Digression sur les culs

Avatar de Pierre-Yves RoubertPublié par

Avant-propos

Les culs n’ont rien à voir avec les cons, quoiqu’on en discute, mais je signale à mes ami.e.s connecté.e.s que j’ai ajouté 2 strophes au slam sur les cons de la semaine passée (strophes 6 et 7), ici : https://desvies.art/2024/01/26/variation-sur-les-cons/

Ceci étant dit, passons aux culs. 

Digression sur les culs

(environ 3 minutes de lecture)

Je m’excuse, mais j’aime les culs. C’est ridicule, et je culpabilise, un peu. Les culs m’obsèdent, m’acculent, occultent tout le reste. Ils m’ont convaincu.

Quand je dis cul, c’est tous les culs. Aucun n’est exclu. Tous ont leur place dans mon fascicule : les culs bénis et les curés, les cubas et les culots, les Q.I. et l’écuelle. Les cutanés comme les culs-terreux, les cuillères autant que les cuvettes.

J’aime les culbutes, les culottes, les cuvées. Moins les culs de poule, les culs de jatte, les cutis et les tape-culs. Parfois, je recule dans un cul-de-sac, et je circule intranquille dans des culs-de-basse-fosse. C’est au-dessus des cumulus, loin de la circulation, que je me sens sécurisé.

Un peu cucul, l’amateur de cul rit. D’autant plus avec un cubi à portée. Mais quand on est cupide, les culasses, et alors les accus sont plats. C’est cruel. Quoi qu’il en soit, les culs hissent. Et si les culs hissent tôt, ils culminent.

Plus bas, vous avez le cure-dents, les ventricules, le cumin, le cure-ongles. Ainsi que, oserai-je le dire, le cure-pipe. Attention quand même : le document. Et il n’y a pas loin du pied au cul.

Le cul est culturel, bien sûr. Mais avant, le cul est naturel : le porc cul noir et l’oiseau cul blanc, le cul bique et le cui-cui, le cuissard et le cubitus, tous sont enfants de Dieu. Vous comprenez pourquoi je voue un culte aux culs ?

J’en ai vu des culs, j’en ai cuisiné des Cunégonde à Cucugnan ! J’ai certes tendance au cumul, voire à l’accumulation. Pourtant, pas un n’est pareil : chaque unité a son opercule, son réticule, sa tubercule. Son vécu, quoi.

Sans doute suis-je un rien concupiscent. Mais suis-je le seul touché par Cupidon ? Le seul qui se prend pour Hercule ? Si vous croyez en ma culpabilité, accusez-moi et injectez-moi le curare. Si vous me disculpez,  récusez les juges et serrez-moi l’auriculaire. 

Arrière-train, fondement, fion, popotin… Le cul a diverses occurrences. Il y a le socio-cul, le cultivé, le cul-serré, l’occulte, le cubain… Le cunéiforme et le cul né informe. Tous craignent le cuteur, mais se livrent à l’acupuncteur et se positionnent dans l’incubateur. 

Je les vois mal maintenant, les culs, ils sont obscurs, je suis presbyte. C’est pourquoi l’oculiste m’inculque le mucus nécessaire. Ça coûte pas mal d’écus, mais ils le valent bien. Les culs devraient être remboursés par la Sécu.

Le curiste l’est, d’ailleurs. Et la muscu pourrait l’être. On sait les bienfaits du curcuma, et du curry, je l’ai dit. J’ajoute le curaçao ; avec des cacahuètes, c’est succulent.

Je donnerais toutes les sculptures pour un seul cul, et jamais ne m’avouerai vaincu. C’est incurable. Qu’importe si l’on me fait cocu : comme dit le boulanger de Montcuq, si l’on récupère nos femmes, c’est que les culs y sont.

Je conclus ce texte sans cuistrerie, avant que vos cuivres m’empêchent de poursuivre. Ami.e.s des culs et des cultures du monde, merci. J’ai customisé mes phrases pour tenter de vous plaire, j’ai vers le bas déplacé le curseur, mais je le jure : je ne suis pas sous curatelle. Les culs font simplement partie de mon curriculum.

(et 161 histoires sur http://www.desvies.art)

7 commentaires

  1. Après les cons, je lis les culs dans la foulée, dans une pièce où il fait 16 degrés.
    Mes rires déculpabilisés m’ont bien réchauffée.
    Si tu en as d’autres à nous servir, je prends et je diffuse.
    Merci
    Nicole

    Aimé par 1 personne

  2. Oh Pierre-Yves, quel ravissement ! Il m’a fallu maîtriser ma diction pour te lire à voix haute et ce tout en souriant presque à chaque mot. « Monsieur » a été également conquis par ce texte aux mots choisis et au ton bien rythmé. Merci de continuer à nous enchanter par tes écrits.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire