Le vol de la pouzzolane

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Dans la commune où j’habite près de Clermont-Ferrand, des bacs en plastique gris sont posés sur nombre de trottoirs. Ils sont remplis de grains de pouzzolane, pierre volcanique rougeâtre que l’on répand sur le sol en cas de neige et de verglas. Les agents municipaux peuvent donc agir vite les jours de froid, puisqu’elle est à portée de pelle, accessible en permanence. Les citoyens eux-mêmes peuvent disséminer quelques granules sur une portion de trottoir qui leur parait en avoir besoin. À la différence du sel, la pouzzolane ne fait pas fondre la neige, mais elle renforce l’adhérence au sol des pneus et des semelles. 

Ce nom bizarre vient de Pouzzoles, près de Naples, en Campanie, région volcanique, comme le Puy-de-Dôme. On a longtemps utilisé la pouzzolane pour la mélanger à de la chaux et créer un mortier d’autant plus efficace que cette colle pour la construction prend même sous l’eau (on parle d’hydraulicité). Au milieu du XXe siècle, la pouzzolane d’Auvergne était une richesse et se vendait 150 francs le mètre cube. Plusieurs volcans auvergnats sont encore marqués par l’extraction de la Pouzzolane, les Puys de Gravenoire et Lemptéguy par exemple. Et lorsque l’on grimpe sur les Puys jumeaux de la Vache et de Lassolas, il n’est qu’à se baisser pour ramasser par poignées ces cailloux alvéolés plus légers que des pralines. 

On ne se sert plus guère de pouzzolane pour la construction aujourd’hui, mais pour le terrassement quand on a besoin d’un écoulement rapide de l’eau. C’est pourquoi on a mis de la pouzzolane sous le terrain du Stade de France, et qu’on en trouve sous de nombreuses pistes d’hippodromes. On s’en sert aussi pour la filtration, le drainage, l’irrigation. Ainsi que, donc, pour limiter les chutes sur le trottoir et les dérapages sur la chaussée. Elle est un peu moins efficace que le sel, mais elle n’abîme pas les canalisations des égouts et les tuyauteries des véhicules.

Il est une dernière utilisation de la pouzzolane, et c’est celle-ci qui va initier cette histoire : le jardinage. En gros grains, la pouzzolane sert de revêtement décoratif et de paillage, à l’instar de l’écorce de pin par exemple. En granulats de plus petite taille, elle fournit, en raison de sa porosité, un excellent substrat pour certains types de cultures, comme les bonsaïs, les cactus et autres plantes exotiques.

C’est sans doute ce que savait le type que je surpris une nuit, alors que je m’étais levé pour aller aux toilettes, marcher un peu pour me détendre, et regarder par la fenêtre en l’entrouvrant pour me rafraichir. En haut de l’avenue que surplombait l’immeuble où ma femme et moi habitions, un type avait arrêté sa voiture à laquelle une remorque était attachée. Il sortit de l’habitacle et, sur le trottoir, saisit un bac de pouzzolane, le décolla du sol, et, ni une ni deux, le fit passer dans sa remorque.

– Hé ! m’exclamai-je spontanément en tendant faiblement le bras.

J’ai de plus en plus de mal à lever les bras au-dessus de l’épaule, et j’aurais été incapable de déplacer un bac de pouzzolane, même à moitié vide, comme venait de le faire le gaillard, barbu, la quarantaine, qui, après de brefs coups d’œil à droite et à gauche, remonta dans sa voiture camionnette et démarra sans bruit, parce que, je le constatai alors, elle était électrique.

– Ah ben merde ! m’exclamai-je derechef, pas trop fort cependant, pour ne pas réveiller ma femme. Il a volé la pouzzolane ! Hé ?!

Je me serais bien penché pour regarder aux étages du dessus et du dessous si d’autres habitants que moi avaient été témoins de ce forfait, mais là encore mes 70 ans m’imposaient quelque prudence : incliner la tête dans le vide ou la tourner vers le ciel, c’était la nausée assurée. Je restai donc seul avec mon constat, que je partageai tout de même le lendemain avec mon épouse, avec M. et Mme Gonfaron du 3e, Mme Alibot, du 1er, et notre ami Alain Patriat que je rencontrai à la boulangerie. C’est ce dernier qui me suggéra quelque chose :

– Tu devrais écrire au maire. Parce que ce n’est pas la première fois que ça arrive. Il semble bien qu’il y ait dans notre commune un voleur de pouzzolane, et ils ne savent pas quoi faire, si ce n’est supprimer ces bacs, qui sont pourtant bien pratiques.

– Il ne faudrait pas plutôt aller trouver les flics ? 

– L’un n’empêche pas l’autre.

Je fis et l’un et l’autre. Aux flics, je décrivis au plus juste ce que j’avais vu et à quelle heure, notamment le physique du voleur et les caractéristiques de la voiture dont je n’avais malheureusement pas reconnu la marque. Je ne pus pas porter plainte cependant.

