Les 3 jours où la ville s’est effondrée

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(environ 12 minutes de lecture)

– Bosseigne, cette fois, c’est la Ligue 2.

– M’en parle pas, ça m’a donné le babo. Je suis tout de traviole.

– Va falloir batailler, maintenant, pour remonter.

– On remontera pas. Tu veux un canon, quand même ?

– Nan, juste le journal. J’ai une tournée de bile à cause de ces badabeus.

Place Fourneyron, André sortit de chez le cafetier-buraliste d’un pas lourd. Le ciel lui semblait plus gris que d’habitude, et l’énorme monument aux morts de la guerre plus énorme encore, comme si la mort avait gagné sur la vie. Un tram tinta et s’arrêta. André regarda à l’intérieur ; les visages étaient livides, vidés de leur sang. 

On était le 30 mai 2022. La veille au soir, le 29, l’équipe première de l’Association Sportive de Saint-Étienne, le mythique club de foot de la ville, avait affronté l’A.J.Auxerre, en match retour des barrages Ligue 1-Ligue 2. Le score du match aller huit jours plus tôt avait été 1-1. Par conséquent, si les Verts de Saint-Étienne emportaient ce match ils resteraient en Ligue 1 la saison prochaine, s’ils le perdaient ils joueraient en Ligue 2. C’est-à-dire que disparaitraient l’essentiel de leur visibilité, des millions d’euros de droits télé et de contrats publicitaires, tous leurs meilleurs joueurs qu’aucun de même niveau ne souhaiterait remplacer, et d’innombrables supporters qui ne viendraient plus de toute la France pour continuer à les soutenir.

On avait peu parlé de ce match dans les médias, car il s’agissait d’une rencontre entre des équipes classées aux 18e et 23e rangs français, très loin du niveau de Liverpool et du Real Madrid qui s’étaient affrontées la veille au Stade de France en finale de la Ligue des Champions. Finale avant laquelle des supporters anglais avaient été pris à partie par des voyous du 9-3 français, aux abords du stade dans lequel on les empêchait d’entrer, les supporters, pas les voyous. La police avait été débordée. Il faut dire que les conducteurs privilégiés de la RATP avaient une fois de plus utilisé leur pouvoir de nuisance en se mettant en grève sur la ligne D, principal moyen d’accès au stade depuis la capitale et ses abords. Ces incidents, qui auraient pu tourner à la catastrophe, détournèrent un peu plus l’attention de ce Saint-Étienne – Auxerre, vital pour la première équipe qui pouvait tout perdre, tandis que la seconde avait tout à gagner. 

– Eh oui, maugréa André en repliant son journal, qu’il lisait toujours chez lui sur la table de la cuisine, dans son appartement au 6e étage de la place Fourneyron, on ne parle plus des Verts, maintenant. C’est de l’histoire ancienne. Et l’histoire, personne la connait. Ou tout le monde s’en fout.

L’histoire, c’était la constitution progressive de la grande équipe de Saint-Étienne, avec Albert Batteux, Jean Snella, Aimé Jacquet, Salif Keïta, Robert Herbin, Georges Beretta, et tant d’autres encore, qu’André avait été voir avec son père et son frère au stade Geoffroy Guichard. Ils venaient depuis Firminy, et c’était une fameuse expédition. C’était la sortie principale des familles de mineurs. 

Devenu adulte, tourneur-fraiseur à la Manu, André avait à son tour emmené ses enfants au stade. Ce fut la plus belle période du club, la fin des années 70, et ces matchs et ces joueurs avaient illuminé leur vie. C’était la grande époque. Curkovic, Farison, Janvion, Piazza, Lopez, Synaeghel, Larqué, Bathenay, Hervé Revelli, Patrick Revelli, Dominique Rocheteau. Et encore Sarramagna, Santini, Reppellini, Larios, Johnny Rep ou encore Triantafilos. Et même Platini entre 1979 et 1982. Dès que les portiques d’entrée étaient franchis, André et ses enfants partaient à l’assaut du stade en grimpant les escaliers de pierre à toute vitesse. Et du haut de la tribune, ils contemplaient ébahis l’immense pelouse si parfaitement verte et les 40 000 places autour. 40 000 places encore vides en bonne partie mais qui seraient toutes occupées 1 heure après ! Et il se passerait encore 1 heure avant que le match ne commence, 1 heure pendant lesquelles 40 000 personnes serrées sous les immenses toits métalliques seraient capables de communier autour d’une pelouse, soudées dans la même attente d’un bel engagement.

Plus de quarante années avaient passé, la Manu avait fermé ses portes, ses enfants étaient partis, André était devenu vieux, octogénaire. Et les Verts n’étaient plus la référence du football français. Il y avait eu l’O.M. de Bernard Tapie dans les années 90, l’incroyable série de l’Olympique lyonnais dans les années 2000, et depuis dix ans la triste domination du P.S.G. qatari, une anti-équipe, un ramassis de millionnaires déstructurés. 

