou. Ce qui me faisait drole cest que c’était pluto froi ces boules, on auré di des œufs durs, peutêtre un peu moin gros. Son sexe par contre, il était chau.
– Je lache ta main Vickie, mais continue a me caresser. Ça me fait telmen de bien, tu peu pas savoir.
Cest vrai, il a laché ma main, et alor la, incroyable quand ji repense, jai continué. Oui, je lui caressé ses teskitules. A mon frère !
– Cest bon, putain que cest bon… il disait. Putain ma queue devient dure come du bois. Touche ma queue, Vic, touche la ! Ocupe toi de ma queue mintenan.
Je la touché déja avec mon bras, sa qeu, et je voyais bien quelle devenait très dure. Jai mi la main dessu, puisque cest ça qui voulé et que j’accepté de lui faire plaisir.
– Serre la un peu Vic, entoure la avec tes doigts. T’es un ange, tu sais.
Jai fait come y disait, je la tené a pleine main. Elle était droite, elle montait vers sa tête, le lon du ventre, il falait que je la dégage un peu. Elle était chaude, dessou jai senti une grosse veine sous mes dois, je conaissé, le père de Morgane ça faisé pareil. Il ma atrapé le poignet et il ma montré ce qui falait faire, tirer sur sa peau, en bas, puis remonter, encore en bas, puis remonter. Oh je savais ça, je suis pas bête, je sais ce qui zaime les hommes.
– Dousmen, Vic, dousmen. Caresse moi encore un peu les boules en même tan.
A ce moment la, je mai rendu conte que il était entrin de masser mes fesses avec une main et mes seins avec l’autre. Je mai di il faut que je le soulage vite mintenan, ça va le calmer sans sa il va être infernal. Jai serré son sexe plus for et jai accéléré. Je voulé surtou pas qui me demande de le prendre dans sa bouche ou alor une pénétration. Mais j’auré di non, faut pas exagéré. Heuresment il a pas demandé.
Il a comencé a respirer fort. Et il me plantait ses dois dans les fesses et il me tiré le téton. Il me faisait un peu mal mais jai rien di. Mon pauvre frère, je pensé, il a pas une vie bien drole lui non plus. Quelle misère canmême…
Quand jai senti que il alait venir, jai ralenti un peu.
– Bon Dieu Vic, ta pas un mouchoir ?
– Aten, jai di, bouge pas.
Je mai dégagé, il ma laissé, et jai atrapé un paquet de klinex sur la table de mon coté. Lui, il a poussé la couette et il a di :
– Done moi zen un sil te plait.
Je lui ai doné un et il a déplié.
– Vien, il ma di. Continue.
Jai repri ma place dans son épaule et jai repri son sexe. Je sais pas ce qui faisait avec son mouchoir mais je voulé pas m’ocuper de sa. Toute façon les dras ils iront a la machine demin.
– Plus vite, plus vite. T’arête pas.
Jai accéléré un peu, ça començé a me fatiguer. C’était sombre dans la chambre, mais pas tout noir, je voyé a peu près ce que je faisais. Il respiré for, moi j’essayé de me concentrer pour faire bien. Il se crispait, je voyé son visage et je sentais ses dois qui se contracté. Et puis il a di :
– Oh, je vien, Vickie, je vien ! Oh ma petite seur chérie…
Quand il a di sa, sa ma doné envie de me serrer contre lui encore plus, alor jai enfoncé ma tête dans son cou, mais jai continué avec ma main. Tout d’un cou, il est devenu tout raide, il a pris mon poignet et il la bloqué. Il a fait une sorte de grognement, ou de cri, un peu fort, jai u peur que les filles se réveil.
– Chut, jai murmuré, mais je sais pas si il ma entendu.
Jai senti qui se soulagé parce que ça a fait come des secouces, je savais que ça sortait, qui jaculait. Peutêtre ça partait dans le mouchoir, je sais pas, jai pas voulu regarder a ce momen. Il souflé, il gémissé, on auré di un enfant qui chouiné.
On a pas bougé pandan une minute, peutêtre deux, il se calmé dousmen, il a falu du tan. Quand il a été a peu près normal, je mai dégagé un peu pour respirer, jai vu qu’il avait mis le mouchoir au bout de son sexe. Il avait les yeux fermé, il bougé plus. Alor jai remonté la couette parce que j’avais froi et je m’ai alongé sur le dos. On disait rien, cétait mieu, il falait rien dire, il y avait rien a dire.
Tout d’un cou, il sest redressé et il a di :
– Je vais me lavé.
Il a été dans la salle de bains, je mai levé moi aussi, jai enfilé mon peignoir et je suis été dans la cuisine. J’avais besoin de me faire un café. Pourvu que les filles soyent entrin de dormir je me disais, sinon gare aux questions demin. Je m’étoné canmême que j’étais assé calme malgré ce que j’avé fait.