– Vous n’êtes pas victime de l’infraction, me dit le lieutenant qui me reçut ; elle ne vous a pas porté préjudice.

– D’une certaine manière, si, argumentai-je. Ce bac de pouzzolane est un bien public qui a été retiré aux habitants de la commune, dont je fais partie.

– Ça ne suffit pas. Il faudrait que vous soyez plusieurs à vous manifester. Si vous en avez le courage, essayez de mobiliser autour de vous. Ça nous arrangerait, on pourrait agir, car ce n’est pas la première fois qu’on nous signale ce problème.

Nous nous contentâmes donc d’une « main courante », autrement dit d’un signalement qui n’entrainerait pas de poursuites.

En rentrant du commissariat, je m’installai sur la table de la salle à manger avec un stylo et un bloc de papier. Mais j’appelai ma femme :

– Écris, toi, tu sauras mieux. 

– Tu me dictes, alors.

Laborieusement, nous parvînmes à tourner une missive à Monsieur le Maire, que j’allai déposer en mairie le lendemain. J’en profitai pour effectuer un tour de quelques quartiers de la commune, dont le mien, recherchant devant les maisons à la fois une voiture avec une remorque, ou une remorque seule, et des parterres de pouzzolane. Cela ne me donnerait pas la garantie d’identifier le voleur, mais peut-être quelques indications susceptibles d’être communiquées aux autorités.

En parcourant les rues de notre banlieue petite bourgeoise, je me rendis compte que la pouzzolane n’était plus si courante que ça dans les jardins. J’aperçus toutefois quatre allées aux reliefs rouges et noirs caractéristiques, trois rocailles agrémentées de petites terrasses sur lesquelles une plante racinait dans les scories volcaniques de petit diamètre, et quelques bordures auxquelles le basalte carminé apportait une couleur plus ou moins belle selon l’entretien et la densité. Le voleur de bacs était-il un de ces propriétaires ? Je ne pus établir de lien entre la présence de pouzzolane, une voiture et une remorque semblables à celles que j’avais vues. J’avais même un doute sur la couleur de la voiture. Grise, me semblait-il. Mais la nuit, n’est-ce pas…

En revanche, je ne vis pas un seul bac sur les trottoirs. Le voleur avait-il fait une razzia ? C’était probable, vu la remorque. Ce qui, si j’étais flic, me laisserait penser qu’il habitait une ville voisine et non pas notre commune. 

Trois jours après, je lus dans La Montagne (je fais partie des derniers Mohicans abonnés de la presse quotidienne régionale) : « La mairie de Sanlouis communique. Le vol de pouzzolane a atteint des proportions inégalées dans la nuit du dimanche 4 au lundi 5 février, puisque ce sont pas moins de 12 bacs et leur contenu qui ont été dérobés cette nuit-là. Jusqu’à ce jour, nous avions fermé les yeux sur les actes d’incivilité qui conduisent certains individus à prélever pour leur compte personnel une matière destinée à tous, notamment aux personnes les plus fragiles afin qu’elles ne glissent pas sur les trottoirs. Les disparitions de cette nuit, d’une ampleur inégalée, nous poussent à porter plainte, contre X pour l’instant, pour que l’auteur de ce forfait soit arrêté et condamné selon la loi. Nous rappelons que, en vertu de l’article 311-3 du Code Pénal, le vol peut être puni de 45 000 € d’amende et 3 ans d’emprisonnement. La peine est applicable même si l’auteur restitue ce qu’il a volé ou s’il n’est pas parvenu à dérober ce qu’il souhaitait. Dorénavant, les agents municipaux seront les seuls autorisés à utiliser le contenu des bacs de pouzzolane, dont ils surveilleront régulièrement les niveaux. Toute suspicion de vol fera l’objet d’investigations poussées. Le respect et la solidarité sont des valeurs que nous portons au nom des habitants de Sanlouis ; nous ne laisserons pas quelques individus malhonnêtes remettre en cause le bien-être dans notre commune ».

Le lundi suivant, je reçus la réponse de la mairie à ma lettre : « Cher Monsieur, Nous vous remercions vivement de nous avoir alertés sur ce que vous avez observé en haut de l’avenue du Stade au cours de la nuit du 4 au 5 février. Votre témoignage va nous aider, en lien avec les polices nationale et municipale qui sont mobilisées, à agir afin que ce type de comportement soit puni comme il le mérite et ne se reproduise plus. Vous avez peut-être vu notre communiqué dans la presse et sur les réseaux sociaux pour responsabiliser la population. Nous évoquerons de plus cette question lors de la séance du Conseil municipal du jeudi 15 février à 18 heures, à laquelle vous êtes le bienvenu, comme tous les habitants de Sanlouis. En vous remerciant de nouveau, je vous prie de croire, Cher Monsieur, à l’assurance de mon entier dévouement ». Et c’était signé Jacques Mortau, maire de Sanlouis, vice-président du Conseil Départemental du Puy-de-Dôme.