Jusqu’à 2022, l’A.S. Saint-Étienne s’était maintenue tant bien que mal d’une année à l’autre, alternant les hauts – vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2013 – et les bas – descente en Ligue 2 en 1984, 1998, 2003. De manière assez étonnante, le mythe demeurait, peut-être davantage lié au stade Geoffroy Guichard, désormais appelé Le Chaudron, qu’aux joueurs et entraineurs qui se succédaient. Peut-être aussi parce que le lieu rappelait une époque révolue où régnait dans une France encore digne ce qu’on appelait alors : la douceur de vivre. 

Outre les résultats moindres et les performances en demi-teintes, un signe plus triste du déclin apparut : des matchs à huis-clos. Quand il s’agissait de lutter contre le covid, ce n’était pas drôle, mais tout le monde était logé à la même enseigne. Or, Saint-Étienne fut punie plusieurs fois seule à cause du comportement de ses supporters, moyennant quoi la Ligue ou la Fédé lui infligeait un, deux ou trois matchs sans public. Cela pénalisait le club, privé des recettes de la billetterie, l’équipe, privée d’un soutien populaire déterminant, et les supporters eux-mêmes, privés des moments de communion qu’ils recherchaient. « Ils sont cons, les supporters », disait Coluche. Moins que le sportifs, ajoutait-il, mais quand même.

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Le 29 mai 2022 au soir, une tribune avait été condamnée et interdite au public, celle du Sud, où avaient éclaté des incidents graves lors d’un précédent match. Les trois autres étaient quasi pleines. Le match fut médiocre et se solda à nouveau par un score de 1 but partout. Il fallut donc procéder à une de ces pénibles et absurdes séances de 5 tirs au but, qui ne récompense rien si ce n’est le hasard – un gardien qui plonge du bon côté avant le départ de la balle, une main lancée 10 centimètres trop à droite, un pied frappant 10 mm trop à gauche –, mais il faut bien terminer un match et mieux vaut cela que le tirage au sort. 

Ce soir-là, le hasard fit que le gardien auxerrois arrêta le premier pénalty stéphanois. À la suite de quoi, chaque tireur trouva le chemin des filets. Saint-Étienne ayant commencé à tirer, si le 5e tireur auxerrois marquait, Auxerre gagnait, montait en Ligue 1, envoyant l’A.S.S.E. en Ligue 2. C’est ce qui se produisit.

Mais à peine le ballon avait-il touché les filets que, partant d’abord des tribunes latérales, généralement plus calmes que celles des « cops » derrière les cages, des supporters pénétrèrent sur le terrain. C’était interdit, mais physiquement possible depuis des drames tristement célèbres de l’histoire du football. Désormais, pour éviter que des individus se trouvent écrasés contre les grillages, ceux-ci pouvaient être descendus en cas de mouvement de foule. La sécurité du stade Geoffroy Guichard alla-t-elle trop vite en besogne ? Toujours est-il que toutes les séparations furent supprimées entre terrain et tribunes, et que des trois côtés où se trouvait le public affluèrent des crétins trop longtemps contenus parmi lesquels les jeunes dominaient. Ils furent bientôt un millier sur la pelouse, à courir ou sauter en zigzagant, on aurait dit des singes, en tirant des pétards, des feux d’artifice et des fumigènes, le plus souvent en direction du tunnel où se pressaient les joueurs et des tribunes au-dessus où se plaçaient les dirigeants.

Quand ils se trouvaient face à un joueur, qu’il fût vert ou bleu, qui n’avait pas eu le temps ou l’envie de se carapater, ces sauvages étaient cependant incapables de lui dire quoi que ce soit : non seulement ils ne savaient pas parler, non seulement ils étaient lâches, mais en plus même un crétin pouvait difficilement se révolter contre la logique imparable d’un match, qui voulait qu’il y eût un gagnant et un perdant. Alors ils hurlaient, gesticulaient et couraient dans un autre sens, comme pour mieux montrer leur débilité.

Les échauffourées, qui se poursuivirent en dehors du stade, firent 17 blessés parmi les supporters (les chiffres ne distinguent pas s’il s’agit de supporters envahisseurs ou pacifiques, un peu des deux sans doute), 14 parmi les forces de l’ordre, et 2 parmi les joueurs de l’A.J.A. Le millier de supporters auxerrois dut être évacué du stade et conduit au bus sous escorte. 