Florian est sorti de la salle de bains. Il avait ataché une serviette autour de lui, il était torse nu. Je l’ai trouvé maigre.
– Tu veu un café ?
– Non, il ma répondu. Je vais me recoucher.
Il est reparti vers la chambre, je lai suivi juste une minute après. Il était alongé, les yeux fermés. Jai di :
– Florian, demin a 6 heures et demie, je te réveillré, tu retournera dans le salon. Pour les filles, tu compren ?
– T’inquiète, il a di. En atendan, fais moi un bisou pour me dire bone nuit.
Je me suis assi de mon coté et je lui ai doné son bisou, sur la joue. Je mai alongé, come lui, sur le dos. La, il a atrapé ma main, ou pluto il a mis son bras sur le mien, parce que sa main elle était plus basse que la mienne, parce qu’il est plus grand. Il sest endormi presque tout de suite, je le sais parce qui sest mi à ronfler. Moi je mai pas endormi tout de suite, sa ma surpris jai u envie de rire, presque jai u le fou rire, jen revené pas. Il fo dire que j’avé pas pris le Xanax, pas u le tan avec ce fou qui a débarqué. Jai fini par me calmé, et je crois que je mai endormi come ça, avec le bras droi de mon frère qui était enroulé autour de mon bras gauche.
Vendredi 3 mai
Ça été une journée dur. Jai pensé toute la journée. J’arivé pas a me concentrer sur mon travail. Je savais pas si ce qui me gêné le plus c’était ce qu’on avait fait hier soir ou parce que j’avais revu Florian. J’étais fatiguée en plus, j’avais pas bocou dormi, même si il était resté sage après.
Le matin, javais avancé un peu mon alarme, je lui ai di de vite retourné dans le salon. Cest moi qui a di aux filles quand je suis été ouvrir leur porte et alumer leur lampe.
– Vous inquiétez pas, Florian est encore la.
– Pourquoi, a di Morgane, il va habiter ici ?
– Keske tu raconte ? Mais non !
– Pourquoi il est pas reparti alor ?
– Parce que c’était trop tar pour qui prenne son train, alor il est resté dormir ici. Dans le salon.
– Sur le canapé ?
– Morgane, ça sufi, dépêche toi ! Julie, lève toi, tu va te rendormir. Alez !
Au petidej, les filles regardé Florian come un estra terrestre. Lui, il disait pas granchose, par contre il manjait come un goinfre ! Je mai rendu conte que il avait très faim. Toutes les brioches y sont passé, il a pri presque la moitié de la plaquette de beure, 2 mandarines, une banane, un yaourt, et des céréales ! Jai pas proposé des œufs parce que on avait pas le tan mais je suis sure que il auré mangé les quatre qui resté.
Julie est partie a 8 heures moin le quart, elle comencé a 8 heures. Elle a juste di :
– Au revoir.
Come elle a di au revoir, je lui ai pas obligé a faire un bisou. Peutêtre il auré bien aimé, je sais pas, ça se voit qu’il a pas l’habitude des enfants. Morgane a été regardé ses dessins animés. On est resté dans la cuisine avec Florian.
– Kes tu va faire, a Limoge ?
– Je cherche du boulo.
– Ta un apart ?
– Un studio, t’inquiète.
– Ta quelqu’un qui s’ocupe de toi ?
– Quand tu sor de prison, ta un conseiller pandan quelques mois. Je le vois tous les quinze jours.
– Il taide a quelque chose ?
– Bof. On parle.
Je lui ai proposé une cigarette, il a di dacor, jai ouvert la fenêtre de la cuisine et on la fumé.
– A quelle heure il est ton train ?
– Je sais pas, mais dans la journée yen a souven.
– Tu me tiendra au courant de keske tu deviens ?
– T’inquiète.
– Tu dis ça, mais la dernière fois ta disparu 7 ans, et avant 5 ans !
– On se verra plus souven, promis. Done moi ton numéro.
Jai pri mon tel et jai regardé le numéro parce que je le sais pas par cœur.
– Ta un papier et un crayon ? il ma di.
– Ta pas de téléphone ?
– Il est cassé. Je dois le récupérer tout a l’heure.
– Tu sais ton numéro ?
– Non, mais je t’envoirai un texto.
– Cest vrai ce mensonge ?
– Juré. Sur la tête de…
– De qui ?
– Ben je sais pas !
On a rigolé, même si c’était triste. Je me disais, il a personne a qui il tien bocou, qui voudré pas qui meurt. Mais juste a ce moment il a di :
– Sur ta tête !