– Eh bien… soupira ma femme après notre lecture, on dirait que le maire t’a entendu.

– Oui, mais… Ce ne sont que des mots. Tu sais comme ils sont…

– Écoute. Attendons de voir.

Je décidai de me rendre au Conseil municipal, puisque j’y étais invité (et même si les séances sont ouvertes à tous). Ce serait peut-être l’occasion de discuter un peu avec le maire, que je ne connaissais pas personnellement. J’avais eu l’occasion de le côtoyer cependant, d’abord quand il avait réuni successivement les habitants des différents quartiers pour demander de la patience alors que les tranchées pour la fibre et l’assainissement perturbaient la circulation et créaient d’inextricables embouteillages. J’avais ensuite été le voir quand il avait fallu se battre pour obtenir l’autorisation d’ouverture d’une nouvelle pharmacie et que la préfecture ou je ne sais qui se faisait tirer l’oreille. Et son prédécesseur m’avait reçu quand j’avais sollicité un rendez-vous, après que le service état-civil n’avait pas fait suivre mon dossier correctement pour le renouvellement de ma carte d’identité. 

Et oui, quand on est vieux, on n’a plus l’énergie, plus la beauté, plus l’autorité (parce que le respect a disparu), mais on a du temps, un peu d’argent et une bonne connaissance de la nature humaine. Ce qui peut faire de nous des êtres redoutables, bien des fonctionnaires vous le diront, car certains de mes congénères n’ont de cesse de traquer le moindre dysfonctionnement au sein de la machine publique. À leur décharge, on peut constater qu’ils ne sont pas les seuls et que le pinaillage est devenu un mal national ; l’oisiveté étant la mère de tous les vices, les deux tiers des Français s’insurgent contre la moindre peccadille, le plus souvent planqués dans des réseaux sociaux ou dans des manifestations, hurlant à la moindre contrariété, comme si tout pouvait être parfait, réussi, comme si l’aléa n’existait pas, et comme si l’intérêt général pouvait être la somme des intérêts particuliers sans que chacun renonce à quoi que ce soit dans sa quête maladive du toujours plus. Moi, je reste calme, je ne demande rien d’autre que chacun fasse son travail et qu’on ne laisse pas les choses se dégrader ; ça ne me semble pas insurmontable.

Quand j’arrivai dans la salle du conseil, les élus étaient déjà en place, et derrière eux les administratifs, à savoir le directeur général des services, le directeur de cabinet, le directeur général des services techniques… Ça faisait beaucoup de responsables, d’autant qu’on avait paraît-il (c’est le bulletin municipal qui nous l’avait expliqué) regroupé les services en pôles et recrutés de nouveaux directeurs ; tel était, du moins le croyait-on, le prix à payer pour la fameuse « reconnaissance » dont chacun.e se sentait en manque… La salle était sombre malgré les lustres imposants qui pendaient du plafond trop haut, car elle n’était percée que de deux fenêtres. Les épaisses tentures et les tableaux classiques aux cadres énormes alourdissaient encore l’atmosphère.

Je m’installai sur une chaise d’un des trois rangs de dix qui s’élevaient en fond de salle pour le public. Une dizaine de concitoyens se tenaient là, tous âgés je dois le dire. Je les saluai d’un signe de tête, j’avais déjà vu certains. Au bas de notre petite tribune, se trouvaient quelques tables pour la presse, occupées pour l’heure par quatre personnes qui chahutaient ensemble : les journalistes ou correspondants de La Montagne, Le Semeur hebdo, France 3 et France Bleu, tous biberonnés aux fonds publics et en situation monopolistique. 

Le maire ouvrit la séance en soumettant le procès-verbal de la réunion précédente à l’approbation de l’assemblée, puis en rappelant les décisions qu’il avait prises en vertu de la délégation de pouvoir que lui accordait le conseil municipal pour certaines mesures de gestion courante. Le DGS, le DGA, le DST, le dircab et une secrétaire juste derrière lui se tenaient aux aguets, tendaient et récupéraient des feuilles à intervalles irréguliers. J’avais souvent remarqué ça chez les élus qui prenaient la grosse tête (c’est peut-être un pléonasme) : en quelques années, ils devenaient incapables de faire la moindre chose tout seul. Je me demandais même si on ne les assistait pas quand ils allaient pisser. Il fallait qu’ils montrent qu’ils détenaient le pouvoir ; et comme le personnel avait du temps…