La préfète de la Loire condamna « avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables, irresponsables et indignes de la part d’une minorité d’individus se prétendant supporters de l’ASSE, mais qui sont tous simplement des voyous ». Le club aussi dénonça courageusement ces délits et déposa des plaintes. Mais le mal était fait, terrible en terme d’image. Économiquement, la régie commerciale du club estima le montant des dégradations à 500 000 €. Quant à la métropole stéphanoise, propriétaire du stade, elle évalua les dégâts à plus de 80 000 €.

Certes, on pouvait se poser la question de la gestion de l’événement : les grillages avaient-ils été abaissés trop vite ? 250 policiers, était-ce suffisant pour un match déterminant dans un stade coutumier des débordements ? Et surtout, pourquoi laissait-on entrer des individus avec des pétards, des fumigènes et des feux d’artifice, très dangereux dans des endroits où une foule est concentrée dans un espace semi-fermé ?

Mais le problème essentiel n’était pas là. Le problème était d’une part l’image encore ternie d’un club dont on ne retenait plus que les déviances et la décadence, d’autre part les nouvelles sanctions qui allaient en découler, qui compliqueraient la tâche de l’équipe en Ligue 2. 

De fait, le 23 juin 2022, la commission de discipline de la Ligue professionnelle de football prononça les peines suivantes :

– 6 matchs à huis clos dont 2 avec sursis ;

– 6 points de retrait au classement pour la saison 2022-2023, dont 3 avec sursis.

Autrement dit Saint-Étienne commencerait le championnat de Ligue 2 2022-2023 avec –3 points – du jamais vu – et jouerait ses 4 premiers matchs à domicile sans public. Et au prochain débordement, le sursis tomberait et le tarif serait augmenté. Autant dire que la remontée en Ligue 1 était compromise, avant même le début du championnat.

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Cette sévérité inédite dans le football français produisit des résultats uniques : après 4 matchs, l’ASSE se trouvait toujours dernière de Ligue 2 avec –1 point (2 matchs perdus, 2 matchs nuls). Pire encore, le match du 20 août 2022 contre Le Havre se termina par le score hallucinant de 0-6 en faveur des visiteurs. Une déroute à domicile comme on n’en avait jamais connue de mémoire de supporter. Inimaginable. Non seulement la montée en Ligue 1 était impossible, mais le maintien en Ligue 2 paraissait lui-même incertain. Une spirale infernale s’était amorcée, la descente aux enfers continuait.

– Qu’est-ce qu’on va devenir ? demandait André au boulanger, après ce deuxième match qui lui semblait la fin du monde.

– Arrête de jabiasser. Tu marronnes et tu te fais du mal. Ils ont la rogne aux coudes, qu’est-ce tu veux… 

Lors de ce match pathétique du 20 août 2022 contre Le Havre, 3 joueurs de Saint-Étienne furent expulsés ! Un 4e carton rouge fut même infligé à l’entraineur adjoint pour contestation ! Là encore, c’était une première. Les Verts jouaient mal, mais surtout ils ne savaient plus jouer. Ils ne respectaient plus les règles, eux non plus. 

Les images du O-6 contre Le Havre étaient encore plus tristes que celles de celui contre Auxerre. Non seulement le stade était entièrement vide, mais en plus l’entraineur était prostré dans son fauteuil à partir du 3e but, les joueurs n’avaient pas de coordination, l’arbitre cartonnait seul, on entendait des bruits qui résonnaient sans savoir d’où ils venaient. Il n’y avait pas d’unité, pas d’osmose, pas de sens. Même les joueurs havrais semblaient gênés, se congratulant à peine après chaque but marqué.

Tout ça aurait été juste triste si les matchs de l’A.S.Saint-Étienne ne constituaient pas le principal facteur d’attractivité et d’unité de la ville. Sans grands matchs à offrir au stade Geoffroy-Guichard, la ville, qui avait perdu 50 000 habitants en 50 ans, risquait d’en perdre encore plus. Et l’économie locale aurait du mal à attirer ou à garder la main d’œuvre dont elle avait besoin. 

Surtout, si ne se retrouvaient plus au stade les jeunes et les vieux, les habitants d’origine européenne et les habitants d’origine maghrébine, ceux du Sud et ceux du Nord, ceux de La Métare, de Montreynaud, du Soleil et de La Cotonne, unis derrière des drapeaux de la même couleur, alors le communautarisme déjà bien avancé de la ville allait s’accélérer jusqu’à la déliquescence. Des quartiers feraient sécession, ils auraient leurs lois, leurs frontières, leurs milices.

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Le troisième match qui mina André pour de bon eut lieu à Rodez le 12 août 2023. Les Verts toujours en Ligue 2, en fond de classement, jouaient ce match à l’extérieur, et environ un millier de supporters firent le déplacement pour soutenir leur équipe. On ne sut jamais bien le pourquoi du comment, et les intéressés eux-mêmes moins que les autres encore, mais une demi-heure avant le début du match une bagarre se déclencha entre… supporters de l’A.S. Saint-Étienne. Entre eux. Ils se battaient… avec eux-mêmes. Pompiers, police et ambulances durent intervenir devant les Rhodésiens sidérés. Une partie du stade fut évacuée, le coup d’envoi fut retardé d’une heure.