On a rigolé encore, sauf que jai senti les larmes qui me monté dans les yeux. Bien sur, cest le moment que Morgane a choisi pour venir dans la cuisine, elle ma regardé avec un drole d’air.
– Aporte moi un bou de papier et un crayon sil te plait. Pren un postit sur le burau de Julie.
Quand Morgane ma ramené le postit et le stilo, jai marqué mon numéro et Florian a mi le papier dans sa poche de derrière.
Jai fini de ranger vite fait, et pandan ce tan jai entendu que Florian posé des questions à Morgane sur l’école, et elle lui faisait des grands discours. On sest habillé, on a pris nos afaires et on est sorti de l’apartement. Quand on a été en bas, il ma di :
– Ça tembête si je vais jusqua l’école avec vous ? Après, je te laisse et je vais prendre mon train.
Ça me plaisait qua moitié, mais bon.
– Dacor, mais après je traineré pas, je dois passer a la mairie pour des papiers avant le boulo.
– T’inquiète.
Avec lui, falait pas s’inquiéter. Cest peutêtre pour ça que il a fait toutes ces années de prison, jai pensé. On est passé devant le lycé, y’avait bocou de monde, a trois c’était pas pratique de marcher. Je tené la main de Morgane. A un moment, elle la doné a Florian aussi, on devait avoir une drole de tête tous les trois sur le boulvar. Y’avait bocou de voitures, il falait faire atention, les trotoirs étaient pas larges et les platanes gêné au milieu.
Une fois, il a repri la main de Morgane et elle a di :
– On diré que tes mon papa come ça…
– Ah !… il a fait, mais il a rien di.
Mon Dieu, si je me meté a pleurer, c’était la castatrophe. On est arivé a l’école. Jai bien vu que des mamans me regardé bizare, cest sur que c’était la première fois quelle me voyé avec un homme.
– Cest mon frère, je disais a celles qui me faisé la bise.
– Ah, bonjour, elles répondait.
Toutes elles était gentilles avec lui. Lui, il disait rien, mais il serrait la main et il souriait. Il a même fait la bise a une ! Morgane la embrassé aussi, du cou elle ma oublié moi sa mère. On a rigolé et elle est partie dans la cour en courant.
On sest retrouvé tous les deux, sur le trotoir devant l’école.
– Bon, alez, ji vais, jai di, je décen par la. Tu sais ou cest, la gare ? Tu remonte le boulvar. Et puis a un feu, tu pren l’avenue qui monte, la gare est tout en haut.
– T’inquiète, je trouvré. Ta pas une cigarette ?
Je lui a doné une cigarette et jen ai pri une pour moi aussi. Il voulé pas que j’alume la sienne toute de suite, alo jai pas alumé la mienne non plus.
Je lai regardé et jai tendu ma joue. Il était grand. Jai u envie de pleuré.
– Bisou. Oublie pas de m’envoyer un texto pour que jai ton numéro.
Il ma embrassé, en même tans il me tené par un bras.
– Salut, petite seur.
– Salut, grand frère.
– Merci.
J’étais contente qui me dise merci, sans dire pourcoi. Juste merci, je pense je méritais.
– Alez, va vite.
Dans ma tête je me disé faut qui parte vite, sinon je vais pleuré, je vais pas tenir lontan. En même tan j’étais triste qui parte. Je lui ai serré son bras et en même tan je le poussé. Lui il regardé un peu partou, la cour de l’école avec les enfants, la rue, les voitures, les imeubles en face. On diré il était perdu.
Jai fini par le lâché.
– M’oublie pas, jai encore di.
– T’inquiète.
Il a mi un peu de tan a se mettre en marche et il a pas avancé vite. Je lai regardé une dernière fois, il avait lair de quelqun qui sait pas ou alé. Je mai tourné, sinon on alait pas sen sortir. Jai vite marché.
Jai vite marché, jai alumé la cigarette j’avais tro besoin, mais j’avais a peine tourné dans la petite rue après l’école, que jai éclaté en sanglos, cest sorti tout d’un cou, boum comme si je vomissais, mais par les yeux, ca ma plié en deux, et il a falu que je m’arête. Et la, contre le mur de l’école dans la petite rue jai pleuré comme une madleine, des gens en voiture me regardé. Mais je pouvé pas m’arêté, je pleuré plin de larmes et j’avé le hoqué.
Une dame qui passé la sest arêté et ma di :
– Ça va pas ? Vous faites un malaise ?
– Cest rien. Juste je viens d’avoir une grande émossion. Excusé moi.
– Mais ne vous excusez pas, l’émotion ne se contrôle pas. Vous voulez que je vous emmène quelue part, que j’aille vous chercher un café ?