L’examen des délibérations s’enchaîna. Un rapporteur présentait la délib – généralement l’adjoint.e concerné.e –, le maire ensuite mettait son grain de sel, et demandait s’il y avait des questions ou des objections. Dans notre commune de 19 000 habitants, il y a 33 conseillers municipaux, c’est la règle. Parmi ces 33, 22 appartenaient à la majorité centre-droit, 5 au Rassemblement National, 5 à la gauche, et 1 se qualifiait d’« écologiste dissident » (De quoi ?… Dissident). Les conseillers du Rassemblement National – 3 hommes et 2 femmes – s’exprimaient sur chaque point à l’ordre du jour, en lisant une intervention qu’ils avaient préparée. Ce n’était pas toujours négatif. Les gauchistes eux ne prenaient pas la parole systématiquement, mais quand ils le faisaient c’était violent et agressif. J’entendis ainsi : « C’est une honte, Monsieur le Maire ! », « Encore une libéralisation du service public, qui du coup n’en est plus un ! », « C’est de la destruction, vous êtes un fossoyeur ! », « Quelle incurie ! Le peuple vous jugera ! ». Les piques et l’échafaud n’étaient pas loin. L’écologiste, dissident, n’était là que par intermittence, je veux dire que souvent il semblait ailleurs, regardant le plafond ou lisant un dossier (qui n’avait rien à voir avec le conseil du jour), ou fermant à moitié les yeux, comme s’il entamait une séance de méditation. Les conseillers de la majorité eux ne parlaient jamais, sauf si on les y invitait. La discipline de groupe jouait à plein, les consignes avaient été données : on écoutait le rapporteur, le maire, l’opposition, puis on levait le doigt pour voter pour. Le conseil municipal, nécessaire à la démocratie locale, était avant tout une chambre d’enregistrement. Les négociations avaient lieu avant, en commissions, ou dans le bureau du maire en fin de journée, autour d’une bouteille de whisky payée par la collectivité. 

C’est en fin de séance, dans les « questions diverses », que fut abordé le vol de la pouzzolane, premier point de cette dernière partie. 

– Nous ne vous proposons pas de nouvelle délibération sur ce sujet, précisa le maire, car il n’y a pas lieu, mais je tiens à souligner l’importance, pour ne pas dire la gravité, de ce problème. 

Le directeur général des services techniques fit passer une feuille qui n’empêcha pas le maire de se tourner vers lui et de lui demander quelque chose. Après quoi il énuméra :

– En 2022, 10 mètres cube de pouzzolane avaient disparu ; en 2023, 14. Et lors de la seule nuit du 4 au 5 février 2024, ce sont 7 mètres cubes qui ont été dérobés, avec douze bacs ! 31 mètres cube, à 321 € l’unité, ça représente 10 199 €. En ajoutant 12 x 4,50 € pour les bacs, soit 54 € de plus, on arrive à un total hallucinant de 10 253 € !

En bon politicien, le maire s’interrompit quelques secondes pour laisser aux conseillers le temps de réaliser l’importance des chiffres cités. Puis il enchaîna :

– Ce ne sont pas tant les sommes, néanmoins conséquentes, mais les comportements qui me paraissent le plus problématiques. Vous rendez-vous compte, Chers collègues, de ce que cela signifie ? Que certains individus n’hésitent pas à s’approprier le bien commun. Que cela ne les embête pas de mettre leurs concitoyens en difficultés pour satisfaire leur interêt particulier. Si nous en sommes là, il y a du souci à se faire. Faudra-t-il protéger les espaces verts ?…

– C’est souvent que des fleurs et des plantes sont volées, osa préciser l’adjoint à l’urbanisme, qui voulait aller dans le sens de son maire. 

– … Faudra-t-il mettre un policier ou un gendarme devant chaque arbre, chaque panneau, chaque barrière ? 

– C’est souvent qu’on nous vole des panneaux, et des cônes, renchérit le conseiller délégué à la voirie.

– Vous voyez ! rebondit le maire en prenant l’assemblée à témoin. Des voyous, qui ne sont sans doute pas des jeunes à capuche, pillent les ressources publiques ! Sans vergogne ! Ça ne peut plus durer !

Je regardai les conseillers quand le maire les interpela : ceux de la majorité hochaient la tête de l’air le plus grave possible ; ceux du Rassemblement National souriaient en pensant « On vient de gagner 10 points à Sanlouis » ; deux des gauchistes ricanaient, heureux du chaos à venir ; l’écologiste visiblement n’écoutait pas, voire n’entendait pas, occupé qu’il était par sa commande de laine de chanvre pour l’isolation de sa maison, une passoire thermique, ce qui la foutait mal pour un écologiste, même dissident.   

– Je prendrai donc mes responsabilités, continua le maire, en vertu des pouvoirs de police qui me sont conférés, vous le savez. Mais avant, j’ai souhaité ce moment de discussion entre nous, afin que chacun des groupes politiques de notre assemblée puisse apporter sa contribution.

Le renard, pensai-je : il veut forcer chacun à s’exprimer, car d’une part il sait que chaque propos sera enregistré et répercuté dans le procès-verbal de la séance, d’autre part il sait qu’il n’y a pas de réponse à cette question. À quelle question d’ailleurs ?