– Non mais vous avez vu ça, s’étouffait André, ils se battent entre eux maintenant ! Entre eux ! 

Il disait ça les larmes aux yeux, le lendemain, en attendant son tour chez le boucher,  toujours à Fourneyron, au cœur de Saint-Étienne, et tout le monde compatissait.

Car en effet, on sentait bien le tragique de la chose, l’absurdité qu’on atteignait, le fond que l’on touchait. On avait honte et on était triste. L’équipe allait encore être pénalisée de plusieurs matchs sans public, ce qui augmenterait encore la frustration des jeunes privés de sortie et diminuerait un peu plus les recettes du club. 

Certes, Saint-Étienne était avant tout victime d’un sport dans lequel l’argent avait pris une telle place qu’il reléguait à un rôle subalterne les clubs qui ne bénéficiaient pas de sponsors et de mécènes richissimes. Argent et sport de haut niveau avaient toujours fait bon ménage, mais les salaires étaient indécents dans le foot, abjects. Et pourtant, personne n’osait s’y attaquer, ni même regarder le phénomène en face. On vouait aux gémonies un haut fonctionnaire qui gagnait 8 000 € par mois et un petit patron qui s’en octroyait 10 000, mais on trouvait normal que le moindre trou du cul de Ligue 1 en ramasse 40 000 pour remuer ses guiboles 1 h 30 par semaine sur un carré d’herbe, que les internationaux en amasse 400 000, et les stars 4 000 000. Chaque mois. Si telle était la hiérarchie des valeurs de la société, elle ne devait pas se plaindre de sa désintégration.

Les dirigeants du sport international comme les supporters envahisseurs du stade Geoffroy Guichard détruisaient ce dont ils avaient besoin. Les premiers s’en remettraient, pas les seconds. Sans équipe de foot fédératrice, l’ennui, les déviances et les délinquances augmenteraient encore à Saint-Étienne. La chute des Verts était une catastrophe sociale. Elle était la conséquence, le symbole et la cause du déclin d’une ville qui n’avait plus que le football pour maintenir son unité.

D’autres villes étaient tombées à la suite de leur club de sport, en Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne, en Italie… Mais la plupart avaient davantage d’atouts que Saint-Étienne pour s’en remettre. Et à l’époque, le monde était beaucoup moins complexe qu’aujourd’hui. Il  convenait donc de trouver d’urgence autre chose pour fédérer les foules qui se trouvaient mal.  

Trois jours après le match contre Rodez, André ne se sentait pas bien.

– Je pétafine, je pichorgne. Mais je veux pas devenir neuneu.

Il comprit que c’était la fin. Il n’appellerait pas le médecin. Il mourrait avec l’AS Saint-Étienne. Si les joueurs et les supporters se comportaient si mal, alors la vie ne méritait pas d’être vécue et la sienne n’avait plus de sens. Il se mit au lit, cessa de boire et de manger. Pendant trois jours et trois nuits, il somnola, se réveilla, passa sa vie en revue, se rendormit. Il n’avait pas mal. Il souriait même quand il revoyait les grands matchs auxquels il avait assisté à Geoffroy Guichard : Bayern Munich, Dynamo Kiev, Hadjuk Split, PSV Eindhoven, certains derbys contre Lyon, les matchs contre Marseille…

Au 4e matin, il ne se réveilla pas ; c’était mieux ainsi.

7 commentaires

  1. Pas joli joli tout ça… Je me souviens d’un atelier d’écriture animé par toi Pierre-Yves. Le fameux « j’aime/je n’aime pas ». J’avais écrit que je déteste tout ce qui touche au foot et aux footeux. Je confirme et c’est bien dommage. Côté Rugby, c’est mieux « Allez Brive ! »
    La bise d’une ancienne athlète (petit niveau)
    Joëlle

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  2. J’au éré émue par cet André qui habite place Fourneyron au 6 eme atage et qui a tant aimé l’ASSE. jJe crois que c’est lui qui était vrai et près des valeurs si décriées maintenent. cCet article est si nostalgique . Comment une jeu consistant à lancer des ballons dans des buts a-ilOu soont les petits garcons pu devenir entreperise mondiale et affaire de gros sous. Ou sont les deux petits garcons émerveillés

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  3. L’auteur est-il lui-même stéphanois?
    Une connaissance certaine de l’histoire de la ville, liée à l’odyssée de son club de foot, l’utilisation du truculent gaga et le portrait très réaliste du vieil André.
    Merci!

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