– Non, cest très genti, ça va aler. Déja ca va mieu. Vous êtes gentille, cest rare les gens comme vous.
– Dites donc, c’est bien normal, vous auriez fait pareil pour moi. Il faut bien s’entraider dans la vie, non ?
– Oui, merci bocou.
– Je peux vous laisser, ça va aller ? Sûr ?
– Oui. Merci, vous êtes très gentille.
Je mai redressé un peu, apuyée contre le mur, jai essayé de retrouvé ma respiration, un monsieur après ma demandé si ça alé, pareil jai dit merci ça va. Je suis encore resté un peu, mes larmes coulé mais plus doucmen, je pensé tro a Florian, a tout ce qui était cassé, ou pluto qui avé jamais marché, parce qu’on nous avé laissé tombé commes des chaussettes sales, plusieurs fois.
Jai repri mon chemin, mais après, toute la journée, je pensé a mon frère, j’ai repleuré plusieurs fois, il était plus la, mais il était encore dans ma tête, et même contre moi, je le sentais, a cause de la nuit j’avais l’impression que je sentais encore son sexe dans ma main et ses teskitules sous mes dois. Et ma joue sur sa poitrine, je sentais encore le cho et quand il gonflait ses poumons. Keskil alait faire ? je me demandé. Si je comprené bien, il avait pas de travail et pas de famille. Des amis ? Je savé pas. On avé pas bocou parlé finalmen. Même pas de quand on était petit, la maison de Blanzey, les parents, tout ça. Mintenan ça m’étone. Une autre fois peutêtre. La, c’était pas prévu, faut le tan de se reconaître.
Le soir bien sur, jai u droit au questions des filles. Elles me demandé coment ça se faisé qui venait come ça alor qu’on le voyait jamai et quelles le conaissait pas. Jai espliqué que c’était pas sa faute, c’était nos parents qui nous avé abandoné, on avait été dans des familles d’aceuil, et puis quand il a u 16 ans, Florian a été placé dans un foyer, on a été séparé, moi je suis été que trois ans après dans le foyer, et il était déja parti. Du cou, on avait pas vécu bocou ensemble et même quand on a u été ensemble on avait pas eu de parents qui nous faisait faire des choses ensemble.
– Ils vous emmenaient jamais en vacances vos parents ? a demandé Julie. Enfin ceux de la famille d’accueil ?
– Jamai. Ils savé pas ce que c’était, c’était des paysans de la campagne. Même le ouiken, jamai une sortie, toujour a la ferme. Toujour. Tandi que le Sylvain, leur fils, lui il partait un mois entier l’été, chez des cousins, ou je sais pas ou, il alait se baigner. Et puis le ouiken, souven il alait chez des amis, pas nous, jamai.
– Même pas au cinéma de temps en temps ?
– Tes fole ? Jamai. Et a la télé, y’avait pas bocou de chaînes, ça avait rien a voir avec mintenan. Toute façon on avait pas le droi de la regardé. On était leur esclaves.
– Tu les appelais comment ?
– On disait maman Arlette et papa André.
– Pas juste maman et papa ?
– Non.
– C’est pas pareil.
– Ta raison, cest pas pareil.
– Ji compren rien, a di Morgane.
– Entouca, vous voyez peutêtre pas vos papas, mais vous avez une maman qui s’ocupe de vous et qui vous élève ensemble. Come ça, quand vous serez grandes, même quand je seré plus la, vous pourez vous aider et être ensemble quand vous voulez.
On est resté un moment dans le silence, et puis Julie a demandé :
– Il va revenir ?
– Je sais pas, jai di. Il doit m’envoyer un texto.
– Tu sais où il habite ?
– A Limoge. Mais jai pas son adresse.
– En tout cas, moi j’aimais bien quand il me tené la main pour aler a l’école, a di Morgane.
– Je te tiens la main tous les matins, jai répondu tout de suite.
Cest bête, mais ça ma vexé cette parole. Bon, après on a arêté de parlé de Florian, c’était mieu.
Samedi 4 mai
Florian ma envoyé un texto. « Coucou ma seur. G récup mon tel. Merci pour l’autre soir. C’était bien se revoir. Je reviendrai. Porte toi bien. Ton frère ». Ça me disait pas granchose sur ce qui faisé. Peutêtre que c’était mieu si c’était des choses pas clair. Jai répondu. « Coucou mon frère. Moi aussi ça ma fait plaisir. Tien moi au couran et fait pas de coneries. Prévien moi quand tu reviendra. Bisous de ta seur ».
Dimanche 5 mai
Jai pensé a Florian, a quand on été petit. Dur.
(Fin de la première saison. Deuxième saison : été 2024)
oh non ! Il faudra être patiente..
Hâte de retrouver Victoria
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