– Pour lancer le débat, je vous signale les trois mesures que j’envisage de prendre. La première : nous organiserons des patrouilles certaines nuits, sans préciser lesquelles bien entendu, avec les agents des polices nationale et municipale…

– Oh là ! s’exclama un conseiller de gauche. Vous allez créer un climat de peur, et bien sûr vous n’aboutirez à aucun résultat !

– Laissez-moi finir, s’il vous plait, vous aurez la parole ensuite.  

– Je vous laisse finir, mais je ne vous laisserai pas fliquer la commune ! rétorqua le conseiller.

Les journalistes levèrent les yeux de leur smartphone et réactivèrent l’écran de leur ordinateur, comme si quelque chose d’intéressant allait enfin se passer.

– Deuxième mesure envisagée, reprit le maire : l’ouverture d’une plateforme de lutte contre les incivilités, que nous appellerons « Sanlouis sécurité », sur laquelle chacun pourra signaler ce qu’il a constaté en termes de dégradations, vols, violences, et de tout comportement contraire à la loi. 

– Non mais ça va pas bien ?! s’insurgea une conseillère de gauche. Vous voulez encourager la délation ?! La dénonciation calomnieuse ?!

– Attendez ! lança le maire en haussant la voix. Si vous ne m’interrompiez pas tout le temps, vous m’auriez entendu dire que bien entendu, tout sera vérifié et anonymisé avant d’être publié. Le service de la vie citoyenne et le service communication y veilleront et nous ferons appel à une société spécialisée en ce domaine pour la mise en œuvre technique. 

– C’est du délire !

– Une honte !

– Oh, la ferme ! leur lança un adjoint.

Je me demandai si j’avais bien entendu. Et en voyant les quelques autres citoyens spectateurs à côté de moi gigoter sur leur chaise, je me dis qu’eux aussi n’étaient pas très à l’aise avec cette idée de plateforme où chacun pourrait venir raconter ce que bon lui semblait. Pour l’expression des instincts les plus bas, n’y avait-il pas des trucs appelés X et Facebook ? C’est pourquoi je pensai que le maire savait pertinemment que cette plateforme n’était pas acceptable, mais qu’il l’évoquait en public pour provoquer des réactions et pour prouver ensuite qu’il n’avait rien exclu a priori pour le bien-être des habitants. 

– Troisième mesure que je suggère, Chers collègues, la création, sur la base du volontariat, de brigades de nettoyage et d’entretien des quartiers, constituant une sorte de service civique visant à renforcer la responsabilisation et la citoyenneté.

– Des brigades, maintenant ! Parce qu’on a volé trois cailloux de pouzzolane ! Le pouvoir vous monte à la tête, Monsieur le Maire !

Le maire, là, ne fut pas trop mauvais, continuant sans se formaliser, façon de montrer qu’il assumait et ne redoutait pas la critique :

– Je suggèrerai ce service civique à raison de 3 heures par personne et par mois, de 7 à 77 ans, encore une fois sur la base du volontariat. Sachez qu’il y a des pays où ce travail commun pour la collectivité existe et donne de formidables résultats. 

L’écologiste paraissait voir et entendre à présent, il était entré dans le match, réalisant qu’on n’était pas si loin du social et de l’environnement, deux domaines sur lesquels il était censé avoir un avis éclairé.

– Voilà, c’est sur la table, dit le maire. Nous n’avons pas forcément de décision à prendre ce soir, mais je voudrais que chacun puisse s’exprimer sur ce sujet. Quand des biens publics sont dérobés, ce sont tous les habitants qui sont lésés, et nous devons tous nous sentir concernés.

Comme il sait entortiller les choses ! me dis-je avec un rien d’admiration. « Nous n’avons pas forcément de décision à prendre ce soir » ! Le saligot… Autrement dit, on cause pour rien, mais je veux que vous causiez : ça me dédouane et ça vous ligote.

Comme dans conseillers il n’y a pas que « seillers », ceux-ci entrèrent dans le jeu du maire avec une rapidité qui me laissa pantois.

– J’en parlerai avec mes collègues de groupe, lança le leader de la gauche municipale. Mais puisque vous ne nous laissez pas le temps de nous préparer…

– Cette question était inscrite à l’ordre du jour, coupa le maire.

– Pas vos mesures débiles, recoupa l’autre.

Là, me sembla-t-il, le maire perdit 1 point (délai trop court), voire 2 (« débiles » sonnait assez juste en la circonstance). La majorité s’offusqua, grogna, menaça, mais le gauchiste avait la parole.

– Oui, débiles, et dangereuses. Vous utilisez un problème très spécifique pour instaurer une sorte de « big brother » qui créera un climat détestable de méfiance généralisée. Quel rapport avec la pouzzolane ? Une plateforme pour dénoncer les incivilités ? Et puis quoi encore ? C’est ouvrir une boîte de Pandore qui deviendra le réceptacle de toutes les frustrations, et qui sera utilisée seulement par les esprits les plus malfaisants. Quant aux brigades soi-disant basées sur le volontariat, c’est de l’embrigadement justement ! Vous allez créer une sorte de police des mœurs et des comportements !

Le maire, qui s’attendait sans doute à cette diatribe, sourit :

– Vous me pardonnerez, Cher collègue, mais qu’un adepte du Vénézuélien Hugo Chavez, des Sandinistes du Nicaragua et du sous-commandant Marcos du Mexique, bien connus pour leur grand amour de la démocratie, nous donne des leçons en la matière de liberté ne manque pas de sel. 

– Laissez Chavez où il est.

– Nous sommes d’accord. 

– Alors dites-nous le rapport entre la pouzzolane et les mesures délirantes que vous proposez ?

– Le rapport est simple : nous ne pouvons, et ne voulons, pas fliquer la population.

– À la bonne heure !

– C’est pourquoi nous devons englober le vol de pouzzolane dans quelque chose de plus large, en quelque sorte profiter de ce problème pour responsabiliser la population et créer concrètement cette démocratie participative que chacun appelle de ses vœux. Il s’agit de sortir par le haut, et en effet de créer un climat, mais un climat d’entraide et de solidarité.

Des applaudissements crépitèrent depuis les fauteuils de la majorité, car les élus étaient soulagés de pouvoir adhérer là à ce que disait leur patron – « la démocratie participative », mais oui –, alors qu’en effet cette histoire de plateforme paraissait un peu hasardeuse (ça devait être une idée du directeur de cabinet, il prenait trop de pouvoir celui-là, il allait falloir s’en occuper). 

– La parole est au Rassemblement National, reprit le maire en dirigeant son regard vers les élus bleu marine.

Ceux-ci semblaient prêts et c’est leur cheffe de groupe, Albane De Groot, trentenaire à la blondeur et au tailleur impeccables, qui prit la parole :

– Chers collègues. Oui, nous en sommes là : nous ne sommes même plus capables d’empêcher un vol de pouzzolane. L’insécurité a tellement augmenté dans notre commune que n’importe qui peut s’en prendre aux biens publics sans craindre quoi que ce soit en termes de conséquences judiciaires ! Les vols ont augmenté de 25 % depuis 4 ans, les atteintes aux personnes de 32 % et les atteintes aux biens de 36 % ! Oui, ici, à Sanlouis, nous ne pouvons plus agir et circuler tranquillement ! Il y a des risques, dans la rue, dans les commerces, dans les transports, chez nous quand nous y sommes et quand nous n’y sommes pas !

– Vous détournez le sujet ! maugréa un adjoint qui fut entendu.

– Au contraire, reprit la jeune Albane, je le contextualise et je le mets en perspectives. La pouzzolane, il ne faut pas laisser passer bien sûr, et je suis personnellement favorable aux patrouilles de nuit envisagées, qui ne peuvent que faire du bien, car les voyous se contentent rarement des horaires de bureau.  

Les élus RN opinèrent pour montrer leur accord avec leur patronne.

– Avec votre plateforme, Monsieur le Maire, à mon avis vous vous tirez une balle dans le pied, ce qui, politiquement parlant, n’est pas pour me déplaire.

Cette phrase entraina quelques sourires, à gauche et à droite. Les élus de la majorité commencèrent à grogner, mais quand ils virent que le maire lui-même souriait, choisirent de sourire eux aussi. 

Elle est forte, pensai-je. Et elle a de la classe, ce qui est un atout supplémentaire.  

– Quant à l’idée de faire participer la population à des travaux d’intérêt général, pourquoi pas. Mais ce n’est pas le problème le plus urgent : le problème urgent est de rétablir la sécurité à Sanlouis, sécurité que vous et votre prédécesseur avez laissé se dégrader.

– Il y a une montée générale de la violence dans la société, intervint l’adjoint chargé de la vie publique, et la sécurité est plutôt meilleure ici que dans les alentours. Vous n’auriez pas fait mieux que nous.

– C’est faux, Monsieur, et vous le savez bien. Voulez-vous que je vous rappelle nos propositions sur les caméras de surveillance, l’armement des policiers municipaux, les actions du Conseil de Prévention de la Délinquance ?

– Ça ne changerait rien.

– Comment, ça ne changerait rien ? C’est trop facile de récuser a priori une idée et de se résigner à ce qui est ! C’est une des grosses différences entre vous et nous : vous êtes résignés, nous nous sommes volontaires. Courageux et combatifs.

– Ça va, les chevilles ? lança un jeune conseiller.

– Ça va répondit Agathe, elles sont pas mal. Mais ne t’avise pas de les toucher !  

Ce sont des rires qui s’élevèrent cette fois, tous bords confondus. Même les fossiles que nous étions, assis sur nos chaises pour le public, ne pouvions que reconnaître le talent de cette oratrice, qui en plus avaient de jolies chevilles.  

– Merci, Mme de Groot, dit le maire en rallumant son micro. Est-ce que Monsieur Vintesour souhaite intervenir. 

L’élue nationaliste resta debout un instant, hésita à dire qu’elle n’avait pas fini, mais comprit que finalement ce n’était pas plus mal qu’on la fasse terminer sur la bonne image qu’elle avait donné d’elle.

L’écologiste dissident alluma son micro et se redressa. 

– Oui. Merci, euh, Monsieur… le Maire. Je… Bon, pour la pouzzolane, on ne va pas en faire une maladie. Après tout le voleur l’a peut-être prise précisément pour en faire bénéficier d’autres personnes…

– Ah ah ! s’esclaffèrent plusieurs conseillers de la majorité. 

– Bienvenue chez les Bisounours ! lança un nationaliste. 

– On ne sait pas, reprit l’écologiste. Pourquoi toujours voir le mal ? Cette pouzzolane servira bien à quelque chose. Et puis elle ne manque pas, chez nous. C’est pourquoi les chiffres que vous avec donnés, Monsieur le Maire, sont exorbitants. Plus de 300 € le mètre cube ! Ici, au cœur des volcans d’Auvergne. C’est une hérésie.

Le maire se tourna vers le Directeur des services techniques, qui sentit instantanément un filet de sueur dégouliner le long de son échine. 

– Les volontaires du service civique, je suis tout à fait pour, poursuivit le vert. Emmenez-les au Puy de la Vache une fois par trimestre, et si chacun ramène quelques kilos de pouzzolane, nous n’en manquerons plus. 

En ce qui concerne la démocratie participative, oui, bien sûr qu’il faut la promouvoir si nous voulons ramener à la vie publique celles et ceux qui s’en sont détournés. Une plateforme d’échanges peut être un moyen parmi d’autres, à condition qu’elle n’encourage pas la délation, ce qui sera inexorablement le cas si vous la présentez comme vous l’avez fait ce soir. Il faut au contraire qu’elle empêche l’anonymat, afin de responsabiliser, et de valoriser, les uns et les autres. Quant aux rondes policières nocturnes, avec des policiers plus ou moins cachés si je comprends bien, c’est tellement absurde… Ce serait contre-productif, car cela ne pénaliserait que les citoyens honnêtes.

Tortueux, long au démarrage, mais pas si bête l’écolo, pensai-je. Il voit les choses d’une autre façon. C’est alors qu’une évidence m’apparut : chacun des quatre groupes de ce conseil municipal, malgré ses faiblesses de forme et de fond, montrait une manière de considérer la société, et chacune de ces visions avait une certaine légitimité. Cela me déstabilisait, car j’ai toujours pensé que tout ne se vaut pas, qu’il faut faire des choix et que l’on ne peut pas toujours ménager la chèvre et le choux, dire tout et son contraire. Là cependant, je trouvai intéressant et finalement rassurant que ces avis et ces personnalités si différentes puissent s’exprimer sur un sujet concret. C’est quand même beau, la démocratie, pensai-je. Et je me trouvai ridicule en sentant les larmes venir à mes yeux.

Le maire remercia chacun et s’engagea à réfléchir à ce qui avait été dit avant de prendre toute mesure novatrice. Les autres questions diverses donnèrent lieu à d’autres échanges plus rapides, et la séance fut levée à 20 h 30. J’aurais bien été saluer le maire, mais les journalistes l’accaparèrent pour une interview. Je discutai 10 minutes avec un couple sympathique, puis je quittai l’hôtel de ville pour rentrer chez moi. Ici ou là, des graviers de pouzzolane craquèrent sous mes pas.

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Deux mois et demi après cette séance… il ne s’était rien passé. Si ce n’est que les  agents municipaux avaient retiré les bacs de pouzzolane non volés des trottoirs où ils demeuraient le 15 avril, alors qu’auparavant ils restaient dehors été comme hiver. 

Le 18 avril à 10 h 45, je sortais du cabinet dentaire où je me faisais suivre (après quelques mésaventures douloureuses à Sanlouis, j’avais trouvé un praticien à peu près humain dans une commune voisine). Je remontai une large avenue peuplée de belles maisons quand mon regard fut attiré par une voiture et une remorque, parce qu’elles me rappelèrent instantanément celles que j’avais vues la fameuse nuit du vol de la pouzzolane. Je ralentis mon pas et observai le jardin : la quantité de petites pierres rouges présentes devant la maison me frappa immédiatement.

Bon sang ! pensai-je. Serait-ce le domicile du voleur ? Les pensées se bousculaient dans ma tête. Arrivé à mon véhicule, je retournai sur mes pas, comme si j’avais oublié quelque chose chez le dentiste. À hauteur de la voiture et de la remorque, j’enregistrai mentalement la marque et la couleur – un Renault Kangoo gris –, ainsi que la plaque d’immatriculation – GH-342-SP – et le numéro de la maison dans l’avenue Léon Blum – 27. J’aperçus la boîte aux lettres, sans pouvoir distinguer de nom, et sans oser m’approcher pour regarder mieux. Mais j’avais suffisamment d’informations. Je rebroussai chemin en prenant la première rue à gauche puis à gauche et encore à gauche.

Après, tout alla plutôt vite. D’instinct, c’est à la mairie de Sanlouis que je me dirigeai. Je demandai à voir le maire. On me répondit qu’il ne recevait pas sans rendez-vous ; je pouvais déposer une…

– Dites-lui que j’ai retrouvé le voleur de pouzzolane. Et qu’il faut intervenir tout de suite si on ne veut pas qu’il s’envole.

Je ne sais pas ce qui motivait ce sentiment d’urgence. Je me prenais pour un flic, un détective, chargé d’une recherche fondamentale ! Quand je vous disais que, nous les vieux, pouvons êtres redoutables. 

Une des agents d’accueil me dit « Attendez », puis s’éclipsa chez le directeur de cabinet, du moins sus-je que c’était lui quand elle revint 5 minutes plus tard pour me conduire jusqu’à son bureau. J’expliquai au cravaté ce que j’avais vu, en rappelant que j’avais écrit au maire pour lui signaler le vol que j’avais constaté début février.

– Le maire ne sera pas là avant ce soir. Mais nous devons nous téléphoner à midi. Je lui ferai part de votre découverte. Et s’il est d’accord, nous contacterons le commissaire dès le début d’après-midi pour qu’il investigue chez cet amateur de pouzzolane. 

– Pourrez-vous me tenir au courant s’il vous plait ?

– C’est la moindre des choses. Vous nous aidez à identifier puis à résoudre un problème, le moins que nous puissions faire est de vous tenir au courant. Laissez-moi votre numéro de téléphone.

Je ne sais si l’efficacité vint du dircab, du maire ou du commissaire. Toujours est-il que dès 20 h 17 ce même jour, le directeur de cabinet tint sa double promesse, investiguer, me prévenir :

– Monsieur Biraton ? Germain Delpierre. Nous avons interpelé votre homme. Il est au commissariat où il va passer la nuit, histoire de réfléchir un peu à ses actes. Savez-vous comment nous avons pu le confondre ? Il avait gardé les bacs, on les a tous retrouvés dans son garage !

– Ça alors… Et, il a dit quelque chose ? 

– Il a tenté de se justifier en arguant que ces bacs ne servaient à rien, et que la pouzzolane pourrissait d’une année sur l’autre. Comme si la pouzzolane pouvait pourrir ! Bref, à l’écouter, en volant, il nous rendait service.

– Eh bien…

– Vous ne devinerez pas la profession du type ? Prof ! Dans un lycée de Clermont. 

– Bel exemple pour la jeunesse.

– N’est-ce pas ? 

– Et qu’est-ce qu’il risque ?

– Oh, il n’ira pas en prison pour ça. Mais une belle amende et quelques heures de travaux d’intérêt général paraissent vraisemblables. 

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La prédiction du dircab s’avéra juste, puisque 7 mois plus tard, le 3 novembre exactement, alors qu’au petit matin, encore en pyjama, je regardai par la fenêtre du salon pour avoir une idée du temps à venir pour la journée, j’aperçus deux hommes en haut de l’avenue qui posaient un bac puis le remplissaient de Pouzzolane. L’un des deux était sans conteste un agent municipal, l’autre avait l’air moins bien équipé pour ce travail, pour lequel il ne montrait guère de zèle. Et il était barbu, ce qui m’aida à le reconnaître. 

– C’est lui ! m’exclamai-je tout fort.

– Qui ? demanda ma femme qui préparait le café.

– Le voleur. Le prof ! Ils lui font remettre les bacs de la pouzzolane.

– Oh ?

Je ne sais pas pourquoi, je levai le bras, dans la mesure de mes moyens. À cet instant, le type me fixa, tandis que l’agent continuait à pelleter. 

– Il y a une justice, murmurai-je. Puisse cette petite expérience vous éduquer un peu, Monsieur le Professeur.

Me vit-il ? Réalisa-t-il à cet instant que c’est moi qui l’avais vu, puis retrouvé ? Allait-il monter me casser la figure ? Si j’avais été moins vieux, peut-être. 

L’agent municipal lui mit un coup de coude, et il se mit à pelleter.

(et 162 autres histoires sur www.desvies.art)

4 commentaires

  1. Quelle affaire !
    – la pouzzolane au jardin, a vocation a être mélangée à la terre végétale , qui souvent est compactée par piétinements, ainsi l’eau et l’air peuvent circuler … on s’en sert aussi en mélange pour alléger le poids du substrat sur les terrasses par exemple, le paillage avec de la pouzzolane est une erreur car l’air et l’eau en surface ne bénéficie pas au sol .
    – l’utilisation sur sol gelé ou enneigé est vraiment un geste écologique également pour la végétation qui elle est très pénalisée par le salage hivernal.
    merci pour ce rv hebdomadaire

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